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Cette série d'articles publiée dans les Cahiers
européens d'Houjarray est issue de l'ouvrage collectif
réactualisé "Citoyennetés nationales, citoyenneté
européenne" coordonné par Françoise Parisot,
Présidente de l'Association Futur-Présent. Il a été publié
aux éditions Hachette en 1998 avec l'aimable soutien de la
Commission européenne (Programme SOCRATES - Education des
adultes), le ministère délégué aux Affaires européennes,
le ministère de l'Education nationale, la Caisse des
dépôts et consignations, la fondation Maginot.
La
mise à jour a été réalisée par Françoise Parisot
avec la participation de Delphine
Lemarinier, diplômée de l'IEP de Grenoble et de Paris
IX-Dauphine, et de Muriel Fendrich, Professeur de Lettres.
Cet
ouvrage est disponible sur commande aux éditions
Hachette (Education 1998).
Suite du dossier précédent
(Espagne, Portugal)
paru dans les Cahiers Européens d'Houjarray n° 4
(3ème partie)
SOMMAIRE
:
I
- Belgique
1
. Un peu d'Histoire
2
. La Citoyenneté en Belgique
*
Commentaires et réflexions
*
Le développement du concept de citoyenneté
*
L'évolution de la citoyenneté dans l'histoire politique
belge
*
Participation et engagement de la population à la vie
politique
*
Le civisme aujourd'hui
*
La citoyenneté : plus que des droits politiques
*
La citoyenneté de l'Union
*
L'éducation civique
*
Encadré: Constitution du Royaume de Belgique
*
Bibliographie
*
Sites Internet sur l'histoire et les institutions belges
II
- France
1.
Un peu d'Histoire
2.
Le modèle français de citoyenneté et l'Europe
*
L'invention révolutionnaire de la citoyenneté à la
française
*
Un long processus d'inclusion : de l'égalité de droit à
l'égalité de fait
*
La citoyenneté vécue : déclin ou mutation du civisme ?
*
Conclusion : le modèle français de citoyenneté et
l'intégration européenne
*
Encadré: Constitution de la République française
*
Notes de bas de page et bibliographie
*
* * * * *
Belgique
CITÉ :
BURG
CITOYEN :
BURGER
1
- Un
peu d’histoire… (1)
Des
origines à l’indépendance
La
« Gaule Belgique » est habitée par des peuples
d’origine celte et germanique et conquise par César en
57-51 avant J.-C. Elle est organisée en provinces par
Auguste. Elle s’étend du Rhin aux confins de la région
parisienne, et de la mer du Nord au lac Léman. Elle sera
par la suite divisée en trois provinces. La Belgique
romaine joue un rôle important dans la stratégie et l’économie
de l’Empire. Les invasions germaniques (Francs, Saxons et
Frisons) ont une influence plus marquée sur les territoires
du nord (Flandre, Brabant, Campine), notamment sur le plan
linguistique, que sur ceux du sud (Wallonie) fortement
romanisés.
Le
pays se christianise entre le IVe et le VIIe siècles.
La
Belgique est une portion de l’Empire carolingien. Mais à
la mort de Charlemagne, lorsque ses petits-fils se partagent
l’Empire, la Flandre est rattachée au royaume de France
et les territoires situés à l’est de l’Escaut au
royaume de Germanie en 925. Au XIe siècle se créent des
associations de marchands appelées les guildes ; elles
contribuent à l’essor économique.
À
partir du XVe jusqu’au XVIIIe siècle, l’histoire des
principautés belges se confond avec celle des Pays-Bas.
L’unification est tout d’abord tentée par les ducs de
Bourgogne, puis par les Habsbourg d’Espagne (XVI-XVIIe siècle)
et d’Autriche (XVIIIe siècle). Le protestantisme s’est
répandu sous le règne de Charles Quint (1516-1556). Des révoltes
politico-religieuses éclatent entre les catholiques du Sud
et les protestants du Nord (l’Union d’Utrecht). Les
Provinces-Unies du Nord obtiennent leur indépendance en
1648. Cette époque voit naître de très grands peintres :
Bruegel l’Ancien au XVIe siècle est un des maîtres
flamands les plus renommés, et Rubens au XVIIe siècle.
Après
une tentative éphémère d’indépendance en 1790, les
provinces belges du Sud deviennent françaises de 1795 à
1815, puis hollandaises dans le cadre du royaume des
Pays-Bas de 1815 à 1830. La politique des Hollandais
provoque une insurrection le 15 août 1830. L’indépendance
de la Belgique est proclamée le 4 octobre de la même
année. La Belgique est reconnue par la Conférence de
Londres le 20 janvier 1831 et en 1839 par les Pays-Bas
qui ont dû céder Anvers aux Belges.
Le
royaume de Belgique
La
Couronne est remise à Léopold Ier de Saxe-Cobourg le 21 juillet
1831. La Constitution s’inspire du libéralisme bourgeois
et catholique et entérine la création d’une monarchie
parlementaire et héréditaire.
Le
pays est riche économiquement, mais sa vie politique est
secouée par les luttes entre les libéraux anticléricaux
et les catholiques. Sous Léopold II (1865-1909), la
Belgique s’implante au Congo. Ce règne est prospère,
mais l’industrialisation rapide engendre la pauvreté des
masses et incite à la création du parti socialiste belge
(parti ouvrier) en 1885, et à la montée d’un
catholicisme social, « l’école de Liège ».
Parallèlement, se développent la démocratisation des
institutions et les revendications flamandes. En effet, les
Flamands considèrent la francophonie et les francophones
comme favorisés sur tous les plans. Le règne d’Albert
Ier est dominé par la Première Guerre mondiale et celui de
Léopold III par la Deuxième.
Après
1945, la Belgique connaît un redressement spectaculaire.
Mais le roi est confronté à de graves problèmes. Léopold
III abdique en faveur de son fils Baudouin Ier. En 1977, Léo
Tindemans, à la suite de réformes constitutionnelles, et
par le pacte d’Egmont, découpe le pays en trois régions
fédérées : la Wallonie de langue française, la
Flandre de langue flamande et allemande, et Bruxelles
bilingue. Depuis la mort de Baudoin (1993), Albert II est
devenu roi des Belges dans le cadre de l’État fédéral
nouvellement constitué.
Toutefois
certaines difficultés subsistent dans le rapport entre les
différentes communautés. L’équilibre entre ces trois
communautés est difficile à maintenir. Le débat actuel se
porte sur la question des « communes à facilités »
de la région bruxelloise (communes dans lesquelles les
minorités linguistiques sont protégées par un statut spécial,
notamment en ce qui concerne l’édition de documents
administratifs dans leur langue, afin de favoriser leur intégration
civique dans la ville où ils demeurent). En effet, en
novembre 1997, le ministre flamand des affaires intérieures,
Leo Peeters, annonce, dans une circulaire désormais connue
sous son nom, sa
volonté de mettre un terme aux facilités des 6 communes de
la périphérie bruxelloise. Ces communes situées en zone
flamande, ne communiqueront plus automatiquement les
documents administratifs en français à leurs habitants
francophones, mais devront attendre une demande expresse de
ces derniers pour leur fournir dans leur langue maternelle.
Cette circulaire était aujourd’hui au cœur des débats
civiques belges, et le Conseil de l’Europe, saisi du problème,
a crée une mission d’information sur le statut de la
minorité francophone dans la périphérie bruxelloise.
La
Belgique au cœur de l’Europe
Bruxelles
abrite le siège des Communautés européennes (Commission
européenne, Conseil des ministres, Comité économique et
social, Comité des régions).
Le
protocole de l’Union douanière entre la Belgique, les
Pays-Bas et le Luxembourg a été signé à La Haye en
1947 pour former le Benelux. Il s’agit du premier événement
communautaire, et bien d’autres suivront. Les
gouvernements successifs s’attachent à promouvoir la
construction européenne.
Commentaires
et réflexions (2)
Qu’est-ce
que la citoyenneté ? Qui est le citoyen ? En néerlandais,
le mot « citoyen », burger,
ne signifie que depuis peu de temps « membre d’une
communauté étatique ». En premier lieu, burger
signifie « habitant d’une ville » avec tous
les droits que cette appartenance implique. Le mot est
synonyme de poorters qui fait référence aux habitants d’une cité ou bourg,
qui, au Moyen Âge, avaient obtenu des droits et des privilèges
des seigneurs féodaux. Finalement, burger
fait référence à la bourgeoisie, la classe des marchands
possédants. Dans ce sens, le mot a pris une connotation négative.
Vu la conception de la citoyenneté à l’heure de l’indépendance
belge, il est important d’indiquer cette signification.
En
français, le mot « citoyen » fait référence
à « cité » et évoque l’appartenance à, et
l’engagement dans une organisation étatique.
La
citoyenneté recouvre plusieurs notions et évoque une série
d’associations : État, citoyen, nationalité,
civisme, éducation civique, devoirs civiques, droits
civils, service militaire, impôts, droits sociaux, droits
politiques, droit de vote, exercice de fonctions publiques,
etc.
Dans
les temps modernes, la citoyenneté est le statut de ceux
qui appartiennent à un État national. La relation entre le
citoyen et l’État s’exprime à trois niveaux, notamment
dans les droits politiques, les droits civils et les droits
sociaux. Ces droits sont des éléments indispensables au
statut de citoyen, mais l’exercice des droits politiques
est celui qui se manifeste le plus. Par ce biais, le citoyen
est le détenteur du pouvoir par rapport à l’État.
Dans
cet esprit, la citoyenneté élève le citoyen au-dessus de
sa position de « sujet ». Aujourd’hui, la
citoyenneté ne se limite plus à une relation juridique et
politique : elle s’étend à la vie en société,
dans une solidarité et une équité que garantissent les
droits sociaux.
L’interprétation
de la citoyenneté dans les États nationaux remonte aux idées
des philosophes et des hommes politiques, qui cherchaient à
organiser dans la société la participation des citoyens à
l’exercice du pouvoir : par exemple, John Locke
(1632-1704), Charles de Montesquieu (1689-1755),
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Emmanuel Kant
(1724-1807). La Révolution française mettait au premier
plan les idées de liberté, d’égalité et de fraternité
entre tous les citoyens. La vraie signification de cette égalité
se manifestait dans la Constitution française de 1791 qui
faisait la distinction entre « citoyens actifs »
et « citoyens passifs ». Les droits inhérents
à la citoyenneté à part entière n’étaient pas conférés
à tous. Pour le développement de la notion de citoyenneté
après la Révolution française, la conception de Diderot :
« C’est la propriété qui fait le citoyen »
est très importante. La citoyenneté active et à part entière
était donnée exclusivement aux « indépendants »
qui jouissaient de revenus suffisants. Les femmes, les
enfants et ceux qui vivaient et travaillaient sous contrat
– ceux qui vivaient dans la dépendance – ne jouissaient
que de la citoyenneté passive. La citoyenneté belge est héritière
de cette tradition.
Dans
cette partie, nous partons de la conception classique
occidentale qui caractérise la citoyenneté par la
possibilité qu’a l’individu de participer aux affaires
publiques par l’exercice de ses droits politiques :
« Le citoyen est la personne jouissant de l’aptitude
aux droits politiques»
Le
suffrage censitaire (1830-1893)
En
1830, l’Assemblée constituante optait pour une monarchie
parlementaire bicamérale avec une Chambre des représentants
et un Sénat. L’Assemblée constituante s’est inspirée
du régime parlementaire anglais, du travail des encyclopédistes
français, de la Constitution de la Monarchie de Juillet en
France et de la Constitution hollandaise de 1815.
La
participation aux structures de la nation était réservée
aux personnes qui avaient un intérêt dans l’existence de
la nation et étaient censées être capables de gérer les
affaires publiques. Le droit de vote était considéré
comme une fonction de la classe possédante. Dans la Chambre
des représentants, le droit de vote et d’éligibilité était
confié à tous les hommes âgés de plus de 25 ans payant
une somme déterminée d’impôt annuel (le cens). Pour le
Sénat, le cens était beaucoup plus élevé. Par conséquent,
les premiers sénateurs étaient tous de grands propriétaires.
L’âge d’éligibilité était aussi plus élevé, à
savoir 40 ans. Les représentants et les sénateurs étaient
élus dans un système de suffrage direct majoritaire. En
1877, le système consistant à proposer des candidats sur
des listes est entré en vigueur.
Le
suffrage universel avec le vote plural (1893-1919)
Au
milieu du XIXe siècle, des libéraux radicaux avaient déjà
proposé d’élargir le droit de vote. Dans un premier
temps, le cens a été baissé, mais le suffrage censitaire
existait toujours. La naissance du parti des travailleurs
belges et les troubles sociaux provoqués par une situation
économique difficile obligèrent les forces conservatrices
à assouplir leur position. Le roi Léopold II était lui
aussi favorable à l’introduction du suffrage universel.
Pourtant,
le suffrage universel simple n’a pas été accepté. Les
partis traditionnels – les libéraux et les catholiques
conservateurs – craignaient un bouleversement dans les
rapports de force au Parlement. Finalement, on a abouti à
un compromis, à savoir le suffrage universel avec le vote
plural.
Dorénavant,
tout homme ayant 25 ans possédait le droit de vote, mais il
était possible d’acquérir un ou deux votes supplémentaires
sur la base de capacité ou propriété. Suivant la
proposition du ministre catholique Auguste Beernaert
(1829-1912), l’obligation de vote était inscrite dans le
Code électoral. Le cens d’éligibilité était réduit de
moitié. De plus, le Corps des sénateurs était complété
par des sénateurs provinciaux, qui étaient élus au sein
des conseils provinciaux et qui n’étaient pas soumis aux
exigences du cens. Malgré tous ces changements, les
socialistes éprouvaient encore beaucoup de difficultés à
obtenir un siège de sénateur.
Sous
l’impulsion des libéraux, le système de la représentation
proportionnelle est introduit avant les élections de 1900.
Le
suffrage universel pour les hommes (1919-1948)
Avant
la Première Guerre mondiale, tous les partis s’étaient
mis d’accord pour passer au suffrage universel simple. Les
élections de 1919 se sont réalisées en appliquant le
suffrage universel pour les hommes. En 1921, ce changement a
été inscrit dans la Constitution. Le droit de vote était
accordé à tout homme majeur de plus de 21 ans sans
distinction de fortune ni de capacité. Le Corps des sénateurs
était encore élargi par des sénateurs cooptés, qui
pouvaient être des personnes indépendantes des partis
politiques.
Le
suffrage universel pour les hommes et les femmes (1948)
Les
femmes espéraient que les révolutionnaires français les
reconnaîtraient comme des citoyennes à part entière. Cela
n’a pas été le cas. Par la suite, le Code Napoléon de
1804 établissait dans la loi l’inégalité entre hommes
et femmes. Le pouvoir du mari et le devoir d’obéissance
de la femme en constituaient les pierres angulaires. La
Constitution belge de 1831 confirmait cette inégalité.
En
Belgique, la lutte pour l’égalité des droits entre
hommes et femmes a commencé vers 1850. L’éducation plus
poussée des filles devait contribuer à remédier à la
situation inférieure des femmes. L’idée d’accorder le
droit de vote aux femmes comme aux hommes – promue par
Lucien Jottrand (1804-1877) – ne pouvait pas encore
percer. Dans l’opinion de la bourgeoisie dominante, le rôle
de la femme se situait en premier lieu dans la famille comme
mère, épouse, gérante de la maison. En même temps, les
femmes de la classe ouvrière étaient obligées d’entrer
sur le marché du travail avec des rémunérations très
faibles et sans sécurité sociale. Vers la fin du XIXe siècle,
plusieurs organisations de femmes se sont constituées.
Concernant l’attribution du droit de vote, les opinions étaient
divergentes. Des organisations successives ont essayé de développer
des conceptions et des actions communes.
L’attribution
du droit de vote aux femmes avait été l’objet de
discussions dans les débats de la révision
constitutionnelle de 1921. Avant et après la Première
Guerre mondiale, des pétitions étaient envoyées au
Parlement afin de plaider en faveur du droit de vote des
femmes. Des considérations électorales ont alors empêché
l’élargissement du droit de vote. Du côté libéral et
socialiste, l’opposition était plus forte parce que
« les femmes sont indifférentes, elles manquent de développement
et sont très conservatrices et cléricales ».
En
1948, le ministre des Affaires intérieures, Pierre
Vermeylen, considère que ces arguments étaient sans
fondements. La loi du 26 juillet 1948 met alors en vigueur
le système de suffrage universel pour les hommes et pour
les femmes.
En
1982, l’âge d’exercice du droit de vote est abaissé à
18 ans. En 1991, l’âge d’éligibilité pour la Chambre
des représentants est fixé à 21 ans.
Dans
la réforme de l’État la plus récente (1993), la législation
pour l’élection des structures régionales et
communautaires a été changée. Dorénavant, les représentants
du peuple sont élus au suffrage universel direct dans les
organes représentatifs. L’âge d’éligibilité des sénateurs
a été fixé à 21 ans.
Participation
et engagement de la population à la vie politique
Le
système électoral répond aux exigences classiques,
c’est-à-dire un scrutin général, direct, égalitaire,
secret et libre. Pour évaluer le fonctionnement de la démocratie
à l’heure actuelle, il faut introduire de nouveaux critères
dynamiques comme simplicité et transparence, le poids décisif
du vote de l’électeur, congruence sociologique et
concordance avec la culture politique.
Le
système électoral belge n’est pas simple. Les élections
au niveau local, régional, national et européen se déroulent
toutes selon des procédures différentes. L’application
de la représentation proportionnelle et ses mécanismes
correcteurs aboutit parfois à des résultats étranges,
mais pourtant logiques.
En
Belgique, comme dans d’autres pays, la société a vécu
un débat fort sur la participation du citoyen dans les décisions
politiques. En général, on parle de l’abîme entre le
citoyen et la politique. Ce débat a plusieurs facettes.
L’électeur a le sentiment que son vote n’a aucune
influence sur la représentation au Parlement, ni sur la
gestion du gouvernement. Les partis fixent de manière
interne l’ordre des candidats sur les bulletins de vote.
Les
ministres ne sont pas élus directement. Faut-il retourner
à un système majoritaire, qui accorde au vainqueur les sièges
à répartir ? Vu le large spectre des tendances
politiques et l’opposition permanente entre deux grandes
communautés, il semble qu’en Belgique l’application du
système majoritaire aboutirait rapidement à une
polarisation idéologique et linguistique non désirable.
Traditionnellement,
il est accepté que tous les pouvoirs appartiennent à la
nation. La Chambre des représentants et le Sénat représentent
la nation. Ainsi, le référendum – tant décisif que
facultatif – est exclu. La question royale en 1951
(succession de Léopold III par son fils Baudoin Ier) est la
seule à avoir donné lieu à un référendum dans
l’histoire politique de la Belgique. L’expérience a
profondément frustré la population parce que l’on n’a
pas tenu compte des résultats.
L’exercice
des droits politiques est réservé au niveau régional et fédéral
aux citoyens belges. Ainsi, les étrangers résidant en
Belgique sont alors dépourvus de ces droits, bien que
l’on tienne compte de leur nombre pour déterminer le
seuil de répartition des sièges. Du fait de l’entrée en
vigueur du traité de Maastricht, les citoyens des pays
membres de l’Union européenne ont pu exercer leur droit
de vote au moment des élections municipales de l’an 2000.
La
culture politique actuelle montre que la population témoigne
d’un niveau très bas de connaissance et de compréhension
de l’activité politique. Une éducation politique
minimale s’avère nécessaire pour pallier cette
situation. Cette problématique d’information et de compréhension
des affaires politiques se mêle à la question du sens du
système du vote obligatoire. Avec le Luxembourg et
l’Italie, la Belgique est un des derniers pays européens
qui connaisse le vote obligatoire. Le choix entre le droit
de vote et le vote obligatoire n’est pas sans conséquences.
Même dans la théorie, il est difficile de discerner le
système se révélant le plus authentique ou le plus représentatif.
Concernant le comportement des électeurs belges, des enquêtes
indiquent que la participation aux élections pourrait
diminuer considérablement si le vote obligatoire était
supprimé.
Dans
le monde politique, on est cependant convaincu qu’il est nécessaire
d’ouvrir ce débat et que l’engagement et la
participation du citoyen doit être une considération
primordiale. Cela implique qu’il faille mener ce débat
sereinement et que les leaders politiques ne se laissent pas
inspirer par des spéculations électorales. La
suppression du vote obligatoire pourrait constituer un
nouveau défi pour la classe politique afin de motiver les
citoyens à participer à la démocratie. À juste titre,
les nouvelles théories sur la citoyenneté posent la
question de l’influence et du pouvoir de décision des
citoyens dans les sociétés modernes. Dans ce
questionnement, la démocratie représentative n’est pas
épargnée non plus.
Cependant,
qu’est-ce qui est à l’origine du dysfonctionnement ?
Est-ce le système qui a permis le développement effréné
du pouvoir politique et de groupements d’intérêts
puissants ? Ou est-ce le citoyen qui se comporte comme
un client sur le « marché public » et qui
calcule rationnellement où et comment il peut obtenir le
plus grand bénéfice ?
En
Belgique comme dans les pays voisins, un abîme se creuse
entre le citoyen et la politique. Les élections
parlementaires du 21 novembre 1991 ont bouleversé le
monde politique. En Flandre, environ 25 % de l’électorat
a exprimé un vote en faveur du parti nationaliste d’extrême
droite et d’un parti à tendance anarchiste. Des enquêtes
ont révélé que cette partie de la population a voulu émettre
un vote antipolitique très net contre la gestion du
gouvernement et contre les partis traditionnels. Plus
que d’adhérer au programme intolérant du parti d’extrême
droite, les citoyens ont voulu donner un signal surtout en
Flandre où les partis politiques et plusieurs mouvements
sociaux se battent contre les tendances d’extrême-droite.
Déçus, ils se sont éloignés de la scène politique.
Les
Belges montrent relativement peu de confiance dans les
institutions publiques comme la police, le système
judiciaire ou le Parlement. Une grande permissivité se
manifeste face à des attitudes considérées inciviques
comme la fraude fiscale, des prestations sociales indûment
perçues, des pots-de-vin, l’utilisation illicite du
transport public, etc. Malgré la particularité de
l’État fédéral belge, il existe néanmoins une
conscience d’appartenance nationale qui est aussi forte
que le sentiment d’appartenance à la communauté flamande
ou française. Pourtant, l’identification et
l’enracinement dans la communauté locale sont plus
importants. Pourrait-on interpréter cet « amour pour
la communauté locale » comme une réaction contre le
manque de transparence et le déficit démocratique au
niveau des échelons supérieurs ?
Des
études récentes sur les valeurs des jeunes montrent que la
tolérance et le respect du cadre de vie individuel sont des
valeurs très importantes pour eux. Pourtant,
l’individualisation croissante et la sécularisation ne
devront pas aboutir à la conclusion que les jeunes se
replient sur eux-mêmes et ne respectent plus les « grandes
valeurs » ou le bien-être général. Les jeunes sont
aussi sévères que les citoyens âgés face à des
attitudes qui influencent négativement la vie en société.
De plus, ils restent préoccupés par les grandes
orientations dans le monde.
Jusqu’ici,
seul un aspect des droits politiques a été traité, à
savoir le droit de vote et le droit d’éligibilité. Les
autres droits classiques de la citoyenneté sont : le
service militaire, l’obligation de payer des impôts et
l’accès à la fonction publique.
Dès
l’indépendance de la Belgique, le service militaire a été
en vigueur sous des régimes différents. En 1993, une loi a
aboli le service militaire.
Bien
qu’à l’origine l’obligation de payer des impôts
incombait aux citoyens nationaux, le critère de résidence
effective a rapidement remplacé le critère de la
nationalité comme générateur de cette obligation. De la même
façon, des droits sociaux comme le droit à une indemnité
de chômage, le droit à des soins de santé, etc., sont
devenus des droits politiques.
La
naissance des Communautés européennes a changé profondément
le champ d’application de ces droits politiques.
En
effet, la Cour de Justice des Communautés européennes a
donné une interprétation restrictive de la fonction
publique en vertu du principe de libre circulation et du
libre établissement des citoyens dans l’Union européenne
et de celui de la non-discrimination : les seuls
emplois qui comportent une participation, directe ou
indirecte, à l’exercice de la puissance publique et aux
fonctions qui ont pour objet la sauvegarde des intérêts généraux
de l’État ou des autres collectivités publiques. Ainsi,
de nombreux services de la fonction publique sont aussi
ouverts aux citoyens européens. Aujourd’hui, cela
concerne le personnel enseignant, le personnel de la Poste,
etc.
Du
point de vue sociologique, il est possible de distinguer
d’autres formes de citoyenneté. La citoyenneté est ici définie
comme un ensemble de normes qui spécifient les entités
sociales et déterminent la forme de participation des
groupes respectifs. Dans cette définition, les limites
entre nationalité et citoyenneté s’émoussent.
L’acceptation courante de cette notion ouvre la voie à
l’extension du concept de citoyenneté vers une citoyenneté
sociale et économique. Selon T. H. Marshall et un
certain nombre de sociologues, la citoyenneté à part entière
est constituée par trois générations successives de
droits : des droits civils, des droits politiques et
des droits sociaux. Les droits sociaux comprennent l’éventail
complet allant du droit à un minimum de bien-être économique
et de sécurité au droit de partager pleinement l’héritage
social et de vivre la vie d’un être civilisé selon les
normes qui prévalent dans la société.
Les
droits sociaux sont la condition nécessaire pour être
libre dans une société et y assumer des droits et des
responsabilités. Néanmoins, une dépendance vis-à-vis de
la sécurité sociale risque de créer une catégorie de
« citoyens de second rang», qui ne se sentent pas
responsables du fonctionnement de l’État et de ses
structures de pouvoir. La distance avec l’État central se
manifeste par un intérêt nouveau pour l’échelle locale
comme une redécouverte de la vie décentralisée des
citoyens. Le nouveau citoyen actif cherche dans le
volontariat un recours contre le pouvoir éloigné des
partis investis et contre l’institutionnalisation de la
société « d’abondance ».
D’une
part, le flux migratoire des dernières décennies a fait
que, sur le plan local, nos sociétés ont connu une intégration
forte de cultures et d’éléments étrangers. Dans
beaucoup de grandes villes, il y a des communautés
importantes d’étrangers qui, dans la communauté où ils
vivent et travaillent, peuvent être considérés comme des
citoyens, au même titre que les nationaux belges. Afin de
promouvoir l’intégration politique au niveau local,
plusieurs propositions de lois se prononcent en faveur du
lieu de résidence permanent en remplacement du critère de
nationalité pour l’exercice du droit de vote. Alors
qu’aux Pays-Bas, en Irlande et au Danemark le droit de
vote au niveau local est accordé aux étrangers résidants,
le débat en Belgique est loin d’être clos, exception
faite des prérogatives accordées en 2000 aux résidants
originaires d’un Etat membre de l’Union européenne
(voir ci-dessous).
D’autre
part, nos sociétés s’intègrent de plus en plus profondément
dans des structures et des relations de coopération
internationale et transnationale. Sur le plan économique,
politique et social, les frontières nationales sont de plus
en plus dépassées. Ainsi, les distinctions qui se font à
partir de la nationalité ont tendance à perdre de
l’importance.
Le
traité sur l’Union européenne, en ce qu’il institue
une citoyenneté européenne, ouvre une brèche importante
dans l’édifice fusionné de la nationalité et de la
citoyenneté. La citoyenneté européenne reflète des éléments
de la double intégration sur le plan infranational et
supranational, car elle répond à d’autres attentes que
celle que la citoyenneté classique propose en principe (3).
Néanmoins, la citoyenneté européenne reste dépendante de
la citoyenneté nationale (art. 8.1 du Traité) et ne se
substitue pas à la citoyenneté nationale (complémentarité).
Le traité sur l’Union européenne crée un lien nouveau
entre les citoyens et l’Union, mais ne touche pas aux
droits et obligations qui découlent du lien de nationalité
entre les citoyens et les États.
En
vertu du traité sur l’Union européenne, le droit de vote
et d’éligibilité est accordé sur le plan local aux
citoyens de l’Union résidant dans un État membre autre
que celui de leur nationalité.
Par suite d’un retard dans l’application du Traité, les
citoyens de l’Union n’ont pas eu la possibilité de
participer aux élections municipales d’octobre 1994.
L’adaptation du Code électoral a permis la participation
des citoyens de l’Union aux élections municipales de
l’an 2000.
La
possibilité pour les citoyens de l’Union de participer
dans leur pays de résidence aux élections du Parlement
européen est une avancée très importante dans la
construction de l’Europe des citoyens, parce qu’elle met
en évidence le caractère européen de ces élections.
D’ailleurs des ressortissants d’autres pays membres de
l’Union ont participé avec succès aux élections de juin
1994, en Belgique et l’un d’entre eux a même été élu.
Rappelons
que selon le traité de Rome et les travaux législatifs qui
se sont réalisés par la suite, les citoyens des États
membres jouissent d’une série de droits économiques et
sociaux comme la libre circulation des personnes, le droit
d’établissement, la libre prestation de services et tous
les autres droits qui en découlent. Dans d’autres
domaines comme l’environnement, la sécurité sociale, les
soins de santé, l’éducation et la culture, la compétence
de l’Union est subsidiaire à la compétence des États
membres. L’insertion des droits politiques dans le traité
de Maastricht constitue une nouveauté : la protection
diplomatique, le droit de pétition et le recours au médiateur.
L’attribution de ces droits signifie un pas important en
relation avec la légitimité démocratique de l’Union et
de sa proximité avec les citoyens.
Dans
le cadre de la Conférence intergouvernementale, on pouvait
encore s’attendre à une extension des droits du citoyen
de l’Union – et probablement aussi à l’inclusion de
certaines obligations.
D’autres initiatives ont
été lancées, notamment en direction des jeunes, comme le
service volontaire européen.
Dans le développement de
la relation individu-société/citoyen-État, l’éducation
et l’enseignement jouent un rôle important. Dans le passé,
les programmes et les livres d’enseignement ont accordé
une attention spéciale à l’éducation civique, au développement
d’une identité nationale, au transfert dans la vie
courante du sentiment de nationalité, etc. De plus, la
citoyenneté et le civisme sont appris par des chansons, des
poèmes, des danses, des aspects rituels et informels de
l’éducation dans la famille, l’école, les mouvements
de jeunesse, etc.
Les discussions récentes
sur l’interprétation de la citoyenneté et la naissance
de nouveaux mouvements civiques et sociaux – différents
des partis politiques existants – indiquent la dynamique
de cette idée. Cette attention nouvelle influence la pensée
pédagogique et a des conséquences sur les programmes
d’enseignement.
La renaissance de l’intérêt
pour la conception de la citoyenneté débouche sur des
recherches nouvelles dans le domaine de la pratique de
l’enseignement en matière d’éducation civique. Nous
observons des accents nouveaux : « L’éducation
civique est l’activité d’enseignement qui doit éduquer
les jeunes à devenir des citoyens critiques, disponibles et
capables de penser et agir positivement dans un État de
droit démocratique intégré dans une communauté
internationale (l’Europe et le monde). »
Aujourd’hui, les personnes se sentent membres d’une société
internationale, ils s’appellent « citoyens du monde ».
Ici, la solidarité et le respect des droits fondamentaux
sont des éléments impératifs.
La tolérance joue un rôle
central dans les projets d’éducation d’une société
multiculturelle et transnationale : tolérance envers
soi-même, envers les autres, envers les détenteurs du
pouvoir, envers la société et envers les valeurs. De
« bons » citoyens acceptent les différences,
peuvent entrer en dialogue ; ils sont vigilants et
actifs, ils s’intéressent aux affaires publiques, ils
exigent la responsabilité politique des détenteurs du
pouvoir et ils s’engagent en faveur du développement
progressif de la société.
* *
*
|
Constitution
du Royaume de Belgique
du
17 février 1994
Des points importants
La
Belgique est un État fédéral qui se compose de communautés
et de régions.
(Elle)
comprend trois communautés : française, flamande et
germanophone.
(Elle)
comprend trois régions : wallonne, flamande,
bruxelloise.
(Elle)
comprend quatre régions linguistiques : de langue française,
de langue néerlandaise, bilingue de Bruxelles (capitale) et
la région de langue allemande.
La
région wallonne comprend les provinces suivantes : le
Brabant wallon, le Hainaut, Liège, le Luxembourg et Namur.
La région flamande comprend : Anvers, le Brabant
flamand, la Flandre occidentale et orientale, le Limbourg.
Les
droits fondamentaux
Les
Belges sont égaux devant la loi. La jouissance des droits
et libertés doit être assurée sans discrimination… ;
droits et libertés des minorités idéologiques et
scientifiques. La liberté individuelle est garantie… nul
ne peut être poursuivi que dans les cas prévus par la loi.
Le domicile est inviolable… nul ne peut être privé de sa
propriété.
La
mort civile est abolie (article 18). Liberté des cultes…
liberté d’opinion… sauf la répression des délits
commis… droit au respect de sa vie privée et familiale.
Chacun
a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine.
À cette fin sont garantis en tenant compte des obligations
correspondantes : les droits économiques, sociaux et
culturels. Ces droits comprennent notamment : le droit
au travail et au libre choix d’une activité
professionnelle… le droit à la Sécurité sociale, à la
protection de la santé… le droit à un logement décent…
le droit à la protection d’un environnement sain.
L’enseignement
est libre… la communauté organise un enseignement qui est
neutre, avec choix entre l’enseignement d’une des
religions reconnues et celui de la morale non
confessionnelle. Chacun a droit à l’enseignement…
La
presse est libre…
Droit
de s’assembler paisiblement et sans armes, droit de
s’associer, droit de pétition…
Les
pouvoirs
Tous
les pouvoirs émanent de la nation. L’autorité fédérale
n’a de compétences que dans les matières que lui
attribue formellement la Constitution… les communautés ou
les régions sont compétentes pour les autres matières.
Le
pouvoir législatif fédéral s’exerce collectivement par
le roi, la Chambre des représentants et le Sénat… Au roi
appartient le pouvoir exécutif fédéral.
Les
membres des deux Chambres représentent la nation et non
uniquement ceux qui les ont élus… les membres des
Chambres sont répartis en groupes linguistiques.
Les
membres de la Chambre des représentants sont élus
directement par les citoyens âgés de dix-huit ans
accomplis. Pour être éligible, il faut : être belge,
jouir des droits civils et politiques, être âgé de vingt
et un ans accomplis, être domicilié en Belgique. Les sénateurs
sont élus dans les collèges électoraux représentant les
différentes communautés.
Le
pouvoir législatif fédéral s’exerce collectivement par
le roi et la Chambre des représentants.
Les
pouvoirs constitutionnels du roi sont héréditaires par
primogéniture.
Il
existe des Conseils et des Gouvernements de communauté et
de région.
Il
y a pour toute la Belgique une Cour d’arbitrage.
Le
roi dirige les relations internationales, les forces armées,
conclut les traités… avec l’assentiment des Chambres.
|
* *
*
Pour
aller plus loin, il serait intéressant :
•
d’observer l’évolution de la frontière en
Belgique et de recenser les différentes communautés, régions,
provinces et langues utilisées en se penchant sur le passé ;
il est ainsi plus aisé de comprendre les divisions et les
difficultés actuelles.
Note
de bas de pages du Chapitre 4 :
(1)
Contribution de Françoise Parisot.
(2) Contribution de An Hermans, députée au
Parlement européen (1989-1994), députée belge (1995-1999) ;
professeur à la « Katholieke Universiteit Leuven ».
(3) J. Vandamme, La
citoyenneté européenne – Élément de l’identité
européenne in L’identité européenne – Analyses et
propositions pour le renforcement d’une Europe pluraliste,
R. Picht (éd.), TEPSA et Presses interuniversitaires
européennes.
Pour
en savoir plus
*
Bibliographie sur l’histoire de la Belgique
-
Chronique
de la Belgique,
Liège, Editions chronique, 1987.
-
Dictionnaire
d’histoire de Belgique sous la direction du Professeur
Hervé Hasquin. Vingt siècles d’institutions, les hommes,
les faits, Bruxelles, Didier Hatier, 1988.
-
Histoire
de la Belgique, Georges-H.
Dumont, Hachette, 1977.
-
La
Belgique fédérale, Bruxelles,
service fédéral d’information, 1995 (brochure
d’accompagnement du dossier didactique concernant la réforme
de l’Etat).
-
Le
livre de l’histoire de la Belgique, Emile
Lecerf et Auguste Servais, Paris, Edition G.P.
-
La
Belgique. Sociétés et cultures depuis 150 ans. 1830-1980.,
D’Haenens Albert, Bruxelles, 1980.
-
La
Belgique. Un pays raconté par les siens, D’Haenens Albert, Bruxelles, 1991.
-
Histoire
politique de la Belgique. Facteurs et acteurs de changement,
4ème édition, Xavier Mabille,
Bruxelles, 2000.
-
Les
racines de la Belgique des origines jusqu’à la révolution
de 1830, Jean Stengers, Bruxelles, 2000.
-
Histoire
de la Belgique, Jean
Dhont, P.U.F./Que
sais-je ? n° 319, 1968.
-
Histoire
des nations belges, Lode
Wils, Quorum, 1996.
Sources
http://belgium.gov.be/
http://www.tu-dresden.de/sulcifra/frankoph/belg/bibl.htm
*
Sites
Internet sur les institutions et l’actualité belge
-
Site du gouvernement : http://minfin.fgov.be/portail1/fr/institbelge.htm
-
Portail fédéral : http://www.belgium.be/eportal/
-
Commission royale d’histoire : http://www.kbr.be/crh-kcg/
-
Ambassade de Belgique en France : http://www.diplobel.org/France/
5
France
CITÉ :
CIVITAS (1)
CITOYEN :
CIVIS (1)
1
- Un
peu d'histoire ... (2)
Au
début du Ier millénaire, le territoire actuellement
français fait partie de l’Empire romain. Après
l’effondrement de cet Empire en Occident (476 après JC.)
s’installe une « mosaïque de royaumes barbares »
qui gardent avec Constantinople, capitale de l’Empire
d’Orient, un lien de fédération. Le seul de ces royaumes
qui ait survécu est le Regnum Francorum, dirigé par
Clovis, qui s’étend des Pyrénées à la Frise et à la
Weser, laissant en dehors l’Alsace, le royaume des
Burgondes, la bordure méditerranéenne et la Bretagne.
Mérovingiens
et Carolingiens (du VI e au X e siècle)
Après la mort de Clovis
(511), ses fils acquièrent le royaume burgonde, la Provence
ostrogothique et la Thuringe. Au VIIIème siècle, Pépin le
Bref œuvre à l’élargissement de ce territoire puis son
fils, Charlemagne, décide de restaurer l’Empire à son
profit : ainsi naît, le 25 décembre 800, un
Empire romain d’Occident, -correspondant à peu de chose
près à ce que sera le territoire de la première Communauté
européenne comprenant les six Etats fondateurs (France,
Allemagne, Italie, Luxembourg, Belgique, Pays-Bas) près de
1200 ans plus tard-, distinct de l’Empire romain
d’Orient… Cet Empire est éphémère : le partage
de Verdun (843) crée trois États nouveaux : la
Francia occidentalis, la Francia orientalis et, entre les
deux, la Lotharingie qui va de la mer du Nord à la Méditerranée.
Dès lors, la France se constitue peu à peu à partir de la
Francia occidentalis.
La dynastie carolingienne
(descendants de Charlemagne) s’affaiblit, puis s’écroule
sous les attaques des Scandinaves au nord et à l’ouest,
des musulmans au sud, des Hongrois à l’est. Les nécessités
de la défense entraînent l’enracinement de
particularismes régionaux et la constitution de fiefs dont
les princes rendent hommage au roi, roi qu’ils élisent et
dont ils se rendent souvent très indépendants.
Les
premiers Capétiens (987-1328)
|