SOMMAIRE:
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La fin du traité CECA
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Le Danemark
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Priorités de la Présidence danoise de l'Union
européenne
*
Le bicentenaire de Victor Hugo
*
* * * * *
La
fin du traité CECA
Le
23 juillet 2002, après cinquante ans de bons et
loyaux services, la première organisation européenne
supranationale s'est éteinte.
A
Bruxelles, le drapeau de la CECA a été définitivement
descendu et remplacé par une bannière aux couleurs
de l'Europe d'aujourd'hui. Entré en vigueur pour
cinquante ans, le 27 juillet 1952, le traité CECA a vécu
et ses institutions ont été progressivement fusionnées
avec celles de l'Union. Le Comité consultatif de la
CECA a intégré le Comité économique et social, et
le bas de laine de la CECA (1,6 milliards d'euros) a
été attribué à la recherche. Les houillères
employaient dans les années 50 deux millions de
travailleurs, l'acier 700 000. Aujourd'hui, il reste
un peu moins de 87 000 mineurs et 276 000 sidérurgistes
en Europe. Une nécessaire restructuration accompagnée
par la CECA …
Un peu d'histoire …
Faire
l’Europe pour ne plus faire la guerre : cette
idée qui présentait déjà une certaine actualité
dans l’entre-deux guerres (projet Briand, mouvement
Paneuropéen du comte Richard Coudenhove-Kalergi) se
concrétise après la Seconde Guerre mondiale avec la
naissance de la Communauté européenne du charbon et
de l’acier.
Les principes fondateurs de la
Déclaration Monnet-Schuman
« Faire l’Europe, c’est faire la paix » :
une intégration économique au service d’un projet
politique
Assurer les
bases d’une paix durable entre l’Allemagne et la
France, tel est l’objectif fondamental. Charbon et
acier étaient censés offrir un terrain
exceptionnellement favorable à une première expérience
de collaboration entre les ennemis d’hier encore séparés
par les souvenirs et les soupçons. Les gisements de
fer et de charbon de la Belgique, de la Ruhr, de la
Lorraine constituaient une unité géologique, géographique,
économique. Les frontières y étaient artificielles
; l’unité y serait le retour à la nature, à la
raison.
C’est la
recherche d’instruments propres à bannir la guerre
d’Europe à tout jamais, qui a caractérisé les négociations
sur le traité de la Communauté Charbon Acier. Des siècles
durant, la politique extérieure a été marquée en
Europe par des coalitions et des contre-coalitions
entre grandes puissances, par la violence guerrière
et les revanches. Français et Allemands se sont fait
29 fois la guerre en quatre siècles, soit en moyenne
une fois tous les quatorze ans. Français et Allemands
se sont fait 29 fois la guerre en quatre siècles,
soit en moyenne une fois tous les 14 ans. Le concept
d’intégration européenne a permis pour la première
fois de briser efficacement et durablement cette
spirale infernale. L’idée de fond était de définir
un cadre dans lequel les divergences d’intérêt des
Etats membres pouvaient être réglées de manière
rationnelle et selon des procédures déterminées et
où des intérêts contradictoires pouvaient être
conciliés et ramenés à des intérêts communs.
Unir les hommes, trouver l’intérêt commun
« Il
me semblait que j’avais toujours suivi la même
ligne continue dans des circonstances différentes,
sous des latitudes différentes, mais avec une seule
préoccupation : unir les hommes, régler les
problèmes qui les divisent, les amener à voir leur
intérêt commun ». « Je n’ai jamais
pensé qu’on pouvait changer la nature des hommes.
Mais en modifiant le contexte dans lequel ils
agissent, en leur donnant les mêmes règles, les mêmes
institutions démocratiques, on peut les amener à se
comporter différemment les uns vis-à-vis des autres.
Dans la Communauté, les Européens apprennent ainsi
à vivre ensemble comme un même peuple. Nous ne
coalisons pas des Etats, nous unissons les hommes ».Jean Monnet, discours, Washington, 30
avril 1952
L’égalité
entre les Etats
L’un des
principaux apports du plan Schuman est la rupture avec
une politique de contre-poids envers l’Allemagne
-celle de Poincaré reprise à la Libération par de
Gaulle- et l’acceptation d’un avenir commun.
A la fin de la
Première Guerre mondiale, l’Allemagne est désignée
comme « responsable de la guerre » et la
diplomatie française a pour principal souci de
« faire payer l’Allemagne ». Pour Jean
Monnet notamment, les constructions hégémoniques
sont incompatibles avec les principes de démocratie
et l’égalité. Pour cette simple raison, aucune
construction hégémonique, de quelque nature que ce
soit, ne pouvait être envisagée comme base d'une
construction européenne.
Le point de départ
du système est la reconnaissance de l’égalité des
droits des participants. Pour des raisons évidentes,
c’est cela qui a emporté l’adhésion enthousiaste
d’Adenauer la première fois que le plan Schuman lui
a été présenté.
« Du
jour où je me suis occupé d’affaires publiques,
j’ai compris que l’égalité était absolument
essentielle dans les rapports entre les peuples comme
entre les hommes. Il n’y a pas de paix durable
lorsqu’elle est fondée sur la discrimination. ».
Jean
Monnet, Mémoires
L’égalité
se révèle aussi importante entre les nations
qu’entre les individus. C’est le fondement de la
confiance réciproque, et donc du rassemblement des
hommes.
Les force des institutions
La
signification institutionnelle de la Communauté paraît
plus importante encore que la signification économico-sociale.
La Communauté modifie véritablement les relations
entre Etats.
Les auteurs du
Plan Schuman ont tenu compte des expériences de la
Société des Nations et ont recherché une meilleure
organisation des pouvoirs. Ils ont surtout voulu aller
beaucoup plus loin dans la voie du transfert des
souverainetés. En 1950, il s’agissait de créer une
institution nouvelle au sens plein du terme, indépendante
de toute idée nationaliste.
Dans un système
de coopération inter-nationale, des Etats
s’associent en vue d’atteindre certains objectifs,
déléguant éventuellement l’exercice de certains
pouvoirs, mais sans renoncer essentiellement à leurs
compétences et à leurs prérogatives d’Etats.
L’expérience supranationale procède tout différemment.
Les six Etats signataires du traité instituant la
Communauté ne se sont pas bornés à inscrire dans un
texte leur volonté de coopérer, ils se sont
dessaisis pour cinquante ans de certaines de leurs
compétences, de certains de leurs pouvoirs, pour les
transférer à une Autorité indépendante vis-à-vis
d’eux, soumise à des contrôles juridictionnels et
parlementaires.
Le Plan Schuman
était donc proprement politique dans son but :
la paix par la création d’une Europe unie et
d’une Allemagne intégrée dans l’Europe mais
aussi dans sa méthode d’abandon de parcelles de
souveraineté à une organisation extérieure aux
Etats, capable de déterminer et de mettre en œuvre
l'intérêt commun.
Les
parlements ratifient vite le traité et, le 10 août
1952, Jean Monnet est nommé président de la
"Haute Autorité" qui s'installe à
Luxembourg. Il déclare alors : "De
quoi s'agit-il ? de rendre graduellement européen ce
qui est national. Les choses suivront dès que les
circonstances le permettront. La forme juridique que
prendra cette Europe, on ne le sait pas."
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Le témoignage
de Max Kohnstamm,
ancien collaborateur de Jean Monnet,
membre de la délégation hollandaise en
charge
des négociations sur le traité CECA
Pour
Monnet, la CECA n'était "que
le début d'un processus pour organiser l'unité
non seulement dans le domaine économique,
mais aussi en matière de politique étrangère,
là où seule une action commune serait à même
de traiter sérieusement les problèmes économiques
et politiques de notre époque."
"L'objectif de Monnet était-il
donc de transformer l'Europe en une nouvelle
superpuissance ? Dans un discours prononcé à
Londres au début des années 60, il a soulevé
lui-même cette question. Et Max Kohnstamm
nous a cité sa réponse : l'unité en Europe
ne crée pas un nouveau genre de grande
puissance. Il s'agit d'une méthode pour
introduire des changements en Europe et, par
voie de conséquence, dans le monde. Les gens
sont tentés de voir la Communauté européenne
comme un Etat potentiel du XIXème siècle,
avec tous les aspects de puissance que cela
implique. Mais nous ne sommes plus au XIXème
siècle et les Européens ont bâti la
Communauté européenne précisément pour
trouver une sortie aux conflits auxquels la
philosophie de puissance du XIXème siècle
avait donné naissance. L'unité européenne
n'est pas un programme, ni une théorie. C'est
un processus qui a déjà commencé,
consistant à réunir les peuples et les
nations pour qu'ils s'adaptent ensemble aux
circonstances changeantes. […] En mai 1950,
le Plan Schuman m'a frappé comme un coup de
foudre, nous a confié Max Kohnstamm. Je me
disais que là se trouvait la solution. Par la
suite, j'ai rencontré Monnet, et il m'a
profondément impressionné. Son projet était
révolutionnaire : créer des liens juridiques
ayant force de loi entre les nations libres
d'Europe occidentale, vainqueurs et vaincus de
la Deuxième Guerre mondiale participant sur
un pied d'égalité à cette communauté européenne.
La Haute Autorité superviserait le développement
et l'essor des industries du charbon et de
l'acier dans les pays du Benelux, en France,
en Allemagne et en Italie, assurant ainsi un
accès égal aux consommateurs et des règles
égales aux producteurs. C'était, en vérité,
une première étape pour assurer une paix
durable en Europe."
Pour Kohnstamm, même des hommes
d'Etat aussi remarquables que Schuman et
Adenauer n'auraient pas pu, en 1950, conclure
un traité de paix entre leurs deux pays. Le
problème de la Sarre, à la frontière entre
le France et l'Allemagne, et des questions
comme le contrôle des industries de la Ruhr,
le rendaient impossible à l'époque. La seule
manière de surmonter les haines et les
craintes mutuelles passait, dans l'esprit de
Monnet, par l'exercice d'une souveraineté
conjointe, se substituant aux souverainetés
nationales." "Face à la
crise, la méthode Monnet" in
Nouvelle solidarité, 9 août 2002
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* * * * *
Membre
de la CEE depuis 1973
Superficie : 43.093 Km2
Population : 5,3 millions d’habitants
Capitale : Copenhague
Monnaie : la couronne (1 Kr. = 0,134
euros). Ce pays est hors zone euro.
Religion : protestant-luthérien à
85,8 % (le chef de l’Etat doit être luthérien)
Langue : le danois appartient au
groupe nordique des langues germaniques, proche du
norvégien, de l’islandais et du suédois. Mais il
se distingue de ces langues par des apports de mots
romans et allemands. Un dialecte frison, proche de
l’allemand, est parlé au sud du Jütland.
Géographie
Le Danemark est une presqu’île de
l’Europe du Nord qui sépare la mer Baltique à
l’est de
la mer du Nord à l’ouest. Par le contrôle des détroits
qui font passer d’une mer à l’autre, le Danemark
occupe donc une position stratégique. Ce pays compte
environ 400 îles (la capitale Copenhague est elle-même
située sur l’île de Seeland) et une péninsule, le
Jütland, qui constitue la majeure partie du
territoire. C’est la raison pour laquelle ce paysage
aux 7.300 Km de côtes a fait des danois un peuple résolument
tourné vers la mer (Copenhague veut dire «port des
marchands »).
Au sud, la seule frontière terrestre est
partagée avec l’Allemagne sur 67 Km.
Le point culminant du Danemark est une
colline de 173 m (Yding Skovhøj).
Océanique, le climat est relativement
tempéré : mars, le mois le plus froid, peut
descendre à
–12°C, et juillet, le mois le plus
chaud, peut atteindre 30°C.
Le Groënland («pays vert ») et
les îles Féroé («îles aux moutons »)
appartiennent au Danemark mais possèdent un statut
d’autonomie qui leur permet de décider
souverainement dans certains domaines. Par exemple,
les îles Féroé ont choisi en 1974 de rester en
dehors de la CEE. Le Groënland, lui, adhère à la
Communauté en 1973, mais la quitte en 1985, par un référendum
de 1982 qui voit le «oui au retrait »
l’emporter à 52 %.
Institutions et
politique
Le Danemark est
une monarchie constitutionnelle, ce qui signifie que
dans la constitution danoise, le chef de l’Etat est
une reine (ou un roi) qui doit nommer un chef de
gouvernement en fonction de l’issue des élections législatives.
Ces élections désignent 179 députés tous les 4
ans, qui vont siéger dans l’unique chambre du pays,
le Folketing
(le Parlement). A noter que la deuxième chambre, le Sénat
(Landsting),
a été supprimée en 1953.
Depuis 1972,
Margrethe II est reine du Danemark. Elle serait issue
d’une lignée commencée avec Gorm le Vieux il y a
1000 ans. Elle a épousé Henri de Laborde de
Montpezat, un Français du Querçy, devenu depuis le
Prince Henrik de Danemark.
L’actuel chef du gouvernement est le
Premier ministre Anders Fogh Rasmussen, chef du Parti
libéral, vainqueur des élections législatives du 20
novembre 2001.Pour la première fois depuis
72 ans, les électeurs ont porté au pouvoir
une majorité de droite au Folketing.
Le
Danemark et l’Union européenne
En juin 1992, un premier référendum
rejeta l’adhésion au traité de Maastricht avec
50,7% de non. Au pouvoir de 1993 à 2001, le Premier
ministre social-démocrate (gauche) Poul Nyrup
Rasmussen, artisan d’un «compromis national »,
négociateur de mesures de transition avec la
Communauté européenne, parvint à faire accepter par
un nouveau référendum en mai 1993 le traité de
Maastricht amendé avec 56,8 % des voix (les Danois
ratifiaient le traité sans la clause de la monnaie
unique et sans participer à la Politique étrangère
et de sécurité commune). De nouveau, par un référendum
tenu le 28 septembre 2000, le peuple danois avait
rejeté l’adhésion de son pays à la zone euro par
une majorité de 53 % des voix. Selon un sondage de
septembre 2002, 61 % des Danois seraient favorables à
l’euro (institut
Megafon).
Présidence de l’Union européenne
La présidence de l’Union européenne
est assurée à tour de rôle par chaque Etat membre.
Depuis le 1er juillet 2002, le Danemark a
succédé à l’Espagne pour 6 mois avant de laisser
la présidence à la Grèce au 1er janvier
2003. A ce titre, le Danemark s’est engagé à
concentrer ses efforts sur : l’achèvement des
négociations propres à l’élargissement ; la
liberté, la sécurité et la justice ; le développement
économique durable ; la sécurité alimentaire
et les responsabilités de l’Union européenne sur
le plan mondial.
Concernant
l’élargissement, le Conseil européen des chefs
d’Etat et de gouvernement de Copenhague des 12 et 13
décembre 2002 devra établir la liste des pays
candidats remplissant les conditions requises pour
l’adhésion à l’UE. En effet, une dizaine de pays
sont sur le point d’achever le long cycle de négociations
et pourraient rejoindre l’Union en 2004.
Histoire
Le Danemark est l’une des plus
anciennes monarchies d’Europe.
Descendus de Scandinavie, les Vikings
s’installent dans le pays vers 500 apr. J.-C. Parmi
eux, les Danois prennent une grande part aux expéditions
en Angleterre et dans le royaume des Francs où ils sèment
la terreur. Vers la fin du VIIIème siècle, des clans
danois commencent à former un royaume qui s’étend
de la Suède jusqu’en Allemagne. Le nom «terre des
Danes » apparaît pour la première fois vers
940 : c’est la fin de l’ère viking. La
conversion des Danois au christianisme commence avec
le baptême vers 960 de Harald à la Dent bleue :
c’est le début du royaume du Danemark.
Le drapeau danois est l’un
des plus vieux du monde.
Selon la
légende, l’origine du drapeau danois remonte à
une bataille entre le roi Valdemar II et les
Estoniens, en 1219, pendant laquelle des éclairs
blancs découpèrent le ciel de feu. Ce signe, venu
de Dieu, redonna courage aux soldats danois et leur
permit d’obtenir
la victoire. Le «dannebrog » (du frison dan
– rouge et broge
– pièce de tissu colorée) fut officiellement
adopté par la famille royale en 1397.
Les
Danois sont très attachés à leur drapeau et ne
manquent pas une occasion pour l’arborer.
Jusqu’au XIVème
siècle, la dynastie des Valdemar a consolidé le
royaume du Danemark pour en faire un Etat fort,
dominant toute l’Europe du Nord : c’est
l’Union de Kalmar, en 1397, qui réunit en un seul
Etat le Danemark, la Suède et la Norvège. L’union
avec la Suède prendra fin en 1521, mais l’union
avec la Norvège se prolongera jusqu’en 1814 !
En 1536, la Diète
danoise impose le luthéranisme comme religion
d’Etat ce qui provoque une guerre civile : la
persécution s’abat sur les non-protestants et en
1624 la peine de mort est décrétée contre les prêtres
catholiques.
Le XVIIème siècle
est placé sous le signe de l’absolutisme royal
(constitution de 1665) avec l’appui de la
bourgeoisie et du clergé luthérien : le
souverain est tout puissant, comme dans la plupart des
monarchies européennes. Sous le règne de Frédérik
VII, le régime s’assouplit, l’absolutisme est
abandonné et le pays se dote en 1849 d’une nouvelle
constitution plus libérale fondée sur la séparation
des pouvoirs.
Après la défaite écrasante des
conservateurs (qui ne souhaitaient pas étendre le
suffrage universel à toutes les élections) en 1901,
le roi doit s’incliner devant le régime
parlementaire et appelle au pouvoir les partis de
gauche. La constitution de 1915 accorde le suffrage
universel à tous et surtout aux femmes (en France, le
vote des femmes est accordé en 1944).
Neutre pendant
les deux guerres mondiales, le pays est cependant
envahi sans combats par les nazis dès avril 1940. Le
roi est emprisonné, la police danoise refuse de
collaborer avec l’occupant et 20 navires de la
marine danoise sont sabordés.
Après la
guerre, le Danemark adhère à l’OTAN en 1949 et
principal partenaire commercial du Royaume-Uni, il
rejoint l’AELE (Association européenne de libre-échange)
en 1959. Si bien qu’en 1973, lorsque le Royaume-Uni
intègre la C.E.E., le Danemark rejoint aussi le Marché
commun, source de débouchés pour ses exportations de
beurre, de lait et d’œuf (en 1970, l’agriculture
danoise assurait les ¾ des exportations du pays).
Arts, sciences
et culture
Les contes de
Hans-Christian Andersen (1805-1875) notamment Le vilain petit canard, et La
petite sirène (1837) sont de renommée mondiale.
La
petite sirène
Dernière
fille du Roi de la mer, elle sacrifia sa voix et sa
queue en écailles pour gagner l’amour d’un
prince dont elle avait sauvé la vie au cours
d’une tempête. Le prince la repoussa, elle se
jeta alors à la mer, son corps se transforma en écume
et elle devint un ange.
Dans le port de
Copenhague, le sculpteur Edvard Eriksen a façonné
une statue en bronze de la petite sirène en 1913,
en prenant sa femme pour modèle. Plusieurs fois la
statue a été vandalisée (tête et bras arrachés),
mais elle fut toujours restaurée. Elle demeure
l’un des grands symboles du Danemark.
La ferme africaine de Karen
Blixen (1885-1962) a connu un grand succès, notamment
par son adaption au cinéma (Out
of Africa avec Robert Redford et Meryl Streep).
Bertel
Thorvaldsen (1768-1844) est reconnu comme l’un des
plus grands sculpteurs danois, notamment par la décoration
de la cathédrale de Copenhague et son chef-d’œuvre
Le Christ et les
12 Apôtres.
Les Danois sont
célèbres pour leur maîtrise du design.
L’un des grands designers danois est Arne Jacobsen
(1902-1971), fameux pour ses réalisations dans le
domaine du mobilier, voire certains appareils ménagers
(escaliers, meubles, chaises, casseroles, couverts,
robinets mitigeurs, etc.). Le design danois mêle la
finesse et l’esthétisme à une simplicité et une
solidité à toute épreuve.
Au printemps
1995, le réalisateur Lars Von Trier a présenté une
nouvelle formule cinématographique. Avec la complicité
de son collègue, Thomas Vinterberg, ils ont créé un
ensemble de règles qui exige l’utilisation d’extérieurs
authentiques sans accessoires, une caméra tenue à la
main, la proximité du temps et du lieu d’action, et
proscrit les effets spéciaux et «l’action
superficielle ». Ce mouvement, «manifeste
Dogme 95 », a mis le cinéma
danois à l’ordre du jour et connu un certain succès
international.
Le Danemark a
contribué à la science
grâce à des savants comme Tycho Brahe (1546-1601),
qui par ses travaux, permît à son disciple,
l’astronome allemand Kepler, la découverte des lois
régissant le mouvement des planètes, Ole Rømer
(1644-1710) qui calcula la vitesse de la lumière,
Niels Bohr (1885-1962) qui reçut le prix Nobel de
physique en 1922 pour ses travaux sur la fission de
l’atome ou encore Henrik Dam (1895-1976), lui aussi
prix Nobel, qui révéla la vitamine K, nécessaire à
la coagulation sanguine.
Folklore et
gastronomie
Des défilés,
des foires et des animations sont organisés le 5 juin
pour la fête nationale, en mémoire de l’adoption
de la première constitution, en 1849.
Le 23 juin, à
la Saint-Jean, des bûchers sont allumés toute la
nuit dans la campagne et le long des côtes pour célébrer
le solstice d’été.
A la
Saint-Martin, le 11 novembre, pour marquer le début
du jeûne avant Noël, on mange l’oie en famille.
Bien entendu,
le père Noël («Julemanden ») apporte les
cadeaux le soir du 24 décembre.
Au cours de ces
festivités, vous pourrez goûter notamment, au hareng
mariné (au curry, à l’aneth, à la crème,...),
aux œufs brouillés à l’anguille fumée, aux
boulettes de porc et veau (« frikadeller »),
à du gibier rôti ou du porc rissolé. Le tout servi
avec un des 200 pains danois au choix («smørebrød »)
et arrosé d’une bière Carlsberg
ou Tuborg.
Après un café, dont les Danois sont grands
consommateurs, les plus grands dégusteront (avec
beaucoup de modération) l’akvavit,
une eau-de-vie très forte à base de pomme de terre.
Pour
s’amuser, les plus jeunes retiendront la célèbre
petite brique danoise, le Lego ainsi que son parc
d’exposition Legoland.
Le Danemark est le royaume de la «petite reine » :
Un Danois sur deux possède une bicyclette. A
Copenhague, les city
bikes (vélos de ville) sont disponibles depuis
1995 moyennant une caution de 20 couronnes (2,68
euros). Vous pouvez alors vous déplacer dans la ville
à tout moment de la journée pour notamment rejoindre
le plus grand parc d’attraction de l’Europe du
Nord, les Jardins
de Tivoli,
ou s’arrêter à un embarcadère pour monter sur un
ferry qui vous emmènera sur les canaux. Au fil de
l’eau, vous apercevrez peut-être sur une île une
ancienne garnison militaire désaffectée et squattée
il y a une trentaine d’années, Christiania, devenue un véritable marché artisanal.
*
* * * * *
Priorités
de la Présidence danoise de l'Union européenne :
juillet-décembre
2002
La présidence de l'Union européenne
est assumée à tour de rôle par chaque Etat membre.
C'est le Danemark qui succède à l'Espagne à compter
du 1er juillet 2002. Il a donc présenté les thèmes
qui sont prioritaires pour lui et qu'il souhaite voir
avancer d'ici la fin de sa présidence. Le mot d'ordre
de cette présidence est "une seule Europe",
ce qui implique en priorité de mener à bien le futur
élargissement.
Placées sous le signe de la
transparence, les priorités de la présidence danoise
s'articulent autour de cinq thèmes: l'achèvement des
négociations relatives à l'élargissement; la liberté,
la sécurité et la justice; le développement économique
durable; la sécurité alimentaire et les
responsabilités de l'Union européenne sur le plan
mondial.
A ces thèmes principaux s'ajoute la nécessité de préparer
les institutions de l'Union à l'élargissement et
plus particulièrement le Conseil de l'Union européenne
selon les décisions, prises lors du Sommet européen
de Séville (juin 2002) concernant son organisation et
son fonctionnement. Enfin, un élan supplémentaire
sera donné à la discussion sur l'avenir de l'Union
européenne, en vue de la conférence
intergouvernementale de 2004. Le parlement danois
renforcera également la coopération entre les
parlements nationaux.
LES
NEGOCIATIONS RELATIVES A L'ELARGISSEMENT
Objectif
principal du Danemark, les négociations en vue de l'élargissement
devront aboutir fin 2002. Le Conseil européen de
Copenhague en décembre devra établir la liste des
pays candidats qui remplissent les conditions requises
pour l'adhésion. Dix des pays candidats sont sur le
point de remplir ces conditions et sont donc
susceptibles d'adhérer à l'Union européenne en
2004, il s'agit de: Chypre, l'Estonie, la Lettonie, la
Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie, la Slovénie,
la République Tchèque et la Hongrie. Cependant
certaines questions difficiles sont encore en
discussion, comme la politique agricole commune. Des
efforts doivent également être fournis concernant la
capacité administrative ou le soutien de la
population à l'adhésion. En outre, la présidence
danoise devra contribuer à l'élaboration de la
position de l'Union européenne sur les questions
financières relatives à l'élargissement.
S'agissant des autres pays désirant
adhérer mais ne remplissant pas les conditions nécessaires,
la Bulgarie et la Roumanie, la présidence entend
faire progresser significativement les négociations.
Elle travaillera également au rapprochement avec la
Turquie et renforcera les liens avec les nouveaux
voisins de l'Union (Ukraine, Biélorussie et
Moldavie).
LIBERTE,
SECURITE ET JUSTICE
* Lutte contre
le terrorisme
L'Union européenne
va poursuivre la lutte contre le terrorisme, notamment
dans le cadre de sa politique étrangère et de sécurité
commune et en insérant des clauses anti-terrorisme
dans les accords avec les pays tiers. Elle aura également
un rôle à tenir au sein de l'ONU et dans les autres
enceintes internationales : maintien d'une coalition
internationale, élaboration de conventions,
non-prolifération, prévention du terrorisme... Le
Danemark souhaite également insister sur la nécessité
de mener une politique de développement et de soutien
à la démocratie pour lutter efficacement contre le
terrorisme.
* Lutte contre la criminalité
L'élargissement implique un
renforcement de la coopération judiciaire et policière
en matière pénale et un renforcement du contrôle
aux frontières. Ainsi, le système électronique
d'information Schengen devra être développé.
L'action anti-drogue de l'Union devra également être
poursuivie, notamment dans la prise en charge des délinquants
toxicomanes. Enfin, les échanges entre les différentes
polices et les parquets des Etats membres devront être
améliorés, ainsi que la coopération douanière
(empreintes digitales, antécédents judiciaires,
reconnaissance mutuelle des décisions de justice).
* Asile et immigration
Dans la continuité de Séville,
la présidence danoise juge prioritaire de déterminer
quel pays doit traiter une demande d'asile, de donner
une définition commune de la notion de réfugié et
de garantir un traitement égalitaire aux
ressortissants des pays tiers. Seront également
poursuivis les travaux en vue de la création d'une
base de données européenne des visas, de la mise en
place d'officiers de liaisons, de l'inclusion dans les
accords avec les pays tiers de la gestion des flux
migratoires, de la lutte contre l'immigration
clandestine.
LE
DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DURABLE
La lutte contre
le chômage est un objectif majeur pour le Danemark.
Il se donne pour objectif de terminer les travaux sur
la fiscalité avant la fin de l'année pour que les
différents régimes fiscaux soutiennent mieux le
marché intérieur afin d'éviter la double
imposition, l'évasion fiscale...
La présidence danoise s'emploiera également à améliorer
les transports, à développer la société de
l'information, à ouvrir le marché énergique, à
moderniser les règles de concurrence et du marché
intérieur (assurances, crédit, retraites, marché
public...). Parallèlement, l'accent sera mis aussi
sur la protection de l'environnement et la gestion des
ressources. Le Danemark s'engage également à
favoriser l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto
et à jouer un rôle clé lors du sommet modial de
Johannesburg sur le développement durable.
LA
SECURITE ALIMENTAIRE
Les efforts
doivent se porter sur la poursuite de la réforme de
la PAC en insistant sur les caractères sains et surs
des produits, sur la sécurité alimentaire et le
bien-être des animaux. La réforme de la pêche est
également à l'ordre du jour. Il s'agit d'assurer
l'avenir de ce secteur tout en préservant les
ressources naturelles. La présidence danoise entend
insister sur une gestion viable à long terme de la pêche
et sur la nécessité d'épargner les stocks de
poisson et le milieu marin. Cette réforme doit tenir
compte de l'importance économique de ce secteur et
des impératifs de protection du milieu marin.
LES
RESPONSABILITES SUR LE PLAN MONDIAL
L'Union a de
plus en plus vocation à assurer la paix et la
stabilité dans le monde. Il est prioritaire pour la
présidence danoise de poursuivre dans ce cadre le développement
de la politique étrangère et de sécurité commune.
Concernant la politique de défense commune, le
Danemark ne souhaitant pas conduire la politique européenne
dans ce domaine, les travaux du Conseil seront menés
par la Grèce.
La politique européenne de sécurité et de défense
commune sera renforcée. Les capacités militaires
doivent être développées afin d'améliorer le déroulement
des missions de l'Union en matière de gestion de
crises. La présidence danoise entend contribuer à la
mise en oeuvre d'un programme de prévention des
conflits. Elle désire aussi rendre plus efficace
l'action européenne en matière de droits de l'Homme
et de promotion de la démocratie.
La présidence danoise appuiera la participation des
pays en développement au commerce mondial et
renforcera les liens avec les pays tiers (Russie,
Etats-Unis, Balkans occidentaux, Asie...).
Lectures
utiles :
- site de la présidence danoise: http://www.eu2002.dk/
Auteur : Sources d'Europe, Centre
d'Information sur l'Europe
*
* * * * * * * * *
discours
de Victor Hugo au Congrès de la Paix d’août 1849
In Cahiers Européens d’Houjarray n°4,
automne 2002
Audrey SORIA
Le 22 août
1849, Victor Hugo ouvre, à Paris, le premier congrès
de la paix dont il est président. Il prononce à
cette occasion un discours important pour l’Europe.
« Un jour viendra où les armes vous tomberont
des mains, à vous aussi ! Un jour viendra où la
guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi
impossible entre Paris et Londres, entre Pétersbourg
et Berlin, entre Vienne et Turin, qu’elle serait
impossible et qu’elle paraîtrait absurde entre
Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour
viendra où vous France, vous Russie, vous Angleterre,
vous Allemagne, vous toutes les nations du continent,
sans perdre vos qualités distinctes et votre
glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement
dans une unité supérieure, et vous constituerez la
fraternité européenne, comme la Normandie, la
Belgique, la Lorraine, l’Alsace, toutes nos
provinces se sont fondues dans la France ».
Lorsqu’il se
présente devant ce congrès, Victor Hugo a
déjà une carrière féconde de poète et
d’auteur dramatique. Dans les vingt ans qui précèdent
ce mois d’août 1849, Victor Hugo n’a semblé
vivre que pour son art. Et pourtant, sa volonté d’être
acteur de la société était sous-jacente, présente
dans ses actes, _ son aversion de la guillotine est
ancienne _ présente dans ses textes aussi.
Lorsqu’il publie en 1840 un recueil intitulé Les
Rayons et les Ombres, un poème attire
l’attention. Victor Hugo écrit alors que l’une
des fonctions du poète est d’être engagé dans le
monde. « Le
poète en des jours impies / Vient préparer des jours
meilleurs / Il est l’homme des utopies … / Il se
voit, quand les peuples végètent ! / Ses rêves,
toujours pleins d’amour, / Sont faits des ombres que
lui jettent / Les choses qui seront un jour … /
Peuples ! Ecoutez le poète ! / Ecoutez le rêveur
sacré ! / Dans votre nuit, sans lui complète /
Lui seul a le front éclairé ! / Des temps
futurs perçant les ombres, / Lui seul distingue en
leurs flancs sombres / Le germe qui n’est pas éclos ».
La Révolution de février 1848 est l’occasion, pour
Victor Hugo, de s’engager concrètement. En juin
1848 il est élu député à l’Assemblée Nationale.
En juillet 1849 il soutient, de son autorité morale
et charismatique, la proposition de constituer une
commission parlementaire destinée à enquêter sur la
condition morale et matérielle du peuple : il
prononcera, devant l’Assemblée, un discours sur la
pauvreté. Enfin, en août 1849, il accepte, à la
demande de ses amis français et anglais, la présidence
du congrès de la paix.
Ce congrès est avant tout un congrès pacifiste, avec
en son cœur, une question fondamentale : comment
maintenir la paix en Europe, à un moment où les révolutions
de 1848 ont fait apparaître le désir d’autonomie
et de libéralisation de nombreux peuples européens
soumis à des monarchies ou des empires autocratiques.
L’Europe doit d’abord se construire sur la base de
la dignité des peuples. Seuls des peuples libres et démocratiques
peuvent penser l’Europe. A ce titre, il convient de
rappeler que, dès 1837, un mouvement « Jeune
Europe » avait été créé, dans le but de réunir
des associations nationales autour de la notion de
solidarité inter-européenne. Le Printemps des
Peuples, qui éclot en 1848, est d‘abord celui de la
souveraineté de chaque nation, de la fraternité des
peuples et du rassemblement des Européens autour
d’espérances communes : la démocratie, le
progrès et l’égalité. L’égalité constitue
justement le second axe de cette vision de l’Europe
de 1849. Pour les congressistes, il s‘agit de mettre
fin à la diplomatie de
l’équilibre, telle qu’elle avait été définie
au Congrès de Vienne, et de lui substituer une
diplomatie des alliances dans l’égalité.
L’arbitrage, reposant sur le droit des
nations, permettrait de mettre fin aux affrontements
entre nations européennes. Ainsi, au cours de la séance
du congrès de Paris du 24 août 1849, les
congressistes demandent-ils la suppression des
emprunts et des impôts destinés à alimenter les
guerres d’ambitions et de conquêtes. Pour exécuter
cet arbitrage, ils prévoient une « cour suprême
à laquelle seraient soumises toutes les questions qui
touchent aux droits et aux devoirs réciproques des
nations ».
Les Etats-Unis d’Europe, appelés de ses vœux par
Victor Hugo, s’inscrivent tout à fait dans cette
vision pacifiste et humaniste. L’établissement
d’un congrès européen, chargé de résoudre les
conflits et d’éliminer les injustices, porté par
une légitimité électorale issue du suffrage
universel, consoliderait des liens déjà existants
entre les nations d’Europe. La construction
politique, renforçant la civilisation européenne,
viendrait ajouter au culturel, au social et à l’économique,
le politique. En outre, « un
jour viendra où l’on verra ces deux groupes
immenses les Etats-Unis d’Amérique et les
Etats-Unis d’Europe, placés en face l’un de
l’autre, se tendrent la main par-dessus les mers, échangeant
leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs
arts, leur génie ».
Hélas, ce congrès porte en lui-même ses propres
limites. Tout d’abord les débats ont quelquefois
abouti à des propositions utopiques et abstraites,
relevées par la presse de ce mois d’août 1849.
Ainsi en est-il du concept même d’Etats-Unis
d’Europe : fédération, confédération, la
question n’a pas été posée. Les institutions
européennes ne sont pas décrites. Le parlement européen,
organe d’arbitrage est-il au-dessus des lois
nationales (possédant des moyens de contraintes), ou
bien ne peut-il que proposer en espérant être suivi ?
Autre question non résolue : quelle Europe ?
Où s’arrête l’Europe ? Parmi les
congressistes on a pu noter une sur-représentation
des Anglais (plus de 600), et la présence nombreuse
d’Américains, de Hollandais, de Belges et de Français.
Point de Russes. Peu d‘Italiens. Pas d’Allemands.
Pour les Italiens et les Allemands, leur priorité,
après le Printemps des Peuples, est l’unité
nationale. Quant aux
sujets de l’empire austro-hongrois, ils évoluent,
dès l’automne 1848, vers une autre conception
d’Europe : plutôt que les Etats-Unis
d’Europe, ils vont penser la Mitteleuropa.
Et
Victor Hugo ?
Son
discours a marqué les esprits, à tel point qu’il
fait figure de créateur de l’expression des
« Etats-Unis d’Europe ». Toutefois, lui
aussi, est plongé, après le coup d‘état du prince
Napoléon Bonaparte, dans les questions de politique
intérieure. Ses combats deviennent ceux d’un exilé,
qui lutte pour le retour de la démocratie en France.
Mais il n’oublie pas pour autant son rêve prémonitoire.
Pour le 80ème anniversaire de la fête de
la Fédération du 14 juillet 1790, il plante, dans
son jardin de Guernesey, le » Chêne des
Etats-Unis d’Europe ». En 1874, il adresse un
message aux participants du congrès de la paix de
Lausanne, dans lequel il parle pour la première fois
des Etats-Unis d’Europe comme d’une fédération
européenne. En 1881, il ajoute un codicille à son
testament, et lègue ses écrits et dessins à la
bibliothèque nationale de
Paris « qui sera un jour la bibliothèque
des Etats-Unis d’Europe ».
Audrey Soria
Docteur en histoire, chargée de cours à l’université
Lyon III
Bibliographie:
* Textes réunis par Pascal Ory ,
1998, l’Europe ?
l’Europe, édition Omnibus (contient les différents
textes de Victor Hugo sur l’Europe
* André et Danielle Cabanis , 2002,
l’Europe de
Victor Hugo : le prophète des Etats-Unis
d’Europe, éditions Privat, collection
« imaginaire de l’Europe », 2002
* Evelyne Lejeune-Resnick, 1991, «L’idée
d’Etats-Unis d’Europe au congrès de la Paix de 1849 »
in Revue d’histoire du XIX° siècle, n°7, pp65-72.
VICTOR
HUGO : FICHE PRATIQUE
Une association :
La Société
des Amis de Victor Hugo, dont on trouvera la présentation
sur le site www.victorhugo.asso.fr
Présidente
d’honneur : Mme Jean Hugo
Adresse :
133, Boulevard Raspail
750006 –
PARIS
Mail. : amis.hugo@wanadoo.fr
Publications :
Parmi un très
grand nombre de publications ces derniers mois, citons ,
dans la dimension historique, la revue Histoire,
numéro spécial 261, janvier 2002, très riche en bagage
critique et ressources diverses (sites Internet,
expositions, manifestations, etc…).
Le Parisien du
dimanche 3 mars fournit un plan du Paris de Victor Hugo très
pratique (domiciles de Victor Hugo, sites des Misérables,
sites de Notre-dame de Paris).
Manifestations :
La plupart ont
déjà eu lieu.
*
Citons le spectacle inattendu de 180 élèves
s’affrontant sur la scène de la Comédie française le 3
avril 2002 dans le spectacle Réminiscences
d’Hernani.
*
A Besançon : - au Musée des Beaux Arts, V.
Hugo vu par Rodin, jusqu’en janvier 2003
-
au
Petit Kursaal: colloque Victor Hugo
politique du 11 au 13 décembre 2002
(renseignements :
03 81 61 50 50)
-
le
CRDP de l’académie de Besançon propose à cette occasion
des éditions
exceptionnelles, disponibles sur son site
internet : www.crdp.ac-besançon.fr
Des lieux :
1- Maison de
Victor Hugo à Paris,
4, Place des
Vosges
75004 – PARIS
Métro Bastille
ou Saint-Paul
Tel : 01
42 72 10 16
Fax : 01
42 72 06 54
2- Maison de
Victor Hugo à
Guernesey : Hauteville House
3- Musée
Victor Hugo à Villequier, Seine Maritime (02 35 56 91 86)
Des sites Internet :
Il en existe un
très grand nombre, dont beaucoup sont nés à
l’occasion de la célébration du bicentenaire (Cf.
revue Histoire déjà citée, p.106)
Citons, parmi
les plus riches ou les plus précieux :
-
www.Civiseuropeanus.org/idea/hugo.html
(qui fournit le discours de Hugo au Congrès
international de la Paix de 1849)
-
http://grouphugo.div.jussieu.fr
|