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I
- Où en est la Constitution européenne ?
A ce jour treize Etats ont ratifié la Constitution européenne :
la Lituanie (le 11 novembre 2004), la Hongrie (le 20 décembre
2004), la Slovénie (le 1er février 2005), l’Espagne
(le 20 février 2005 par référendum), l’Italie (le 6 avril
2005), la Grèce (le 19 avril 2005), la Slovaquie (le 11 mai 2005),
l’Autriche (le 25 mai 2005), l’Allemagne (le 27 mai 2005), la
Lettonie (le 2 juin 2005) et Chypre (le 30 juin 2005), le Luxembourg
(10 juillet 2005), et deux pays l’ont rejeté la France (29.05.05)
et les Pays-Bas (1er .06.2005) bloquant la suite du
processus de ratififation.
Voici le point sur les différentes étapes
du processus :
Ø
13 pays ont ratifié la Constitution
Par voie parlementaire :
11 novembre 2004 : 13
jours seulement après la signature du texte par les vingt-cinq
chefs d’Etat et de gouvernement à Rome, la Lituanie est
devenue le premier Etat de l’Union à ratifier la Constitution
européenne. Elle a devancé ainsi l’Italie, pays fondateur, qui
s’était pourtant fait un point d’honneur à être le premier
pays membre à apposer son sceau sur ce texte signé à Rome.
20 décembre 2004 : La Hongrie
ratifie le texte.
1er février 2005 :
La Slovénie ratifie le texte.
6 avril 2005 :
les sénateurs italiens ont clos la procédure engagée cinq mois
plus tôt en votant par
dix-sept voix « pour » contre seize voix « contre »,
en faveur de la ratification du traité européen. L’Italie
est devenu le cinquième Etat à ratifier la Constitution.
19 avril 2005 : Le
gouvernement grec a fait le choix de ratifier la Constitution
européenne par la voix parlementaire, procédure traditionnelle de
ratification des traités internationaux dans le pays. Le Parlement
a ratifié le texte.
11 mai 2005 :
La Slovaquie est devenue le septième Etat membre à ratifier
le traité établissant une Constitution.
18 mai 2005 : Premiers en Europe à se
prononcer par référendum sur la Constitution européenne, les Espagnols
ont massivement approuvé le texte européen en votant à 76,73% en
faveur de sa ratification. Si ce référendum n’était que
consultatif, le Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero
(Parti socialiste, PSOE) avait cependant averti qu’en cas de
victoire du « non », le texte ne serait pas soumis à la
ratification parlementaire. Cette large victoire a été quelque peu
éclipsée par la faible participation : quatre électeurs sur
dix seulement (42,32%) se sont en effet rendus aux urnes, soit le
chiffre le plus bas de l’histoire de l’Espagne démocratique. La
ratification du traité a été approuvée le 28 avril par le Congrès
puis le 18 mai par le Sénat.
25 mai 2005 : En
Autriche, la Chambre des députés a ratifié le traité par 182
voix pour et une seule voix contre.
27 mai 2005 : En
Allemagne, le 12 mai, les députés du Bundestag ont adopté
la Constitution européenne par 569 voix contre 23. Le traité a été
définitivement ratifié le 27 mai quand le Bundesrat, chambre haute
représentant les Etats régionaux a confirmé l’approbation
massive des députés. L’Allemagne est donc le neuvième
pays à avoir ratifié le traité constitutionnel, deux jours avant
le référendum français.
2 juin 2005 : La Lettonie ratifie
le texte.
30 juin 2005 : Chypre ratifie
le texte.
6 juillet 2005 :
Les soixante cinq députés que compte la Chambre des Représentants,
Chambre unique du Parlement à Malte, ont voté à
l’unanimité en faveur du texte.
10 juillet 2005 : Dimanche
10 juillet, le Luxembourg est devenu le treizième et dernier
Etat membre à ce jour à ratifier le traité établissant une
Constitution pour l’Europe en votant à 56,52 % en faveur du
texte. C’est la première fois que le texte est adopté par référendum.
Ø
Deux pays ont rejeté la Constitution
Le 29 mai 2005, les Français ont rejeté à
54,68 % le projet de la Constitution européenne qui leur était
soumis par la voie du référendum. Historique, ce vote l’est au
regard de la très forte mobilisation des électeurs (69,37%),
c’est aussi la première fois que les Français se prononcent négativement
sur un traité européen. Initiatrice de la construction européenne
en 1950, la France devient, de fait, le 1er Etat
européen à refuser de ratifier le projet de Constitution européenne.
En 1972, les Français avaient approuvé
à 68 % l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE. Ils avaient également
approuvé, de justesse (à 51,05 %), la ratification du traité de
Maastricht le 20 septembre 1992. En mai dernier, le rejet de projet
de traité constitutionnel a été massif.
C’est en effet le référendum qui
enregistre le non le plus élevé de l’histoire de la Ve République :
le précédent record appartenait au référendum du 27 avril 1969
sur la réforme du Sénat, où le non avait obtenu 52,4 % des
suffrages.
1er juin 2005 : Trois
jours après le « non » exprimé par les Français, les
électeurs néerlandais se sont massivement prononcés contre
la ratification du texte le mercredi 1er juin. Le référendum
était consultatif, mais le gouvernement avait annoncé qu’il se
rallierait à son résultat sous deux conditions : que la
participation atteigne au moins 30% et que le résultat soit
« sans ambiguïté », c’est-à-dire que le « oui »
ou le « non » rassemble au moins 60%.
Le Parlement néerlandais majoritairement
favorable au traité s’est finalement ranger à l’avis du peuple
néerlandais qui a rejeté la Constitution européenne : 61,6%
des électeurs ont voté « non » tandis que 38,4%
l’ont approuvée.
« Le processus de ratification
poursuit son chemin. Il n’y aura pas de renégociation parce
qu’il n’y a jamais eu de plan B, mais il y a un plan D de
« dialogue » et de « débat ». Les Etats
membres qui procèderont par voie parlementaire le feront au moment
où ils le jugeront opportun. Les Etats membres qui procèderont par
voie référendaire le feront également au moment où ils le
jugeront opportun. »
a déclaré Jean-Claude Juncker, le Président en exercice de
l’Union, à l’issue de la première journée du Conseil européen
du 16 et 17 juin 2005.
Ø
10 pays en attente de ratification
Le Royaume-Uni a décidé de
suspendre le référendum sur la ratification de la Constitution
européenne à la suite du rejet du texte par la France et les
Pays-Bas. «Nous nous réservons totalement le droit de
reproposer le texte prévoyant un référendum au Royaume-Uni si les
circonstances étaient amenées à changer. Mais nous ne voyons pas
de raison de poursuivre dans cette voie à ce stade», a déclaré
Jack Straw le lundi 6 juin 2005, devant la Chambre des Communes.
Dans les pays où la Constitution devait
être ratifié par voie parlementaire, la procédure est également
retardée. Le Premier ministre suédois, Göran Person a
reporté le vote prévu en décembre. Même décision en Finlande,
où le chef de gouvernement annonce un débat « en
profondeur » sur le texte.
Au Danemark, le référendum à
l’origine prévu le 27 septembre 2005 a été reporté (pas de
date fixée). Le dirigeant portugais José Socrates, qui
souhaitait organiser un référendum en octobre, l’annule aussi.
En République tchèque, où cette consultation populaire était
prévue pour mi-2006, le Premier ministre, Jiri Paroubek, proposera
aux partis politiques de la repousser à la fin 2006 ou au début
2007. En Irlande, où le référendum est obligatoire, le
gouvernement ne s’est pas exprimé officiellement. Mais pour la
presse nationale, il est certain que le vote n’aura pas lieu comme
prévu en 2006.
La Belgique a prévu d’organiser la ratification
de la Constitution européenne par voie parlementaire. Le projet de
loi de ratification a été approuvé par le Sénat le 28 avril 2005
(et par la Chambre basse le 19 mai). Reste en attente
l’approbation du parlement de la région flamande (aucune date
n’a été fixée).
A ce jour, seule l’Estonie est déterminée
à poursuivre la ratification qui devrait avoir lieu à l’automne
2005.
Le mardi 21 juin, le président polonais,
Alexandre Kwasniewski, a annoncé, mardi 21 juin, le report du référendum
qui devait initialement se tenir au mois d’octobre. « Il
doit y avoir un référendum, mais sa date n’est pas claire, ce
sera dans un avenir éloigné et certainement pas en octobre »,
a-t-il déclaré dans une conférence de presse.
La Constitution stipule dans son article
443-4 que «si à l’issue d’un délai de deux ans à compter
de la signature du traité modifiant le présent traité, les quatre
cinquième des Etats membres ont ratifié ledit traité et qu’un
ou plusieurs Etats membres ont rencontré des difficultés pour procéder
à ladite ratification, le Conseil européen se saisit de la
question.»
Ainsi, le processus de ratification de la
Constitution européenne pourrait se poursuivre au-delà de la date
initialement prévue de novembre 2006.
Selon Robert Badinter : «
Le traité constitutionnel ne pourra être repris tel quel. Mais après
une longue période de discussions à partir du projet, les
gouvernements pourront élaborer une version nouvelle, a minima, qui
réunira les dispositions institutionnelles les plus importantes et
sur lesquelles un consensus pourra s’établir. On pense notamment
à la désignation d’un président du Conseil européen et d’un
ministre des Affaires étrangères, au renforcement des pouvoirs du
Parlement européen, à l’extension de la majorité qualifiée au
sein du Conseil des Ministres, aux coopérations renforcées, au
respect du principe de subsidiarité, mieux assuré par les
Parlements nationaux, à une organisation plus efficace de la
Commission, et à la force juridique reconnue de la Charte des
Droits fondamentaux. Ces progrès-là feront l’objet d’un
nouveau projet de traité institutionnel, en oubliant le terme
abusif de « Constitution ». Et, compte tenu de sa portée
limitée, il n’y aura aucune raison impérative de soumettre ce
traité à référendum dans les Etats où la Constitution nationale
ne l’exige pas.» (« Au-delà de l’échec »,
Robert Badinter in Le Nouvel Observateur, 23-29 juin 2005)
« Selon toutes probabilités, nous
n’aurons pas de Constitution dans les deux ou trois années à
venir, au moins. »
a déclaré José Manuel Barroso, le Président de la Commission
européenne à la presse à l’issue d’une réunion de la
Commission européenne. Mais, a-t-il souligné, « le fait
qu’il ne devrait pas y avoir de Constitution dans un avenir immédiat
ne doit pas signifier une paralysie en Europe. ».
Elsa GLOMBARD
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* * * *
II-
La Présidence britannique :
une autre conception de l’Union
européenne ?
Après l’Irlande, les Pays-Bas, puis le
Luxembourg la Présidence de l’UE passe entre les mains de la
Grande-Bretagne (1er juillet 2005-31 décembre 2005).
Pour Tony Blair, le contexte est idéal :
au moment où l’Europe s’interroge sur ses perspectives
d’avenir, c’est l’occasion de convaincre « le vieux
continent » de l’efficacité du modèle anglo-saxon.
Notamment de permettre une remise à plat du modèle
social, si cher à la France, figure dans les priorités de
l’agenda de la Présidence. Selon les Britanniques, l’UE ne peut
plus avancer sans profondes réformes structurelles.
Rappelons, que le rejet du Traité
constitutionnel en France puis aux Pays-Bas pose des problèmes bien
plus profonds que celui dû à une simple ratification :
c’est l’avenir du projet européen dans son ensemble qui est en
jeu.
-
Les difficultés économiques que vivent certains pays européens
provoquent chez les citoyens une tentation de repli sur soi et de
retour vers le concept de l’Etat nation.
-
Par ailleurs, l’acceptation d’un modèle « néolibéral »
n’est pas partagée par tous.
Bien au contraire, une partie de la population, notamment en France,
voit dans cette dernière option une menace pour leurs acquis
sociaux, la précarité de l’emploi et le chômage de masse. Un
point de vue contesté par les Britanniques dans la mesure où le
taux de chômage en Grande-Bretagne dite « néolibérale »
est de 4,7 %, alors qu’il est en France de 9,7 %, soit un taux
record pour l’Europe des 15. Ainsi, le modèle de « l’Europe
continentale » censé protéger les emplois ne fonctionnerait
plus. Commentant cette réalité, Tony Blair est plus
qu’explicite : «Voulez-vous me dire quel est ce modèle
social dans lequel l’Europe compte 20 millions de chômeurs, avec
des taux de productivité en baisse par rapport à ceux des
Etats-Unis, un système qui permet qu’il y ait davantage de diplômes
en sciences en Inde qu’en Europe ?». Pour conclure, il
ajoute, «sur les 20 plus grandes universités dans le monde
aujourd’hui, seules deux sont en Europe.»
Face à « l’Europe en crise »,
le Premier Ministre britannique affiche ses ambitions. Il veut
s’ancrer dans la politique européenne, tout en provoquant
d’importants changements. Fier de la réussite de son pays, il
souligne : « Je suis le Président de l’Union européenne.
J’ai une mission, une responsabilité, je vais faire de mon mieux
pour l’accomplir. »
L’échec du Sommet européen des 16 et
17 juin 2005 a renforcé la volonté de la Présidence britannique
d’aboutir à un compromis au sujet des perspectives budgétaires
2007-2013. Cette tâche n’est pas facile, mais les
Britanniques ne perdent pas en confiance. Partiellement responsables
de l’échec des négociations sur le futur financement de l’UE,
ils ne se sentent pas pour autant eux-mêmes concernés. Pour les
Britanniques, une suppression du rabais (exigé en 1984 par le
Gouvernement de Margaret Thatcher) entraînerait un financement
disproportionné de l'Union européenne par la Grande-Bretagne. La
perspective d'aboutir rapidement à un compromis s'éloigne.
Dans l’Europe actuelle, sans
Constitution et sans budget, le « non » au libéralisme
est renforcé chez une certaine partie de la population (notamment
en France) par le « non » à l’élargissement. Pour
certains, la récente adhésion des 10 nouveaux pays membres a mis
en question la viabilité du marché unique, comptant actuellement
des niveaux de salaires et des niveaux de développement de l’économie
très diversifiés. Le gouvernement britannique tout particulièrement
ne partage pas ce point de vue. Traditionnellement favorable aux élargissements,
il est favorable à l’accueil de la Turquie et de la Croatie et éventuellement
d’autres Etats balkaniques et l’Ukraine. Cette première sera
par ailleurs invitée à commencer les négociations d’adhésion
le 3 octobre. Compte tenu de l’enthousiasme britannique vis-à-vis
des projets d’un nouvel élargissement et du très clair rejet de
cette perspective par la une majorité de l’opinion publique française
ou néerlandaise les négociations seront sans doute épineuses.
Néanmoins, pour gérer d’autres
aspects de l’agenda de la Présidence, Tony Blair dispose de
certains atouts. Il est incontestablement bien placé pour mener des
négociations constructives en ce qui concerne la protection de
l’environnement, l’aide au développement, la lutte contre le
terrorisme ou bien la PESC (Politique étrangère et de sécurité
commune) et la PESD (Politique européenne de sécurité et de défense).
Concernant l’environnement, les
grandes priorités britanniques seront de trouver un accord
sur la stratégie de réduction des émissions de gaz à
effet de serre et les moyens d’assurer les réductions de ces émissions
de manière économique. La Présidence britannique entend étudier
la stratégie européenne visant à atteindre les objectifs de
Kyoto, soit de réduire les émissions en Europe de 8 % d’ici
2012. Un chiffre irréalisable selon les scientifiques. Au niveau
international, les Britanniques
semblent être seuls parmi
les Européens, à avoir une influence sur la position américaine.
Le changement d’attitude des Etats-Unis pourrait permettre d’éviter
une catastrophe écologique d’envergure (laquelle, d’après les
experts, aurait lieu dans une cinquantaine d’années).
Quant à l’aide au développement,
l’Afrique est la première bénéficiaire. Une stratégie mondiale
complète a été présentée au sommet du 60ème anniversaire de
l’ONU de mi-septembre 2005. La paix, la sécurité, l’accès aux
services de base, la croissance, les facilités commerciales et
surtout le doublement de l’AOD (aide officielle au développement).
Plusieurs autres modalités d’aide sont également envisagées.
Comme par exemple, l’annulation totale de la dette de certains
pays africains pour financer des projets dans les domaines de l’éducation
et de la santé.
Convaincue de la nécessité de renforcer
la politique de sécurité et de défense commune, la
Grande-Bretagne a souhaité porter une attention particulière aux
projets de l’Union européenne visant à activer un centre d’opération
pour la planification et la direction de missions de PESC d’ici
janvier 2006 au plus tard ; le Royaume-Uni devrait faire
progresser les consultations avec l’OTAN quant à la planification
et à la conduite de future missions.
La réforme de la politique agricole
commune (PAC), et notamment celle du marché du sucre,
s’inscrit également dans le plan d’action de Tony Blair. « Sept
fois plus généreuse que les crédits à la recherche et à
l’innovation » la Politique agricole commune exige pour
lui une réforme profonde. Le projet de réforme, déjà tant évoqué
par le gouvernement des travaillistes que par les conservateurs, va
sans doute se briser contre l’avis des plusieurs «pays membres
traditionnellement agricoles ». En revanche, côté
britannique, face à la compétition mondiale, pas question de
renoncer à la directive des services dite « Bolkestein »,
ni à la clause préservant les dérogations (clause d’« opting
out ») sur la directive de travail, permettant à
chacun de travailler plus de 48 heures par semaine.
Les rendez-vous de la Présidence
britannique seront nombreux. Plusieurs sommets avec la Chine,
l’Inde, la Russie, l’Ukraine ou bien le Canada se sont déjà déroulés
ou vont se dérouler d’ici la fin de l’année 2005. Tony Blair a
annoncé le 1er juillet qu’il tiendrait un sommet européen
informel sur le thème du modèle social, les 27 et 28 octobre
prochains. « La rencontre des chefs d’Etats se centrera,
en particulier, sur la manière pour l’UE de poursuivre ses
objectifs économiques et sociaux. Nous devrons considérer l’équilibre
qui doit être fait entre les actions communautaires et les diversités
nationales »
« Nous sommes convenus qu’il
serait judicieux pour la présidence d’organiser un sommet
informel cet automne au cours duquel les chefs d’Etats et de
gouvernement européen pourront se réunir et débattre des moyens
de faire avancer l’Europe à l’avenir. »
Adriana SZCZESNA/Elsa GLOMBARD
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