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le webzine sur l'Europe de l'Association Jean Monnet - N° 8 / Octobre 2005

Portraits d'Européens

Bronislaw Geremek, 
de l’Europe médiévale au Parlement européen

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« Ses détracteurs disent de ses objectifs  qu’ils sont si obscurs que quand il prend les escaliers, on ne sait jamais si c’est pour les monter ou pour les descendre. Ses partisans soutiennent que c’est bien lui le diplomate politique numéro 1, le grand Européen, un civilisateur.[…] Cet homme calme, chaleureux, doté d’un sens de l’humour très fin, fumant son inséparable pipe avec un sourire un peu mystérieux, attire la sympathie de beaucoup de polonais et jouit d’un respect qui dépasse le cercle de ses amis politiques les plus proches

Bogumil Luft, Ancien Ambassadeur de Pologne en Roumanie  de 1993 à 1999

 

I – Le professeur

II - Le politique

III - Le député européen

 

I – Le professeur

Celui que ses amis appellent le Professeur est né le 6 mars 1932 à Varsovie dans une famille juive. Il a évité de justesse l’holocauste grâce au dévouement d’une famille chrétienne qui l’a adopté.

Avant d’entreprendre ses études à Varsovie, Bronislaw Geremek a longtemps hésité, préférant à l’histoire les sciences sociales, plus enracinées dans le vivant. Mais, conseillé par un sociologue connu, il finit par choisir l’histoire, dans laquelle il aura davantage les coudées franches. Après quelques prises de bec idéologiques avec les représentants du Parti communiste lors de séminaires sur la 1ère Internationale, révélatrices des aspects ingrats de l’histoire contemporaine, il opte enfin pour la période médiévale. Diplômé d’histoire à l’Université de Varsovie en 1954, B. Geremek poursuit ses études à Paris, au court de différents séjours (de 1956 à 1965) qui furent pour lui l’apprentissage de la liberté :

Mes premiers contacts, je les ai pris dans les milieux de gauche et parmi les chercheurs en sciences humaines. Il s’agissait dans l’un et l’autre cas d’échapper au monde du dogme (in L’Historien et le Politique, Entretiens avec Juan Carlos Vidal, 1997, p.34)

A l’Ecole des Hautes Etudes, il se spécialise très vite en histoire médiévale européenne. Dans l’ouvrage cité ci-dessus, il rend hommage à l’école des Annales pour la contribution qu’elle a apportée à sa formation d’historien.

L’école des Annales a radicalement renouvelé ma vision de l’histoire, m’a fait découvrir une histoire où la durée était présente et où les hommes étaient présents. (op.cit. p.48)

Il rend à Fernand Braudel, entre autres, le plus précieux hommage qui soit, celui de l’amitié au sens le plus humaniste du terme :

Il avait l’habitude, après les cours [allusion aux séminaires de l’Ecole pratique des Hautes Etudes dirigés par F. Braudel sur le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II], d’inviter au café du coin le petit cercle de ses disciples […] Braudel avait ce talent rare de créer une atmosphère où l’étude n’avait pas pour finalité un diplôme mais constituait une véritable aventure intellectuelle. (op.cit. p.44)

 

Et il conclut en manière de bilan :

C’est là le grand legs de l’école des Annales, qui a su emprunter beaucoup à l’ethnologie, à l’anthropologie, à la sociologie, à la psychologie, à la psychanalyse. (op.cit. p.70)

Titulaire d’un doctorat d’histoire de l’Académie des Sciences polonaises en 1960 il devient le premier directeur du Centre de Civilisation polonaise de Paris de 1960 à 1965. Chargé de cours à la Sorbonne, il enseigne ensuite dans plusieurs universités américaines et européennes et dirige à Varsovie le laboratoire de l’histoire de la culture médiévale de 1965 à 1980. Il est aussi titulaire, depuis 1993, de la chaire internationale du Collège de France « Histoire sociale : exclusions et solidarités ». Sa leçon inaugurale, puis tous ses cours, sont marqués du sceau du plus profond humanisme :

J’attache une grande importance à cet essai [Histoire sociale : exclusions et solidarités] où j’ai voulu faire passer le message selon lequel il est essentiel, pour comprendre une société, de déterminer comment y fonctionne l’exclusion et comment y fonctionne la solidarité. Toutes les sociétés qui sont apparues dans l’histoire de l’humanité peuvent être étudiées, et éventuellement jugées, de ce double point de vue : leur propension à interdire, à marginaliser, à exclure, et inversement leur capacité de solidarité, de générosité, de fraternité. (op.cit. p.77).

Comme en quête de ses plus profondes racines, et marqué par son passé, B. Geremek consacre donc l’essentiel de ses recherches à l’étude de la marginalité sociale dans les sociétés médiévales européennes. Ce dont témoignent plusieurs de ses ouvrages (voir bibliographie en fin d’article).

Fidèle à sa vocation d’enseignant, il est aujourd’hui titulaire de la Chaire de Civilisation européenne au Collège d’Europe de Natolin, près de Varsovie (voir ci-dessous).

 

 

II – Le politique

Je venais de passer trois ans en province, dans un milieu un peu compassé, très catholique, et j’étais moi-même membre d’organisations de jeunesse catholiques. A seize ans, je suis revenu à Varsovie et je me suis mis à lire beaucoup d’ouvrages marxistes. Ce n’est pas la politique qui a provoqué en moi ce changement, cet engagement, ce sont les livres. […] Je découvrais un univers nouveau, où la culture française comptait beaucoup. (op.cit. p.79)

A son retour de Paris, en 1965, il rejoint le courant révisionniste du Parti communiste dans lequel il voit « une volonté de retrouver le contenu humaniste du marxisme » (p.81).

Je me reconnaissais dans ce mélange de marxisme et d’humanisme, et je croyais qu’en suivant cette voie on pourrait redonner au marxisme son identité véritable, qui était l’antithèse de la dictature, du pouvoir du parti unique. (p.81)

Membre actif du Parti Communiste au pouvoir pendant dix-huit ans, B. Geremek le quitte en 1968, en signe de protestation contre l’intervention des troupes du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie et se retrouve dans l’opposition. Il participe à une université « privée » dont les cours se tiennent dans des appartements de particuliers pour faire passer les savoirs fondamentaux auxquels tout citoyen devrait avoir accès dans un pays démocratique : histoire, économie, sociologie, culture générale. L’Université volante, de son vrai nom, était un héritage du XIXe siècle, au cours duquel, sous l’occupation du tsar de Russie, s’était créée la première institution portant ce nom.  Grâce à Geremek, intervenaient tous les grands noms de l’intelligentsia varsovienne dans une ambition profondément démocratique de donner à tous l’accès au s avoir . Cette « université » a été du reste très liée au KOR, comité de défense des ouvriers, à partir de 1976, date de sa création.

« C’est ainsi que s’est instauré, peu avant 1980, un climat qui a permis de réduire l’abîme qui séparait l’attitude politique des ouvriers de celle de l’intelligentsia ». (p.94)

En 1980, il va à Gdansk transmettre un message de solidarité des intellectuels de Varsovie aux ouvriers en grève et Lech Walesa l’invite à participer aux négociations. Le Professeur et l’ouvrier électricien s’entendent assez pour devenir les acteurs de la lutte pour la liberté. Ainsi naît Solidarnosc (solidarité en polonais), célébrant, dans ce que B. Geremek appellera plus tard un « moment de grâce » l’alliance entre les intellectuels et les travailleurs manuels. C’est le seul pays d’Europe de l’Est où existe un mouvement de masse, très vite fort de dix millions de membres, qui forme un contrepouvoir au communisme au nom de la liberté individuelle et collective.

Après le coup d’état militaire du général Jaruzelski, le 13 décembre 1981, Bronislaw Geremek subit un an d’emprisonnement dans le nord de la Pologne. Loin de se laisser abattre, et toujours fidèle à sa mission de pédagogue, il crée avec quelques amis intellectuels ce qu’il appelle le « Pen Club en prison » (ils étaient une quinzaine de prisonniers à faire partie du Pen Club international !) qui organise une fois par semaine une soirée littéraire avec exposés, débats, lectures ouverts à tous. C’est durant cette année, qu’il considère comme particulièrement enrichissante, qu’il lira, en italien (qu’il est en train d’apprendre) et avec une lenteur gourmande, Le Nom de la rose, d’Umberto Eco. Il relit également Michel Foucault (qui avait terminé la rédaction de son Histoire de la folie à Varsovie en 1958) et découvre en prison son analyse de l’univers carcéral[1] : « une expérience extraordinaire ».

En 1989, Solidarnosc prend le pouvoir et Geremek joue un rôle majeur dans le passage de la Pologne à la démocratie, notamment, après l’élection de Lech Walesa à la présidence de la République. C’est avec lui qu’il soumet au Parlement la révision de la Constitution de 1952, révision qui implique l’abrogation du monopole de l’Etat sur l’économie et le commerce et la suppression dans la Constitution de toute référence au socialisme et au rôle dirigeant du Parti communiste (« ce qui n’est pas rien ! » commente-t-il dans ses Entretiens en maniant plaisamment l’euphémisme).

Comme Vaclav Havel en Tchécoslovaquie, Geremek a permis à la Pologne de changer de régime sans effusion de sang. Bien plus, au delà des préoccupations internes à son pays, il démontre  avec précision comment cette révolution en douceur (la Table ronde de 1989) a fait boule de neige (il parle même d’avalanche) dans les pays limitrophes qui subissaient encore le joug du communisme : influence directe sur la Tchécoslovaquie dont le « Forum civique » de Vaclav Havel ressemblait comme deux gouttes d’eau aux comités civiques organisés par l’opposition polonaise auparavant. Puis ce furent les délégations de Bulgarie, de Lituanie, etc… Il n’est pas jusqu’à l’Ukraine qui, annonçant d’une certaine manière les récents événements liés à l’élection de Viktor Iouchtchenko, en décembre 2004, n’ait été prise un instant dans le tourbillon[2].  Geremek raconte avec une satisfaction malicieuse l’entretien qu’il a eu avec un envoyé de Gorbatchev :

Vous autres polonais, dit l’émissaire, après avoir fini par accepter un verre de vodka, pouvez étendre votre influence sur la Lituanie (…] et même sur les Républiques baltes, mais ne touchez jamais à l’Ukraine, car toucher à l’Ukraine, c’est toucher à la Russie. La Russie ne peut se passer de l’Ukraine, qui n’a d’ailleurs jamais, de toute son histoire, été indépendante. » (p.131)

Et l’envoyé de Gorbatchev de préciser, de manière tout à fait inattendue, que ce n’est pas seulement parce que l’industrie de la Russie dépend de l’Ukraine (pour la sidérurgie entre autres) mais :

 « parce que Kiev est la capitale de la culture russe et de l’orthodoxie » .

Bien sûr, en bon historien, Geremek n’omet pas de préciser qu’il sait parfaitement que ce sont des facteurs appartenant à une dimension beaucoup plus vaste qui ont été la cause de la défaite de l’URSS mais :

« le cas polonais a prouvé l’efficacité de la désobéissance civile et celle de l’auto-organisation […]Il suffit parfois d’un grain de sable pour bloquer un engrenage. Dans le cas de l’engrenage totalitaire, ce grain de sable a été la Pologne. (p.132)

Bronislaw Geremek devient président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement polonais, ce qui lui permet d’ avoir ses entrées auprès des élus politiques de toute l’Europe. Et en 1997, il devient ministre des Affaires étrangères, s’occupe de faire entrer la Pologne dans l’OTAN et est le principal intercesseur pour son adhésion à l’Union Européenne.

 Il dit à cette occasion :

« Si l’Union européenne doit être une communauté à la mesure du monde contemporain, elle ne peut se contenter d’être un club des riches. »

Elu député européen après l’intégration de la Pologne dans l’UE, B. Geremek bénéficie d’assez de considération pour s’être présenté en juillet 2004 à la candidature de président du Parlement européen.  Il rappelait quelques mois plus tôt ce mot prêté aux artisans de l’unité italienne au XIXe siècle : « Nous avons crée l’Italie, maintenant nous devons créer des Italiens. » La formule, disait-il, pourrait s’appliquer à l’Union européenne : Nous avons construit l’Europe, il nous reste à créer des européens. (Propos rapportés par Thomas Ferenczi dans le Monde du 18 février 2004, p.16 dans un article intitulé : L’Europe, sa mémoire, ses valeurs[3]). Mais c’est le socialiste espagnol Josep Borrell, bénéficiant des voix de droite, qui est élu le 20 juillet 2004.

Dans un entretien  accordé au journal Le Parisien le 25 octobre 2002, Roger Badinter voyait déjà B. Geremek, parmi d’autres personnalités (Jacques Delors, Mario Soares) comme candidat possible à une « présidence de l’Union européenne », affirmant que  « l’Europe a besoin d’une grande personnalité emblématique qui n’exercerait pas de pouvoir politique mais un magistère moral et témoignerait de son unité ». Badinter évoquait également une sorte « d’incarnation morale », ce qui est un beau compliment pour le représentant d’un pays qui venait tout juste d’adhérer.

 

III – Le député européen B. Geremek favorable à une Europe largement ouverte 
            à l’Est et au Sud

L’ouverture simultanée de l’Union en direction de la Méditerranée et de l’Europe centrale mettrait en évidence la nécessité de la diversité, l’acceptation des différences, de la recherche de modèles de développement qui soient fonction du niveau atteint par chaque pays, tout en veillant, naturellement, à ce qu’il n’y ait pas de fossé entre le niveau de développement des uns et celui des autres. (op.cit. p.148)

Dans un « chat » organisé par le journal Le Monde le 23 octobre dernier, B. Geremek apporte quelques éléments nouveaux à la réflexion sur l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne.

Il n’existerait pas d’objection d’ordre économique, selon lui, puisque la Turquie n’est pas plus pauvre que la Roumanie, futur entrant, et qu’elle représente un marché de consommateurs bien plus important.

Pas davantage d’objection d’ordre culturel ou religieux : Il y a déjà 12 à 15 millions de musulmans sur le territoire de l’U.E et la Turquie est un pays laïque. Enfin, la Turquie « européenne » pourrait jouer un rôle majeur dans les conflits du Proche-Orient.

On voit vite dans ce type de raisonnement que le Polonais Geremek n’adopte pas le même angle de vue que l’Européen de l’Ouest. Il envisage déjà comme des évidences la candidature de l’Ukraine et celle de la Biélorussie et voit, dans une évolution à long terme, le centre de gravité de l’Europe se déplacer de plus en plus vers l’Est. Déjà, en 1991, il reprochait à l’Europe occidentale, après la chute du mur de Berlin et la dissolution du bloc communiste, de ne pas avoir tendu la main plus vite aux pays d’Europe Centrale et Orientale pour leur offrir une coopération au sein de la Communauté. On aurait pu éviter, selon lui, la scission de la Tchécoslovaquie et épargné bien des tribulations aux pays des Balkans.

Si Bronislaw Geremek envisage une intégration simultanée des pays de l’Est et de ceux qu’il appelle encore « pudiquement » dans ses Entretiens, en 1997, les pays de la Méditerranée, c’est parce qu’une fois de plus il raisonne en historien et en humaniste. L’histoire a déjà prouvé que des communautés très différentes pouvaient cohabiter dans l’harmonie et la créativité. Pour asseoir son propos, il prend évidemment un exemple dans l’histoire médiévale, celui de l’Espagne qui, pendant plus de mille ans, s’est épanouie autour de trois religions monothéistes et qui a su trouver sa voie moderne dans l’organisation d’autonomies régionales.

Il est sans doute également inspiré par ses souvenirs de jeunesse en Pologne :

Ce qui a surtout façonné notre paysage, notre paysage politique et culturel, ce sont bien avant les partages de la fin du XVIIIe siècle, l’expansion territoriale du pays et la formidable coexistence ethnique et culturelle [ …] qui en a résulté. Si l’on considère, par exemple, le développement de Lvov, on s’aperçoit que cette ville a vu cohabiter des gens très différents, des Polonais, des Juifs, des Allemands, des Arméniens, et ce depuis le Moyen Age jusqu’à l’époque contemporaine. (op.cit p.9)

Ou encore :

Varsovie est tout cela à la fois. Une ville qui porte l’empreinte de l’Orient et qui aspire à appartenir à l’Europe. Un de mes amis universitaires m’a dit un jour qu’il avait la sensation, lorsqu’il revenait de ses cours à Bialystok, de passer d’Asie en Europe au moment précis où le train passait le pont sur la Vistule. (Op.cit. p.11)

Ce serait donc, selon lui, l’une des plus belles missions de l’Europe moderne que de se constituer dans le monde comme une entité forte et généreuse qui soit tissée d’autant d’identités différentes qui en feraient en même temps la richesse.

Il devra y avoir place, dans l’Europe de demain, pour l’expression de nos différences. […] Je crois profondément que l’héritage culturel de notre continent est la clé de son avenir. (op.cit. p.149)[4]

 

Sur ce sujet, la voie est ouverte à la discussion…

 

Edith HERDHUIN, décembre 2004

 

 

 

 

Sites Internet :

·         Collège d’Europe, Natolin : Chaire de civilisation européenne.

Créée au sein du Collège d’Europe (campus de Natolin, Varsovie) suite à un accord avec le Collège d’Europe de Bruges, elle fut inaugurée en février 2002. Son principal objectif est de fournir aux étudiants des conférences débats, les informations nécessaires pour appréhender les enjeux actuels de l’intégration européenne, dans leur dimension culturelle et historique

http://www.coleurop.be

·         La chaîne de télévision Histoire a consacré en mai 2002 quatre émissions à B. Geremek dans sa collection Mémoire vivante :

- Le juste de Varsovie
- L’écrivain engagé
- Le médiéviste
- L’homme politique
 

http://www.histoire.fr

 

Bibliographie universitaire : ouvrages de B. Geremek
- Les Marginaux parisiens au XIVe et XVe siècles – Flammarion, 1976 et 2001
- La potence ou la pitié. L’Europe et les pauvres du Moyen Age à nos jours - Gallimard, 1987
- Les fils de Caïn. L’image des pauvres et des vagabonds dans la littérature du XVe au XVIIe siècles ,
Flammarion, 1991 et 1998
- Passions communes (en collaboration avec Georges DUBY, Le Seuil, 1992

           Bibliographie « politique » :
            - L’historien et le politique –Entretiens de B. Geremek avec Juan Carlos Vidal, Les éditions Noir sur Blanc, 1999


Articles :
-  Le Monde du 20 juillet 2004 : Parlement européen, les points de vue de B. Geremek et de F. Bayrou.
-  Le Monde du 18 février 2004 : L’Europe, sa mémoire, ses valeurs, de Thomas Ferenczi (p.16)

 



[1] Michel FOUCAULT, Surveiller et punir, Gallimard, 1975

[2] Notons, non sans jouer sur cette marge délicate où la politique rejoint l’histoire, que la Pologne a été le premier pays à féliciter Viktor Iouchtchenko de sa victoire, avant même la publication officielle des résultats (cf. Le Monde du mardi 28 décembre 2004)

[3] Romano Prodi déclare que, selon son sentiment, pour parvenir à « fabriquer des européens, il est nécessaire que les européens se sentent porteurs de valeurs communes, qu’ils prennent conscience de leur identité. Pour ce faire, il a chargé un groupe de travail, placé sous la responsabilité du philosophe polonais Krzysztof Michalski, de réfléchir à la dimension spirituelle et culturelle de l’Europe. B. Geremek fait partie de ce groupe qui devrait avoir produit son rapport depuis cette date. L’autre initiative, privée, est la création d’un musée de l’Europe qui ouvrirait ses portes en 2007. L’historien et ami de B. Geremek, Krzysztof Pomian, préside son comité scientifique dont la Maison de Jean Monnet fait partie au titre du réseau des Musées de l’Europe (voir Le Monde du 18 février 2004)
Voir enfin les Actes du colloque de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques, qui s’est tenu le 12 février 2004 à Lille sur le thème « Quelles valeurs pour l’Union européenne ? »

[4]  Il rejoint en cela son ami Krzystof Pomian, cité par Thomas Ferenczi (Monde du 18 février) : « L’histoire de l’Europe n’est pas une addition d’histoires nationales. Elle est une histoire des aspirations à unifier le continent tout entier. »

  



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