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Jeudi
3 janvier 2002 – 17h00 – Agnès Touraine, Présidente,
et Marie-Françoise Laget-Martinez, Directeur de la
Communication, nous accueillent au siège de Vivendi
Universal Publishing ( http://www.vivendiuniversalpublishing.com/
), rue du Colisée à Paris.
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CEDH : L’action éducative poursuivie par Vivendi Universal
Publishing recouvre de nombreux domaines. Pouvez-vous
nous éclairer sur vos différentes activités ?
Agnès
Touraine :
Vivendi
Universal Publishing
est le 3ème éditeur mondial, après
Pearson, groupe britannique, et Bertelsmann, groupe
allemand ; et le 2ème éditeur
mondial d’éducation. Comme vous le voyez, et il
s’agit d’un phénomène rare sur le plan mondial,
on constate que le monde de l’édition se globalise
par les Européens, et non par les Américains. Le
chiffre d’affaires du groupe est d’environ 3,4
milliards d’euros par an. Nos sept activités les
plus importantes sont :
·
La
littérature générale,
·
L’édition
scolaire (pour qui Vivendi Universal Publishing est le
leader en France, avec des marques comme Nathan et
Bordas, en Espagne, au Brésil et dans certains
secteurs aux Etats-Unis),
·
Les
manuels universitaires,
·
Les
références (c’est-à-dire les dictionnaires –
comme Larousse qui, avec une présence dans 35 pays,
est la seule marque d’édition réellement
internationale - et les encyclopédies),
·
Les
éditions Jeunesse et ludo-éducatives,
·
L’édition
de jeux et de vidéos,
·
La
presse (L’Express, L’Expansion, L’Etudiant,
etc.).
Environ
50% du chiffre d’affaires de Vivendi Universal
Publishing proviennent des ventes en Europe (et en Amérique
Latine) ; et les 50% restant des Etats-Unis.
CEDH : Nous sommes le 3 janvier 2002. Depuis 3 jours, l’euro
circule dans 12 pays européens. Avez-vous mené dans
vos publications, notamment en ligne, une action spécifique
de sensibilisation et d’information sur l’euro
pour les jeunes, leurs parents, les enseignants ?
Agnès
Touraine :
Tous nos manuels scolaires sont aujourd’hui
en euros. Mais, il existe un vrai problème de rééquipement
des écoles. En outre, dans chacun de nos sites
internet nous avons réalisé des encadrés sur
l’euro afin d’informer le grand public. Nous avons
ainsi organisé, par exemple, un concours sur l’euro
sur notre site éducatif « education.com ».
Enfin, l’ensemble de notre groupe travaille en euros
depuis un an et demi.
CEDH : Vivendi Universal Publishing est actuellement le n°2 mondial
de l’action éducative et vise le 1er
rang mondial. A quelle échéance et suivant quelle
stratégie ?
Agnès
Touraine :
Nous visons en effet le premier rang, comme il
se doit quand on est le numéro 2, et nous pensons être
capables de l’atteindre d’ici 3 à 5 ans. Mais,
notre priorité restera celle de bien faire notre métier
où que nous soyons, et notamment en matière d’édition.
Pour cela nous conservons les spécificités locales
de chaque filiale tout en favorisant le partage des
expériences et les synergies éditoriales. Et nous
mettons à leur disposition toutes les ressources de
notre « back-office ».
Notre
métier repose sur la coordination : nous devons
trouver, d’une part, les talents créatifs, c’est-à-dire
les auteurs, et d’autre part, le public adapté à
leurs créations. Nos concurrents sont alors les
autres grands groupes de médias.
CEDH : Les entités qui composent Vivendi Universal Publishing ont
été pour la plupart rachetées progressivement. Au
sein du groupe, est-ce qu’elles restent totalement
indépendantes ou existe-t-il une cohérence, une
philosophie globale, au niveau national comme au
niveau international ?
Agnès
Touraine :
Notre philosophie est celle de la décentralisation
des marques et des équipes. La règle globale est
celle de l’indépendance de la création. C’est
notamment pour cela que nous sommes organisés par métier,
et non par pays. Chaque maison d’édition peut donc
conserver ses spécificités locales, tout en
disposant de l’expérience des autres filiales du
groupe (transfert de savoir-faire et aide à la
production). De même chaque livre, notamment les manuels
scolaires, est adapté à un public précis (et non
global) : nous ne ferons jamais le même livre de
mathématiques, sans parler des autres domaines, pour
deux pays différents.
CEDH : Lorsqu’on est le numéro 2 mondial de l’action éducative,
et aspire à devenir le n°1, lorsque l’on adresse
à plus de 170 millions d’élèves, de la maternelle
à la Terminale, on a de très grandes responsabilités,
non seulement auprès de ses actionnaires, mais également
envers les parents, les enfants, les éducateurs… A
la fois en tant que présidente de Vivendi Universal
Publishing, mais également en tant que mère de
famille, quelles sont ces responsabilités selon vous
et comment Vivendi Universal Publishing entend y faire
face ?
Agnès
Touraine :
Notre responsabilité porte sur le fait que
nous devons être sûrs de délivrer les meilleurs
contenus éditoriaux. Notre mission éducative repose
sur le professionnalisme des éditeurs auxquels nous
faisons toute confiance. D’autre part, les
professeurs ont bien sûr une responsabilité centrale
dans le dispositif éducatif, notamment parce que
c’est à eux que revient le choix des livres et donc
la sanction finale sur la qualité du contenu. Dans
l’ensemble, la collaboration est efficace entre les
pouvoirs publics, les professeurs et les éditeurs. Le
curriculum est le même au niveau national : ce
sont les professeurs qui choisissent les livres même
si des variations existent suivant les pays. Par
exemple, en Espagne, les livres sont différents dans
chaque région : nous publions ainsi 17 ouvrages
différents pour une même matière ! Aux
Etats-Unis, c’est le système dit « d’adoption »
qui prime. Les Etats « adoptent » des éditeurs
qui seront ensuite les seuls à pouvoir présenter
leurs ouvrages aux professeurs. Mais, l’édition
n’est pas seulement un marché ; c’est également
une mission. Dans le domaine scolaire, cette mission
est de contribuer à la meilleure éducation des
enfants.
Aujourd’hui,
l’évolution qui se fait sentir vient bien sûr des
nouvelles technologies, que les professeurs
apprendront rapidement à exploiter, à condition de
favoriser leur équipement et surtout leur formation.
Mais quelle que soit l’évolution, le
professeur conservera un rôle central !
CEDH : Plus précisément, on entend souvent dire que la globalité
de Vivendi Universal Publishing, sa position dominante
dans la presse et l’édition éducative occidentales
risquent de globaliser et d’uniformiser, notamment
dans des pays comme la France, l’Espagne ou
l’Allemagne, attachés à leurs particularismes.
Qu’en pensez-vous ?
Agnès
Touraine :
Les faits prouvent le contraire. Les offres
culturelles (musique ; cinéma ; littérature)
deviennent de plus en plus locales. En matière d’édition,
le même phénomène se produit. Des séries très
limitées d’ouvrages peuvent être rééditées, ce
qui n’était pas rentable auparavant. Dans quelques
années, les manuels scolaires seront adaptés à des
entités de plus en plus petites. Afin de parvenir à
ce résultat, il faut numériser des bases de données
gigantesques, ce qui a un coût très important. La
« globalisation » est alors indispensable,
puisque le coût de fabrication est d’autant plus
important que les programmes locaux diffèrent. Les
petites entreprises indépendantes ne peuvent pas répondre
à une telle demande, trop coûteuse. Un certain idéal
de la pédagogie différenciée voudrait qu’à terme
le contenu des ouvrages éducatifs soit quasiment
adapté au niveau de chaque étudiant (utopie éducative).
Grâce au numérique, l’impression à la demande est
aujourd’hui possible, ce qui permettra peut-être de
répondre un jour à ce besoin individuel. Les
professeurs notamment pourront se créer leur propre
manuel, conforme aux programmes, mais adapté à leur
classe : cela se pratique déjà couramment aux
Etats-Unis au niveau universitaire. Et le site
internet compagnon permet de constamment adapter et
actualiser le contenu…
CEDH : En complément à la précédente question, pensez-vous
qu’il serait utile d’enseigner l’instruction
civique dans tous les pays de l’Union européenne,
notamment des éléments d’instruction civique européenne
(Charte des droits fondamentaux, description des
institutions, etc…) ?
Agnès
Touraine :
Bien sûr. L’instruction civique permet de
rassembler tous les grands débats de société…
CEDH : Auriez-vous quelque chose à ajouter, des commentaires complémentaires
à faire, des vœux à émettre, sur l’avenir de
l’éducation en Europe ?
Agnès
Touraine :
Aujourd’hui, l’éducation est un enjeu
prioritaire dans tous les pays du monde (avec la santé).
Les gouvernements investissent de plus en plus dans ce
domaine afin de favoriser l’intégration de tous à
la démocratie. Trois problématiques sont suivies
dans ce but :
-
la remédiation : pour réintégrer ceux qui ont
été exclus du système ;
-
l’adaptation ou customization ;
-
la multiplication des supports : le multi-support
(livres, CD-Rom, site internet, etc.).
Ainsi,
les nouvelles technologies peuvent apporter beaucoup
de progrès mais elles sont nos outils. Il ne faut
surtout pas oublier qu’elles doivent absolument être
au service de la pédagogie et non le contraire.
Propos recueillis par Arnaud Pinon et Delphine Lemarinier.
Présentation
de la dimension européenne du Portail Education.com
Le portail,
notamment présent au Royaume-Uni, en
Allemagne et en France, a une réelle
dimension européenne. Nous avons un club
d’Euro-correspondants qui permet aux enfants
de se faire des amis européens avec le
personnage Adi. Par ailleurs, un annuaire des
membres est disponible sur le site, ce qui
permet aux internautes de contribuer au forum
de discussion d’Education.com, qu’ils
soient anglais, allemand ou français.
Par ailleurs, nous
avons organisé sur l’Europe et sur l’euro
des jeux-concours, avec le « Moskirallye »,
jeu disponible sur l’Espace enfant. Régulièrement,
nous avons eu des brèves ou des articles
relatifs à l’euro. Au mois de mai 2001, un
dossier thématique a été organisé à
l’occasion des journées de l’Europe.
Chaque portail
dispose d’une équipe éditoriale locale qui
élabore, en collaboration avec les Ministères,
les professeurs, des associations et des
journalistes spécialisés, un contenu en
conformité avec les programmes scolaires et
les spécificités culturelles locales, dans
le cadre d’une même architecture du site,
avec une communauté qui comporte des
passerelles internationales, pour les Espaces
enfants, parents et enseignants.
Le site s’appuie
également sur des contenus éditoriaux de
maisons comme Nathan, Kingfisher, Bordas,
Larousse, etc..
Pour 2002, nous
mettons en place un coin dédié à l’euro
et à l’Europe dans les trois pays où le
portail est présent. Ce « corner »,
consultable en permanence sur le site, sera régulièrement
alimenté par l’actualité des pays européens.
Le personnage Adi proposera aux internautes
des dossiers pédagogiques dédiés, une carte
interactive de l’Europe, des forums européens,
sans oublier des jeux, comme l’Euroquiz, le
Taquin, ainsi qu’une gigantesque chasse au
trésor avec le « Europe Tour » !
Propos recueillis auprès de Marianne Elombo,
Reponsable des partenariats Europe.
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