L'Actualité européenne décodée

Les présidences suédoise et belge de l’UnioN européenne

 

* Que désigne la « Présidence » de l’Union européenne ?

* La présidence suédoise de l’Union européenne : Les défis de l’élargissement et du développement durable.

* Le passage à l’Euro et le nécessaire rapprochement des citoyens et de l’Europe : la présidence belge de l’Union européenne.

* Conclusion

* Pour en savoir plus

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* Que désigne la « Présidence » de l’Union européenne ?

Parmi les institutions européennes, le Conseil des ministres a toujours été et reste le principal organe décisionnel, bien qu’il partage désormais en partie le pouvoir avec le Parlement européen. Il réunit les ministres des quinze Etats membres qui, en son enceinte, débattent de la matière inscrite à l’ordre du jour (affaires étrangères, agriculture, transport, industrie…) et finissent par dégager une décision commune aux 15, tenant compte des points de vue du Parlement européen et des parlements nationaux.

Le Conseil adopte, la plupart du temps par le biais du processus de codécision avec le Parlement européen, les projets de « lois » (règlements, directives) proposés par la Commission.

Chaque pays de l’Union exerce la présidence du Conseil européen, par rotation, pour une durée de six mois ; et deux sommets européens réunissant les Chefs d’Etat et de Gouvernements des 15 ponctuent chacune de ces présidences, affichant ainsi les lignes à suivre et les conclusions des Conseils des Ministres restreints.

Ce système de rotation de la Présidence de l’Union permet à chaque Etat membre de participer à l’agenda politique de l’Union et de déterminer ses priorités pendant six mois. Ainsi, la diversité de l’Union européenne est assurée puisque chacun imprimera ses particularités dans le choix des sujets à débattre au cours de sa présidence.

La présidence de l’Union européenne jusqu’en 2006 :

Juillet-décembre 2000 : France    Janvier-juin 2004 : Irlande
Janvier-juin 2001 : Suède  Juillet-décembre 2004 : Pays-Bas
Juillet-décembre 2001 : Belgique  Janvier-juin 2005 : Luxembourg
Janvier-juin 2002 : Espagne      Juillet-décembre 2005 : Royaume-Uni
Juillet-décembre 2002 : Danemark  Janvier-juin 2006 : Autriche
Janvier-juin 2003 : Grèce  Juillet-décembre 2006 : Allemagne
Juillet-décembre 2003 : Italie  

Actuellement, un pays revient à la présidence tous les 7 ans. Lorsque l’Union européenne comptera 25 ou 27 membres, cette période reviendrait tous les 12-13 ans, sauf si le système en place est modifié.  

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* La présidence suédoise de l’Union européenne : Les défis de l’élargissement et du développement durable.

C’est en janvier 2001 que la Suède entame la seconde présidence nordique de l’histoire de l’Union européenne (après celle de la Finlande au 2ème semestre 1999).

Cette présidence témoigne nettement de la possibilité pour les Etats membres d’afficher officiellement leurs particularismes pendant un semestre.

En effet, la Suède inscrit les trois éléments suivants, comme prioritaires dans le dialogue européen : l’Elargissement, l’Emploi et l’Environnement.

L’Elargissement d’abord, puisque la Suède, pays nouvellement inclus dans l’Union européenne (depuis 1995), considère l’élargissement comme une chance historique pour consolider les bases de la paix, de la liberté, de la démocratie et du bien-être en Europe. Durant cette présidence elle a souhaité que les négociations sur l’élargissement prennent le sens d’une véritable avancée politique. Ainsi, le sommet de Göteborg des 15 et 16 juin 2001 déclare le processus d’élargissement de l’Union irréversible et fixe des date-butoir à l’intégration des pays candidats. Il annonce notamment que les pays candidats les mieux préparés devront pouvoir participer aux élections du Parlement européen au printemps 2004 en tant que membres à part entière de l’Union européenne.

En ce qui concerne l’Emploi, la Suède a voulu transmettre à l’Union son expérience de pays à faible taux de chômage tout en suivant le modèle nordique de protection sociale. Son but est de faire admettre à ses partenaires européens que la perspective de voir le plein-emploi ; la croissance économique et la cohésion sociale concrètement établis en Europe est réalisable. Et ce, tout en gardant à l’esprit que la mutation démographique touche l’ensemble de l’Union européenne. En effet, la Suède craint de voir la faible natalité cumulée au vieillissement de la population affecter la qualité de la sécurité sociale en Europe et elle ouvre la réflexion sur ce sujet.

Enfin, l’environnement et le développement durable vont s’ajouter à cette perspective économique et sociale puisqu’il a été mentionné à Göteborg que « les citoyens communautaires doivent pouvoir se voir garantir une stabilité économique, une sécurité sociale et un environnement sans risque sanitaire ». Le but de la Suède de voir intégré dans le raisonnement communautaire que les dimensions écologiques, économiques et sociales sont inséparables de la notion de développement durable a été visiblement atteint. Des objectifs concrets ont été détaillés au cours du sommet de Göteborg pour notamment : « contrecarrer les transformations climatiques ; garantir des moyens de transport durables ; faire face au danger qui menace la santé publique et gérer les ressources naturelles ». Un calendrier précis a aussi été déterminé.

Au-delà de ces trois « E », « le gouvernement de Goran Persson a déployé son énergie dans des domaines où le génie propre de la Suède excelle : la vitalité économique, les télécommunications et les technologies de l’information ainsi que la santé publique »[1]. La présidence suédoise estime qu’il faut développer davantage les nouvelles technologies afin de mettre en place des services de communication efficaces à l’intention des citoyens, de créer de nouveaux produits et des services inédits. La Suède aura ainsi introduit en divers domaines son savoir-faire durant sa Présidence de l’Union. Cette dernière s’est achevée fin juin 2001, quand les autorités suédoises ont passé le relais à leurs collègues belges.

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* Le passage à l’Euro et le nécessaire rapprochement des citoyens et de l’Europe : la présidence belge de l’Union européenne.

La présidence belge de l’Union a la lourde responsabilité de préparer le passage à la monnaie unique fiduciaire (monnaies, pièces). Comme l’exprime le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, « Rien ne rapprochera autant l’Europe de ses citoyens qu’une introduction réussie de l’Euro ». Dès lors, la question qui apparaît déterminante aux détenteurs de ce mandat sera celle de réconcilier les citoyens avec l’Union.

D’autres thèmes, qui rejoignent largement ceux de le Présidence suédoise, vont se révéler être de première importance pour la Belgique. Nous en dénombrons 6 :

1. Approfondir le débat sur l’avenir de l’Europe

2. Améliorer la qualité du travail, faire progresser l’égalité des chances et combattre l’exclusion et la pauvreté : autrement dit, tenter de dégager une « modèle social européen »

3. Promouvoir une croissance économique soutenable et une politique économique commune

4. Créer un espace européen de liberté, sécurité et justice

5. Promouvoir un développement durable dans ses trois aspects (croissance économique, cohésion sociale et protection de l’environnement)

6. Elargir l’Union européenne et renforcer sa dimension extérieure

La Présidence belge s’inscrit donc dans la continuité des présidences précédentes. Dans le prolongement du programme défini au sommet de Tampere (Finlande - 1999), elle souhaite contribuer à l’établissement d’un espace commun de liberté, de sécurité et de justice, tout en respectant les principes d’ouverture, de liberté et d’hospitalité, de solidarité, de non-discrimination, de respect des droits de l’homme et de la dignité humaine et des valeurs d’une société multiculturelle. Pour cela, elle crée « Eurojust » qui a pour but de renforcer la coopération entre Etats-membres en matière d’affaires criminelles, tout comme pour combattre le crime international.

Une autre avancée technique de cette présidence réside dans la création de l’Autorité Alimentaire européenne, pour renforcer les contrôles sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, en européanisant le programme CONSUM (programme belge, instauré depuis la crise de la dioxine de 1999, établissant un système de surveillance des Contaminants).

Le 21 septembre 2001, les Chefs d’Etat et de gouvernements des 15 se sont réunis pour le Sommet de Gand. Ce conseil de « mi-mandat » était initialement prévu pour faire le point sur la présidence belge. Mais 10 jours après les attentats terroristes aux Etats-Unis, il a pris une toute autre dimension. Ce Conseil a en effet permis d’analyser la situation internationale et de donner les impulsions nécessaires aux réactions de l’Union européenne. A Gand, les 15 Etats-membres réaffirment leur ferme détermination à agir de concert en toutes circonstances et déterminent leur politique de lutte contre le terrorisme. Ainsi, dans la ligne des conclusions de Tampere, le Conseil européen accepte l’instauration d’un mandat d’arrêt européen ainsi que l’adoption d’une définition commune du terrorisme.

Aujourd’hui, au moment où la tension liée au passage à l’euro ne cesse de croître, la Présidence belge s’achève. Toutefois, avant de passer le relais à l’Espagne, la Belgique souhaiterait laisser son empreinte sur un sujet récurrent de la construction européenne : le débat sur l’avenir de l’Europe. Ainsi, elle a, au sommet de Bruxelles-Laeken (14 et 15 décembre 2001), rassemblé les 15 autour d’une déclaration établissant l’ordre du jour du débat sur l’avenir de l’Europe, les méthodes à utiliser et le calendrier, en prévision de la Conférence Inter-Gouvernementale de 2004.

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* Conclusion :

L’importance de la Présidence de l’Union est indéniable. En effet, l’Etat-membre désigné dans cette fonction détient une double-clé pour faire avancer la construction européenne. Tout d’abord, il lui est conféré un rôle d’impulsion des politiques (c’est lui qui désigne quelles sont les questions prioritaires et qui met à l’avant de la scène les sujets jugés de première importance). De plus, par cette investiture, il dispose de la légitimité nécessaire pour tenter de régler les dossiers qui bloquent certaines prises de décision. Pourtant, en janvier 2002, ce n’est pas tant le bilan du semestre que le passage de témoin entre la Présidence belge et la Présidence espagnole qui sera analysé comme primordial dans la poursuite efficace de la construction européenne, puisque c’est précisément à l’intersection de ces deux mandats que le passage fatidique à l’euro s’effectuera.

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* Pour en savoir plus :

 

- Site de la Présidence suédoise de l’Union européenne : http://eu2001.se

- Site de la Présidence belge de l’Union européenne : http://www.eu2001.be  

- Site de la Présidence espagnole de l'Union européenne : http://ue2002.es

- Site du Conseil de l’Union européenne : http://ue.eu.int/fr/summm.htm

- Site officiel de l’Union européenne : http://europa.eu.int

- Sources d’Europe : http://www.info-europe.fr

- Ministère des Affaires Etrangères français : http://www.diplomatie.gouv.fr/Europe/

- Site de la Conférence Inter-Gouvernementale 2000 : http://europa.eu.int/igc2000/



[1] Janvier-juin 2001 : La Suède entame sa première présidence, in : 7 jours Europe, Lettre hebdomadaire de le représentation en France de la Commission européenne, 8 janvier 2001, p.2.

 

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