| Vers une Constitution pour l’Europe
Après seize mois de travail et quarante-huit jours de séance plénière, le projet de Constitution européenne a été adopté par les 105 conventionnels en session plénière le 13 juin 2003 et présenté aux chefs d'Etat et de gouvernement le 20 juin 2003 lors du sommet européen de Thessalonique.
Tous les traités précédents sont remplacés par un texte commun, conçu comme une constitution. Un préambule rappelle l’objectif historique de l’entreprise européenne en mentionnant que l'Europe est un "continent porteur de civilisation" dont les habitants ont développé "les valeurs qui fondent l'humanisme: l'égalité des êtres, la liberté, le respect de la raison". La première partie du Traité constitutionnel est la plus politique: c'est elle qui donne les principales dispositions sur l'architecture de l'Union.
Le titre I établit l'Union, énonce ses valeurs et ses objectifs, et lui confère la personnalité juridique.
Le titre II de la première partie est consacré aux droits fondamentaux et à la citoyenneté de l'Union.
Le titre III rappelle les principes de spécialité, de proportionnalité et de subsidiarité qui régissent l'attribution des compétences de l'Union, mais il répartit également de façon plus claire ces compétences en compétences exclusives (par exemple union douanière, politique commerciale, gestion monétaire de l'euro), compétences partagées avec les Etats membres (par exemple marché intérieur, agriculture, transports, environnement), domaines d'appui aux Etats (par exemple éducation, culture, santé). Il donne aussi à l'Union une compétence pour coordonner les politiques économiques des Etats membres et pour définir une politique étrangère et de sécurité commune (y compris une politique de défense commune).
Le titre IV définit les institutions de l'Union, et notamment son "cadre institutionnel unique" constitué du Parlement européen, du Conseil européen, du Conseil des ministres, de la Commission européenne et de la Cour de Justice. C'est là que sont retranscrites plusieurs innovations majeures de la Constitution par rapport au système actuel.
La deuxième partie de la Constitution reprend la Charte européenne des droits fondamentaux, telle qu'elle a été proclamée et signée au sommet de Nice (décembre 2000).
La troisième partie de la Constitution définit plus précisément les politiques et les actions de l'union: marché intérieure, politique économique et monétaire, sécurité intérieure, action extérieure, défense… La quatrième partie s'ouvre par "les signes de l'Union", que les Conventionnels ont ajouté à la fin de leurs travaux, et qu'ils n'ont pu intégrer à la première partie déjà terminée. Il s'agit du drapeau européen (le cercle de douze étoiles sur fond bleu), de l'hymne de l'Union (tiré de l'Ode à la joie de la neuvième symphonie de Beethoven), de la devise de l'Union ("unie dans la diversité"), de la monnaie de l'Union (l'euro), et de la journée de l'Europe (9 mai).
Selon Jacques Chirac, le projet élaboré constitue : "la meilleure synthèse possible des préoccupations de chacun " et traduit un subtil équilibre entre les différentes institutions communautaires, de même qu'entre " petits " et " grands " pays de l'Union.
Les quatre principales innovations du texte sont les suivantes :
- Un poste de Président du Conseil européen sera créé. Son rôle consisterait à animer et à préparer les travaux des sommets trimestriels du Conseil européen. Il sera élu par le Conseil à la majorité qualifiée pour une durée de deux ans et demi renouvelable une fois. Cette réforme met fin au système actuel de présidence tournante, mais la nature de la présidence reste la même. En effet, le Président de l'Union n'aura pas de pouvoir exécutif, ni d'administration, afin d'éviter une éventuelle rivalité avec le président de la Commission.
- Un poste de ministre européen des Affaires étrangères sera créé. Il sera nommé par le Conseil européen à la majorité qualifiée avec l'accord du président de la Commission. Ce ministre endossera les responsabilités de l’actuel commissaire chargé des relations extérieures et du Haut Représentant du Conseil pour la politique étrangère et de sécurité commune et garantira ainsi à l'UE une plus grande visibilité sur la scène internationale. Cependant, les propositions de ce ministre devront être adoptées à l'unanimité.
- La Commission comportera 15 membres à partir de 2009. Les conventionnels prévoient en effet une rotation des commissaires sur une base égalitaire. Le Président de la Commission sera quant à lui élu par le Parlement à la majorité simple sur proposition du Conseil.
- Le vote à la majorité qualifiée a été étendu à 36 nouveaux domaines dont la culture et la coopération judiciaire et policière. Le droit de veto (vote à l’unanimité) est cependant maintenu en matière de fiscalité, de sécurité sociale et de politique étrangère. Dans les domaines soumis à la majorité qualifiée, une décision pourra être adoptée si elle obtient le soutien d'une majorité d'Etats membres représentants au moins 60% de la population européenne.
Enfin, le projet de Constitution envisage la possibilité pour un Etat membre de quitter volontairement l'UE selon certaines modalités.
L'accueil réservé par les chefs d'Etat et de gouvernement au projet présenté par Valéry Giscard d'Estaing le 20 juin a été qualifié de " chaleureux ". Le projet recueille en effet un large soutien. Le Premier Ministre grec Costas Simitis a souligné l'importance de l'événement : " Pour la première fois dans l'histoire de l'Europe, nous avons un projet de Constitution ". Certains dirigeants de l'Union européenne, dont Gerhard Schröder, ont même déclaré qu'ils seraient prêts à l'adopter telle quelle.
Cependant certains dirigeants se sont montrés beaucoup plus réservés. C'est le cas notamment de José maria Aznar, le Premier Ministre espagnol, qui a exprimé ses réticences vis-à-vis du nouveau mode de calcul de la majorité qualifiée, qui affaiblira le pouvoir de blocage conféré à Madrid par le Traité de Nice. Le Premier Ministre polonais, Leszek Miller, a également regretté qu'une référence explicite au Christianisme n'apparaisse pas dans le projet constitutionnel. L'Autriche a, quant à elle, pris la tête des petits pays qui craignent un directoire des grands et défendront le statu quo lors de la conférence intergouvernementale (CIG).
La Commission a également fait savoir qu'elle regrettait que le droit de veto des Etats ait été maintenu dans un nombre important de domaines dont la fiscalité et la politique étrangère.
Tous s'accordent à dire qu'il s'agit tout de même " d'une bonne base de départ " pour les discussions qui ont débuté le 4 octobre dans le cadre de la CIG qui devra adopter la version définitive de la Constitution européenne. Les travaux de la CIG devront être finalisés de préférence avant la fin de l'année 2003, de manière à ce que le processus de ratification de la Constitution (par voie référendaire ou parlementaire) puisse être lancé avant le premier mai 2004, date effective de l'entrée de l'Union des dix nouveaux Etats membres.
La Conférence intergouvernementale (CIG)
La Conférence intergouvernementale qui s’est ouverte le 4 octobre 2003 est la sixième de l’histoire de la construction européenne. Elle doit examiner le projet de traité établissant une Constitution pour l’Europe. Celle-ci vise à remplacer l’ensemble des traités en vigueur par un texte unique et simplifié. Conformément à l’article 48 du Traité sur l’Union européenne, chaque révision des traités est négociée par une Conférence intergouvernementale (CIG) réunissant les représentants des gouvernements des Etats membres . La Commission participe aux travaux et le Parlement européen y est associé.
La CIG doit adopter à l’unanimité le traité qui devra ensuite être ratifié par tous les Etats membres selon des modalités qui leur sont propres (voie parlementaire ou voie référendaire).
Cette Conférence intergouvernementale est la première de l’Union élargie à vingt-cinq : les dix pays dont l’adhésion est prévue le 1er mai 2004 participeront à la négociation sur un pied d’égalité avec les actuels membres de l’Union. Le traité instituant la Constitution européenne ne sera signé qu’après cette date et avant les prochaines élections européennes du 13 juin 2004.
Elsa Glombard
Marine Gouedard
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L’Italie
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Le colisée de nuit (Rome)
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Membre de la CE depuis 1957 (membre fondateur de la CECA en 1951)
Superficie : 301.308 Km2.
Population : 58 millions d’habitants.
Capitale : Rome.
Monnaie : l’euro (anciennement la lire).
Religion : chrétien catholique à 99,6 %.
Langue : l’italien (toscan littéraire) est la langue officielle de l’Etat. Un dialecte issu du français est parlé dans les Alpes (Val d’Aoste) alors que dans l’Adige/Tyrol on emploie un idiome issu de l’allemand. |
Ø Géographie
L’Italie est une péninsule de l’Europe du Sud, baignée par la mer Méditerranée, qui sépare la mer Tyrrhénienne, à l’ouest, de la mer Adriatique, à l’est. Ce pays compte environ 8.500 km de côtes et possède quelques grandes îles comme, la Sicile, la Sardaigne, ainsi que d’autres plus petites, dont Elbe (qui retint Napoléon en captivité), Capri et des îles volcaniques comme celle du Stromboli dans l’archipel des Eoliennes ou Lipari. Sur le continent, certains volcans sont encore en relative activité, comme l’Etna en Sicile ou le Vésuve, près de Naples, qui détruisit la ville romaine de Pompéï en 79 après J.-C.
Au nord, la frontière terrestre de l’Italie est partagée avec la France, la Suisse, l’Autriche et la Slovénie. A noter la présence enclavée de l’un des plus petits Etats du monde, la cité pontificale du Vatican à Rome.
Ce pays montagneux est traversé du nord au sud par la chaîne des Apennins (2.914 m dans les Abruzzes), le point culminant de l’Italie étant le Mont Blanc de Courmayeur, dans les Alpes, à 4765 m.
Continental et parfois montagnard au nord, le climat apporte un hiver froid et un été chaud dans la partie septentrionale, alors qu’au sud il est méditerranéen et entraîne des hivers doux, des pluies courtes mais violentes et des étés secs.
Ø Institutions et politique
L’Italie, après avoir été une monarchie depuis son unification en 1861, est une république depuis 1946 : le chef de l’Etat est un président élu pour 7 ans, qui doit nommer un chef de gouvernement. Ce dernier est responsable devant un Parlement qui comporte 2 chambres. Le Sénat, 315 membres, est élu pour 5 ans, ainsi que les 630 membres de la Chambre des députés.
Depuis mai 1999, Carlo Azeglio Ciampi est président de la République. Il a nommé comme Premier ministre, Silvio Berlusconi, chef du parti Forza Italia et vainqueur des élections législatives de mai 2001 (Berlusconi fut une première fois au pouvoir pendant 255 jours en 1994-95).
Au pouvoir pendant près de 40 ans, depuis sa fondation par Alcide de Gasperi (période au cours de laquelle l’Italie a connu 40 gouvernements), le groupe politique de la Démocratie chrétienne a cédé la place à des partis plus récents ou recomposés : notamment, Démocrates de gauche (ancien Parti communiste), Alliance nationale (MSI -néofasciste-, Ligue du Nord -régionaliste et xénophobe-), Forza Italia…
Ø Présidence de l’Union européenne
La présidence de l’Union européenne est assurée à tour de rôle par chaque Etat membre pendant 6 mois. Depuis le 1er juillet 2003, l’Italie a succédé à la Grèce, et laissera la présidence à l’Irlande au 1er janvier 2004. A ce titre, l’Italie s’est engagée à concentrer ses efforts sur cinq dossiers prioritaires : l’achèvement de la Conférence intergouvernementale (CIG), qui doit se tient du 4 octobre 2003 à mai-juin 2004, afin de finaliser le prochain traité constitutionnel de l’UE ; le soutien à l’économie ; l’élargissement de l’UE (dix pays sont sur le point de rejoindre l’Union au 1er mai 2004) ; le rôle accru de l’Union européenne sur le scène internationale et la sécurité des citoyens.
Site de la présidence italienne : http://www.ueitalia2003.it/FR/
Ø Histoire
Le nom d’Italie serait issu d’une petite peuplade de l’antiquité, les Itali, qui vivait dans le sud de la Calabre. D’après une autre source, Italie aurait pour origine un mot grec italoi, les bœufs, car à l’époque la péninsule pratiquait massivement l’élevage de ces animaux. C’est à partir du VIème siècle avant J.-C., depuis les marécages du Latium, que les Romains commencent leur expansion. Ils fondent la République pour mettre fin à la royauté des Latins, des Sabins et des Etrusques. Par des conquêtes successives, du IVème au IIème siècle avant J.-C., les Romains se rendent maîtres de toute la péninsule italienne, au détriment de leur puissante rivale, Carthage. Avec l’avènement de l’Empire en – 27, Rome entre dans une période d’ordre et de relative paix intérieure qui lui permettra d’atteindre son apogée.
Après cinq siècles de rayonnement d’une civilisation riche et organisée, cet immense empire, qui s’étend des îles britanniques à l’Afrique, se scinde en deux sous le règne de Théodose en 395. L’Empire romain d’Orient va perdurer jusqu’en 1453 (prise de Constantinople par les Turcs) alors que l’Empire romain d’Occident, déjà vacillant (sac de Rome en 410), s’écroule en 476 avec la déposition de son dernier empereur, Romulus Augustule.
La fondation de Rome
Selon la légende, vers -753, Rhéa Silvia, prêtresse de Vesta et fille d’un roi du Latium, eut des jumeaux du dieu Mars, Romulus et Rémus. Après la mort de Rhéa, enterrée vivante par son oncle Amulius, ce dernier fit déposer les enfants dans une corbeille d’osier pour les exposer aux eaux du Tibre. Echoués au pied de la colline du Palatin, les jumeaux furent nourris, d’abord grâce à une louve envoyée par Mars, puis par des bergers. Adultes, ils vengèrent leur mère en tuant Amulius et obtinrent un territoire pour y fonder une ville. Rémus souhaitait l’implanter sur la colline de l’Aventin, Romulus penchait pour celle du Palatin. Ils interrogèrent les dieux et, en réponse, 6 vautours volèrent du côté de l’Aventin, puis 12 du côté du palatin. Romulus, pour qui les dieux avaient été favorables, se mit alors à tracer au sol, à l’aide d’une charrue, la limite sacrée de sa cité. Jaloux, Rémus ne tarda pas à franchir le sillon creusé et fut assassiné par son frère : Romulus donna son nom à la ville nouvellement créée, Rome.
Commence alors une période de grande confusion, au cours de laquelle aucun souverain ou tribu « barbare » ne parvient à conserver le pouvoir : Ostrogoths, Vandales, Lombards, Normands, etc. Le couronnement de Charlemagne, en 800, réintroduit en Occident un Empire distinct de celui d’Orient, permet de retrouver une forme de stabilité politique et de protéger les premiers territoires du pouvoir pontifical, le futur Vatican. Le roi de Germanie, Otton Ier, se fait couronner à Rome par le Pape, et ainsi, donne naissance en 962 au Saint Empire romain germanique : l’Italie redevient impériale et sera constamment l’enjeu des querelles de pouvoir entre papes et empereurs. Cette lutte autorise le développement des villes qui se dotent d’institutions propres. Des puissantes Cités-Etats, certaines vont s’ériger au rang de véritables républiques maritimes, plaques tournantes du commerce méditerranéen (Gênes, Venise, etc.). D’autres, comme Florence, centre culturel de l’Europe, connaissent un développement artistique et littéraire de renom. Ces villes, aux mains de grandes familles italiennes (Visconti, Sforza, Medicis,…), constitueront de brillants foyers de la Renaissance mais, résistantes au pouvoir des empereurs germaniques et des rois d’Espagne, elles feront reculer la perspective de l’unité italienne.
Au XVIème siècle, les guerres d’Italie font passer la péninsule sous domination étrangère : la France de François Ier défaite à Pavie en 1525 laisse la porte de l’Italie ouverte à l’Espagne de Charles Quint. Au XVIIIè siècle, après un siècle et demi de domination espagnole et au terme de la guerre de succession, l’Italie voit le sud de son territoire resté sous influence des Bourbon d’Espagne, alors que le nord revient aux Habsbourg d’Autriche.
Tour à tour dominée par la France et l’Autriche du XVIIIème au XIXème siècle, l’Italie commence à voir émerger un sentiment national, en partie alimenté par la Révolution française. Malgré les sévices de l’occupation des armées de Napoléon, cette arrivée de la France révolutionnaire dans la péninsule est ressentie, un moment, comme le réveil de l’idée de liberté, notamment pour la presse, les clubs, les élections, …
Le drapeau italien : des origines incertaines
C’est sans doute à la suite de la campagne d’Italie (1796/1797) menée par Napoléon que les Italiens s’inspirent de la forme du drapeau français pour leur étendard national. Les couleurs de ce drapeau évoquent l’uniforme vert-blanc-rouge des Lombards, alliés de Napoléon. Ce drapeau tricolore est adopté par la république Cispadane en 1797, puis par les républiques Cisalpine, Ligurienne, Romaine, etc., jusqu’à la chute de Napoléon en 1815.
Une autre origine, littéraire et d’inspiration religieuse, est mise en avant : dans le 18ème chant du Purgatorio, le poète Dante Alighieri décrit Béatrice Portinari en utilisant les trois couleurs, symboles des trois vertus théologales, à savoir le blanc pour la foi, le vert pour l’espérance et le rouge pour la charité.
Réutilisées lors de l’unité du royaume en 1861, les trois couleurs, débarrassées de leurs armoiries royales, constituent depuis le 1er janvier 1948 le drapeau officiel de la République.
La décomposition de l’Empire de Napoléon, le rétablissement des souverains renversés quelques années plus tôt et le retour de l’absolutisme provoquent la réaction de sociétés secrètes (notamment les carbonari), inspirées de la Révolution française. Fruit de ces courants, le mouvement Jeune Italie du républicain Giuseppe Mazzini entretient le Risorgimento (la Résurrection), c’est à dire la flamme du patriotisme mêlée à l’idée de l’unité.
A la suite des soulèvements de 1848, le « Printemps des peuples », les Autrichiens sont expulsés de Lombardie et de Vénétie. C’est le début d’un processus qui va conduire le roi du Piémont, Victor-Emmanuel II, et son ministre Cavour, appuyés par Napoléon III, vers l’unité italienne. Le 17 mars 1861, Victor-Emmanuel est proclamé « roi d’Italie ».
A la fin du XIXè siècle, à l’instar des grandes puissances européennes, l’Italie cherche à mener une politique coloniale, d’abord en Tunisie, puis en Ethiopie (finalement occupée en 1936, après la retentissante défaite d’Adoua en 1896) et en Libye. C’est le courant nationaliste qui pousse l’Italie, d’abord neutre, à suivre la France et l’Angleterre dans la Première Guerre mondiale en mai 1915, espérant pouvoir récupérer, en cas de victoire, les territoires annexés depuis longtemps par l’Autriche.
Ces ambitions italiennes, déçues par les traités de paix, et une grave dépression économique vont plonger le pays dans un état d’anarchie et de violence, provoquant l’instabilité ministérielle qui discrédite l’Etat parlementaire. Le 30 octobre 1922, le roi Victor-Emmanuel III est contraint de faire appel à Benito Mussolini, qui se pose comme le seul garant de l’ordre, appuyé par son grand parti national fasciste créé un an plus tôt. Le pays entre alors dans une dictature, alliée des nazis, qui va durer jusqu’en 1943.
Après la guerre, l’Italie condamne la monarchie par un référendum en juin 1946 : la République est proclamée. La nouvelle constitution entra en vigueur en janvier 1948, consacrant un régime véritablement parlementaire : faibles pouvoirs du président de la République, un président du Conseil détenteur de l’exécutif mais entièrement tributaire de la majorité parlementaire. Cette constitution est toujours appliquée mais, elle est aujourd’hui de plus en plus remise en question. Au pouvoir à la tête du gouvernement, Alcide de Gasperi contribue à faire accepter par l’Italie l’aide du plan Marshall, puis l’adhésion à l’OTAN et au Conseil de l’Europe en 1949. Enfin, l’Italie intègre, dès sa création en 1951, la Communauté européenne du charbon et de l’acier, s’ancrant résolument dans le camp des démocraties occidentales.
Ø Arts et sciences
Dans le domaine de l'architecture, de nombreux vestiges témoignent encore de la brillante civilisation romaine : les Thermes de Caracalla, le Colisée (4 étages, 100.000 spectateurs ; utilisé pour les combats de gladiateurs, naumachies, et les supplices des martyrs chrétiens), de nombreux aqueducs et villas. La Renaissance se manifeste par un retour à l'antiquité : Villa Borghèse, Palais de Farnèse, Villa Médicis.
Peintres et sculpteurs, grâce au soutien des mécènes, font preuve d'une grande créativité autour de thèmes très inspirés par le christianisme : fresques de la Légende de la vraie croix de Piero della Francesca (1416-1492) ; la naissance de Vénus de Botticelli (1445-1510) - œuvre qui figure sur les pièces italiennes de 10 cents - ; La création d'Adam, fresque de la voûte de la chapelle Sixtine et le David de Michel-Ange (1475-1564) ; la Madone au Grand Duc de Raphaël (1483-1520), décorateur des salles du Vatican (dans l’une d’elles, se trouve un tableau de Raphaël, le portrait de Dante Alighieri, qui figure sur les pièces italiennes de 2 euros) ; la Pietà de Titien (1488-1576) ; les Noces de Cana de Véronèse (1528-1588) ; la Conversion de Saint-Paul de Caravage (1571-1610), sans oublier La Joconde de Léonard de Vinci (1452-1519) ou son Homme de Vitruve, qui figure sur les pièces italiennes de 1 euro, les paysages urbains de Vittore Carpaccio (1460-1525) ou les "têtes composées" à base de fruits, de légumes, de fleurs, de coquillages et de poissons, de Giuseppe Arcimboldo (1527-1593).
Au XVIIIème siècle, Pozzo, virtuose des trompe-l'oeil, décore la voûte de San Ignazio. A la même époque, Giambattista Tiepolo (1696-1770) excelle dans l'art de la fresque.
Les portraits de Amedeo Modigliani (1884-1920) - Lolotte, Femme aux yeux bleus - et les paysages métaphysiques de Giorgio de Chirico (1888-1978) constellent la production artistique du XXème siècle.
La littérature, de langue latine, est illustrée par de grands hommes politiques tels César (100-44 avant J.-C.) pour La guerre des Gaules, Cicéron (106-43 avant J.-C.) pour ses Catilinaires ou De Oratore, Sénèque ( 4 avant J.-C. – 65 après J.-C.) pour ses Traités de philosophie), et par des poètes : L'Enéide de Virgile (70-19 avant J.-C.), De Natura Rerum de Lucrèce (98-55 avant J.-C.). Venise est la patrie de Marco Polo (1254-1324), voyageur et auteur du Livre des Merveilles du monde. D'autres écrivains italiens marquent leur époque : le poète Dante Alighieri (1265-1321) dont la Divine Comédie est une sorte d'épopée mystique sur la condition humaine ; Pétrarque (1304-1374), poète, historien et archéologue, fasciné par l'antiquité ; Boccace (1313-1375), célèbre pour ses Contes du Décaméron ; Nicolas Machiavel (1469-1527), homme politique et philosophe, auteur du Prince. Depuis Boccace, le style littéraire de la nouvelle est resté à l'honneur avec, au XXème siècle, Alberto Moravia (1907-1990), Dino Buzzati (1906-1972), Italo Calvino (1923-1985). Pour les plus jeunes, mais de renommée mondiale, l’histoire de Pinocchio est écrite par Carlo Collodi sous la forme d’un feuilleton dans un journal pour enfants, de 1881 à 1882, avant de paraître sous la forme d’un livre un an après.
Plaute (254-184 av. J.C.), précurseur de la comédie, inspire au XVème siècle la commedia dell' arte, à l'origine des personnages d'Arlequin et de Pantalon. Carlo Goldoni (1707-1793) modernise la commedia dell' arte en valorisant le texte écrit, c'est-à-dire l'italien sur le vénitien. Luigi Pirandello (1867-1936) écrit des nouvelles dramatiques qu'il met en scène -Six personnages en quête d'auteur -.
La musique italienne franchit les frontières au XVIIème siècle avec l’un des créateurs de l’opéra en Italie, Claudio Monteverdi (1567-1643) - Le Couronnement de Poppée -. Au XVIIIème siècle, Antonio Vivaldi (1678-1741), prêtre, violoniste et virtuose, se révèle un véritable créateur dans le domaine du concerto - Les Quatre Saisons -. Le XIXème siècle voit le développement des opéras, grâce à Vincenzo Bellini (1801-1835) –Norma -, Gioacchino Rossini (1792-1868) - Le Barbier de Séville - qui sont régulièrement jouées à la Scala de Milan. Avec Giuseppe Verdi (1813-1901) romantique, autodidacte, le mélodrame atteint son sommet dans les œuvres lyriques : Nabucco, Otello, Rigoletto, La Traviata, Aïda... et continue, au XXème siècle, avec Giacomo Puccini (1858-1924) : La Bohême, La Tosca, Madame Butterfly.
Le cinéma italien a connu un grand succès entre 1945 et 1970 grâce au mouvement néo-réaliste et à des cinéastes tels que Federico Fellini (1920-1993, La Dolce Vita), Vittorio de Sica (1901-1974, Le voleur de bicyclette), Luchino Visconti (1906-1976, Le Guépard), Michelangelo Antonioni (L'Avventura), Pier Paolo Pasolini (1922-1975, Le Décaméron), Marco Ferreri (1928-1997, La Grande Bouffe), et plus récemment Bernardo Bertolucci (Le Dernier Tango à Paris, Little Buddha), Ettore Scola (Une journée particulière, Le Bal), Franco Zeffirelli (Jane Eyre), Nanni Moretti (Journal intime) ou Roberto Benigni (La vie est belle).
Dans le domaine des sciences, la Renaissance s’illustre par Giordano Bruno (1548-1600), qui dépasse la théorie de Copernic en affirmant l'infinité de l'univers (ce qui le conduisit au bûcher), et par Tommaso Campanella (1568-1639), partisan de la nature comme source de toute vérité (il fut emprisonné 27 ans pour hérésie).
Léonard de Vinci, peintre, sculpteur, savant et architecte de génie, pressent l'invention des avions, des chars et des sous-marins, dont il dessine les plans. Galileo Galilei (1564-1642) est à l'origine de plusieurs grands principes scientifiques (héliocentrisme, mécanique, relativité, gravité). L’Inquisition l’obligea à se rétracter en 1633, l’Eglise le réhabilita en 1992. Il est le créateur de la lunette astronomique qui lui permet de vérifier que la terre tourne autour du soleil. Evangelista Torricelli (1608-1647), élève de Galilée, construit le premier baromètre. Le physicien Alessandro Volta (1745-1827) est l'inventeur de la pile électrique. Le physicien Enrico Fermi (1901-1954), prix Nobel en 1938, invente la première pile atomique à uranium (1942).
Ø Folklore et gastronomie
Avec la présence des papes au Vatican, la religion occupe une place importante en Italie et les fêtes religieuses sont célébrées avec ferveur tout au long de l’année : dans la ville de Torcento, on allume des feux géants le jour de l'Epiphanie ; le 14 février, on célèbre depuis le XVème siècle la Saint-Valentin, évêque de Terni, patron des amoureux.
Vers le 20 février, Mardi gras ouvre la période de carnaval qui précède le carême : d’abord rurale, cette fête gagne les villes au XVIème siècle et elle se décline à Venise sous la forme de grands bals costumés dans des palais privés, alors qu’à Viareggio, on assiste à des défilés de chars en cartons-pâtes.
Les Italiens sont également très attachés aux célébrations qui entourent la semaine Sainte, période des fêtes de Pâques et de la résurrection du Christ.
Depuis le retour des Croisés de la Terre sainte au Moyen-Age, le culte de Saint-Georges est pratiqué le 23 avril, notamment dans les villes dont il est le patron, Gênes, Venise.
Le 2 juin, défilés et feux d’artifices sont organisés pour la fête nationale italienne, en mémoire du référendum du 2 juin 1946, par lequel les Italiens abolirent la royauté pour adopter la république (par 54,2 % des voix).
La fameuse course de chevaux, le Palio de Sienne, voit s’affronter, le 2 juillet, dans la place centrale, Piazza del campo, les 17 quartiers de la ville.
Le jour de la Sainte-Croix, le 14 septembre, on commémore la découverte et l’exposition de la croix de Jésus par la mère de l’empereur romain Constantin (qui convertit l’Empire au christianisme) en l’an 335.
Les vendanges se fêtent le 1er dimanche d’octobre depuis l’antiquité : ce sont les bacchanales, en référence à Bacchus, dieu romain de la vigne et du vin.
Pour la Toussaint, le 1er novembre, les enfants en Sicile « mangent les morts », des gâteaux en forme de cranes, squelettes ou anges.
A Noël, les enfants reçoivent traditionnellement les cadeaux des mains d’une femme, une sorcière, la Befana .
Pour les plaisirs de la bouche, l'Italie a dans le monde une très grande réputation gastronomique qui ne se limite pas qu’aux pâtes : bien sur les spaghetti, les tortellini, les tagliatelles, les lasagnes accompagnées de sauce tomate et de fromage (mozzarella, mascarpone, gorgonzola, ricotta, provolone, parmesan...) sont emblématiques de la péninsule. Mais citons aussi les spécialités régionales italiennes consommées dans le monde entier : les antipasti, jambon de Parme, ses dizaines d’huiles d’olive, vinaigre balsamique de Modène (parfois aussi cher qu’un grand vin de Bordeaux !), pizza, rizotto, vins (Chianti, Valpolicella, Marsala) et en fin de repas, le café, espresso ou cappuccino, à la saveur corsée tant recherchée.
Pour en savoir plus, quelques sites internet
Julien Gascard
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