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Des institutions adaptées à
l'Europe des 25
Le
Parlement européen, représentation démocratique des citoyens
européens
Le
Parlement européen, organe parlementaire de l’Union européenne,
est l’unique institution internationale dont les membres sont élus
au suffrage universel direct. Il est aujourd’hui l’émanation démocratique
de 456 millions de citoyens européens du fait de l’élargissement
de l’Union européenne à dix nouveaux pays. Ainsi, le nombre de députés
européens est passé de 626 à 732.
Le
nouveau Parlement européen élu à la suite des élections du 13
juin 2004 compte donc 732 représentants les vingt-cinq Etats
membres de l’Union européenne. Il s’est réuni pour la première
fois le 13 septembre 2004 sous la présidence du socialiste espagnol
Josep Borrell, élu président
du Parlement européen le 20 juillet 2004. M. Borrel va assurer la
présidence de l’assemblée pendant la première moitié de la législature
jusqu’à fin 2006. Ensuite, il laissera la place à un représentant
du groupe du Parti Populaire européen (droite européenne)
jusqu’en 2009, l’Allemand Hans
Poettering, président du groupe PPE.
Le
nouveau Parlement européen compte sept groupes politiques ainsi que
des députés non inscrits répartis comme suit :
Les
députés travaillent dans des commissions et des délégations
parlementaires : ils en sont membres titulaires ou suppléants.
Au
nombre de 17, les commissions parlementaires préparent les travaux
des sessions plénières du Parlement européen. C’est au sein des
ces commissions que se réalise l’essentiel du travail législatif,
budgétaire et de contrôle de l’exécutif.
La délégation française du Parlement
européen issue des huit circonscriptions, compte 78 députés français
dont 34 femmes et 44 hommes.
Les Français occupent quatre présidences
de commissions : Joseph Paul (PPE-DE), l’Agriculture ;
Pervenche Berès (PSE), les Affaires économiques et monétaires ;
Philippe Morillon (ADLE), la Pêche ; Jean-Louis Bourlanges (ADLE),
les Libertés civiles, la Justice et les Affaires intérieures.
Une
Commission européenne en suspens
Le collège de la Commission européenne
est nommé pour une période de cinq ans. La procédure de
nomination de la Commission, telle que modifiée par les traités
d’Amsterdam et de Nice, commence lorsque le Conseil réuni au
niveau des Chefs d’Etat et de gouvernement, désigne à la majorité
qualifiée un candidat à la présidence de la Commission.
En juin dernier, le groupe du Parti
populaire européen (PPE, droite), arrivé en tête aux élections
européennes, a obtenu que les chefs d’Etat et de gouvernement
tiennent compte, pour la première fois, du résultat de ce scrutin
lorsqu’ils ont nommé le Président de la Commission. Ils ont
ainsi désigné le conservateur portugais M. Barroso, issu des rangs
du PPE.
Le Conseil des Chefs d’Etat et de
gouvernement a ensuite, conformément aux traités en vigueur, et
d’un commun accord avec le nouveau président, adopté une liste
de candidats pour les postes des autres membres de la Commission,
soit 25 membres dans le cadre de la Commission européenne élargie.
Ce choix a donné lieu à une série
d’auditions que le Parlement européen a tenues pour évaluer les
qualités des commissaires pressentis. Non prévues par les traités,
ces auditions ont été imposées par les eurodéputés en 1994. « Le
Parlement avait prévenu qu’il ne voterait pas l’investiture de
la Commission Santer si cette dernière ne se prêtait pas au jeu »
rappelle Richard Corbett, eurodéputé travailliste, spécialiste
des questions constitutionnelles dans un article du Monde
du 28.10.04 (« De 1986 à 2004, la montée en puissance du
Parlement).
Six candidats postulants commissaires
n’ont pas été jugés totalement convaincants lors de leurs
auditions parlementaires. Mais c’est le candidat pressenti au
poste de commissaire à la justice, la liberté et la sécurité qui
a soulevé le plus de controverses en raison de ses propos jugés
homophobes (« l’homosexualité
est un péché ») et mysogyne (« la
famille existe pour permettre à la femme de faire des enfants et
d’être protégée par un mâle »). Sa candidature a été
rejetée par 27 voix contre 26, par la Commission des libertés
civiles du Parlement. Celle-ci a en effet jugé ses positions
contraires à la Charte des droits fondamentaux, qui garantit l’égalité
et la non-discrimination. C’est la première fois qu’un
commissaire désigné est rejeté par un vote au sein d’une
commission parlementaire.
Les eurodéputés avaient aussi émis de
fortes réserves à l’encontre de cinq autres commissaires désignés
(Concurrence, Agriculture, Fiscalité, Environnement, Energie).
La menace d’un vote négatif a conduit
José Manuel Barroso à demander, à la dernière minute, un délai
d’un mois pour présenter une nouvelle équipe. « Je
suis arrivé à la conclusion que si le vote avait lieu
aujourd’hui, le résultat n’aurait pas été positif pour les
institutions européennes ou le projet européen » a déclaré
M. Barroso devant les députés européens réunis en session plénière
le 27 octobre 2004. Le 30 octobre, l’Italien Rocco Buttiglione se
disait prêt à renoncer à la Commission européenne. La nouvelle
liste devrait être présentée fin novembre.
Quant au traité constitutionnel signé
par l’ensemble des Chefs d’Etat et de gouvernement le 29 octobre
2004, il impliquera après ratification dans les 25 Etats membres,
de nombreuses modifications du fonctionnement institutionnel européen.
Elsa GLOMBARD
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