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Le « non » français
à la ratification du Traité constitutionnel européen le 29
mai dernier a créé un séisme, en France et dans toute
l’Union Européenne. Les motivations d’une majorité de la
population qui a voté « Non » ont été diverses
– c’est la règle en démocratie et en particulier lors
d’un vote par référendum… Certaines sont liées au
texte, d’autres au contexte politique, économique et social
national, d’autres enfin au contexte européen (inquiétudes
face à la mondialisation, aux élargissements, etc.).
Même si il est apparu pour beaucoup bien difficile de présenter
un texte aussi long, dense et complexe, fruit de 50 années de
débats et de compromis entre des pays amis mais aux intérêts
parfois divergents, même si le débat est souvent parti dans
toutes les directions, un des principaux points positifs qui
s’est dégagé de la campagne qui a eu lieu est qu’il y a
eu un véritable débat, notamment sur l’Europe, ce qui
prouve bien que, contrairement à ce que de nombreux médias
et politiques annonçaient depuis des années, l’Europe peut
intéresser, et même passionner !...
Il ne s’agit pas ici de rouvrir le riche débat qui a eu
lieu. Deux commentaires rapides : l’Union Européenne
aura besoin le plus rapidement possible d’un texte pour
travailler plus efficacement à 25 ou 30 ; quelles que
soient les choix qui seront finalement faits, une chose est
claire, l’Europe intégrée a besoin de se renforcer à tous
les niveaux (compétitivité, recherche, défense, etc.) face
à l’hyper-puissance américaine, face à la Chine, qui
devrait être la première puissance économique mondiale
d’ici une vingtaine d’années, face à l’Inde également
en développement constant, etc.. Elle doit trouver les moyens
de le faire en respectant ses valeurs communes et sa diversité.
Mais il est certain que les grands défis mondiaux ne pourront
être discutés et réglés qu’entre les grandes puissances
de demain, et ces puissances seront exclusivement des
puissances continentales…
Parce que le débat public a été riche et parce qu’il
reste beaucoup de chemin à parcourir, nous pensons qu’il
est plus que jamais indispensable de parler simplement de
cette construction européenne, qui a mis fin à des siècles
de conflits sanglants et a déjà apporté beaucoup à ses
citoyens, de la manière la plus compréhensible et la plus
transparente possible. En évoquant à la fois l’histoire et
l’actualité, en faisant part des avancées et des blocages,
en donnant des informations sur certains programmes européens
mis en œuvre et des projets en cours, tant par les
institutions européennes, que par des institutions
nationales, des organismes publics ou privés…
Dans ce nouveau numéro des
Cahiers Européens d’Houjarray, nous complétons, avec deux
nouveaux pays, notre dossier réalisé en coopération avec
Françoise Parisot sur « Citoyennetés Nationales,
Citoyennetés Européennes », nous évoquons la présidence
britannique, dans un article complété par une interview de
Sir John Holmes, Ambassadeur du Royaume-Uni en France, et nous
poursuivons notre travail de décodage de l’histoire et de
l’actualité européenne, de voyage à travers les origines
des mots européens, etc.
N’hésitez pas à nous contacter à equipe@jean-monnet.net
si vous avez des commentaires, des remarques ou même des
suggestions d’articles ou de brèves…
Bonne lecture !
Arnaud
PINON
Rédacteur en chef
Directeur de l’
Association Jean Monnet
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