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Bronislaw
Geremek,
de l’Europe médiévale au Parlement européen
« Ses
détracteurs disent de ses objectifs
qu’ils sont si obscurs que quand il prend les escaliers, on
ne sait jamais si c’est pour les monter ou pour les descendre. Ses
partisans soutiennent que c’est bien lui le diplomate politique
numéro 1, le grand Européen, un civilisateur.[…] Cet homme
calme, chaleureux, doté d’un sens de l’humour très fin, fumant
son inséparable pipe avec un sourire un peu mystérieux, attire la
sympathie de beaucoup de polonais et jouit d’un respect qui dépasse
le cercle de ses amis politiques les plus proches.»
Bogumil
Luft, Ancien Ambassadeur de Pologne en Roumanie
de 1993 à 1999
I
– Le professeur
II - Le politique
III - Le député
européen
I – Le professeur
Celui que ses amis appellent le Professeur
est né le 6 mars 1932 à Varsovie dans une famille juive. Il a évité
de justesse l’holocauste grâce au dévouement d’une famille chrétienne
qui l’a adopté.
Avant d’entreprendre ses études à
Varsovie, Bronislaw Geremek a longtemps hésité, préférant à
l’histoire les sciences sociales, plus enracinées dans le vivant.
Mais, conseillé par un sociologue connu, il finit par choisir
l’histoire, dans laquelle il aura davantage les coudées franches.
Après quelques prises de bec idéologiques avec les représentants
du Parti communiste lors de séminaires sur la 1ère
Internationale, révélatrices des aspects ingrats de l’histoire
contemporaine, il opte enfin pour la période médiévale. Diplômé
d’histoire à l’Université de Varsovie en 1954, B. Geremek
poursuit ses études à Paris, au court de différents séjours (de
1956 à 1965) qui furent pour lui l’apprentissage de la liberté :
Mes
premiers contacts, je les ai pris dans les milieux de gauche et
parmi les chercheurs en sciences humaines. Il s’agissait dans
l’un et l’autre cas d’échapper au monde du dogme (in
L’Historien et le Politique, Entretiens avec Juan Carlos Vidal,
1997, p.34)
A l’Ecole des Hautes Etudes, il se spécialise
très vite en histoire médiévale européenne. Dans l’ouvrage cité
ci-dessus, il rend hommage à l’école des Annales pour la
contribution qu’elle a apportée à sa formation d’historien.
L’école
des Annales a radicalement renouvelé ma vision de l’histoire,
m’a fait découvrir une histoire où la durée était présente et
où les hommes étaient présents. (op.cit. p.48)
Il rend à Fernand Braudel, entre autres, le
plus précieux hommage qui soit, celui de l’amitié au sens le
plus humaniste du terme :
Il
avait l’habitude, après les cours [allusion aux séminaires de
l’Ecole pratique des Hautes Etudes dirigés par F. Braudel sur le
monde méditerranéen à l’époque de Philippe II], d’inviter au
café du coin le petit cercle de ses disciples […] Braudel avait
ce talent rare de créer une atmosphère où l’étude n’avait
pas pour finalité un diplôme mais constituait une véritable
aventure intellectuelle. (op.cit. p.44)
Et il conclut en manière de bilan :
C’est
là le grand legs de l’école des Annales, qui a su emprunter
beaucoup à l’ethnologie, à l’anthropologie, à la sociologie,
à la psychologie, à la psychanalyse. (op.cit. p.70)
Titulaire d’un doctorat d’histoire de
l’Académie des Sciences polonaises en 1960 il devient le premier
directeur du Centre de Civilisation polonaise de Paris de 1960 à
1965. Chargé de cours à la Sorbonne, il enseigne ensuite dans
plusieurs universités américaines et européennes et dirige à
Varsovie le laboratoire de l’histoire de la culture médiévale de
1965 à 1980. Il est aussi titulaire, depuis 1993, de la chaire
internationale du Collège de France « Histoire sociale :
exclusions et solidarités ». Sa leçon inaugurale, puis tous
ses cours, sont marqués du sceau du plus profond humanisme :
J’attache
une grande importance à cet essai [Histoire sociale :
exclusions et solidarités] où j’ai voulu faire passer le message
selon lequel il est essentiel, pour comprendre une société, de déterminer
comment y fonctionne l’exclusion et comment y fonctionne la
solidarité. Toutes les sociétés qui sont apparues dans
l’histoire de l’humanité peuvent être étudiées, et éventuellement
jugées, de ce double point de vue : leur propension à
interdire, à marginaliser, à exclure, et inversement leur capacité
de solidarité, de générosité, de fraternité. (op.cit. p.77).
Comme
en quête de ses plus profondes racines, et marqué par son passé,
B. Geremek consacre donc l’essentiel de ses recherches à l’étude
de la marginalité sociale dans les sociétés médiévales européennes.
Ce dont témoignent plusieurs de ses ouvrages (voir bibliographie en
fin d’article).
Fidèle
à sa vocation d’enseignant, il est aujourd’hui titulaire de la
Chaire de Civilisation européenne au Collège d’Europe de Natolin,
près de Varsovie (voir ci-dessous).
II – Le politique
Je
venais de passer trois ans en province, dans un milieu un peu
compassé, très catholique,
et j’étais moi-même membre d’organisations de jeunesse
catholiques. A seize ans, je suis revenu à Varsovie et je me suis
mis à lire beaucoup d’ouvrages marxistes. Ce n’est pas la
politique qui a provoqué en moi ce changement, cet engagement, ce
sont les livres. […] Je découvrais un univers nouveau, où la
culture française comptait beaucoup. (op.cit. p.79)
A son retour de Paris, en 1965, il rejoint le
courant révisionniste du Parti communiste dans lequel il voit
« une volonté de retrouver le contenu humaniste du marxisme »
(p.81).
Je
me reconnaissais dans ce mélange de marxisme et d’humanisme, et
je croyais qu’en suivant cette voie on pourrait redonner au
marxisme son identité véritable, qui était l’antithèse de la
dictature, du pouvoir du parti unique. (p.81)
Membre actif du Parti Communiste au pouvoir pendant dix-huit ans, B.
Geremek le quitte en 1968, en signe de protestation contre
l’intervention des troupes du Pacte
de Varsovie en Tchécoslovaquie et se retrouve dans l’opposition.
Il participe à une université « privée » dont les
cours se tiennent dans des appartements de particuliers pour faire
passer les savoirs fondamentaux auxquels tout citoyen devrait
avoir
accès dans un pays démocratique : histoire, économie,
sociologie, culture générale. L’Université volante, de son vrai
nom, était un héritage du XIXe siècle, au cours duquel, sous
l’occupation du tsar de Russie, s’était créée la première
institution portant ce nom. Grâce
à Geremek, intervenaient tous les grands noms de l’intelligentsia
varsovienne dans une ambition profondément démocratique de donner
à tous l’accès au s
avoir
.
Cette « université » a été du reste très liée au
KOR, comité de défense des ouvriers, à partir de 1976, date de sa
création.
« C’est
ainsi que s’est instauré, peu avant 1980, un climat qui a permis
de réduire l’abîme qui séparait l’attitude politique des
ouvriers de celle de l’intelligentsia ». (p.94)
En 1980, il va à Gdansk transmettre un
message de solidarité des intellectuels de Varsovie aux ouvriers en
grève et Lech Walesa l’invite à participer aux négociations. Le
Professeur et l’ouvrier électricien s’entendent assez pour
devenir les acteurs de la lutte pour la liberté. Ainsi naît
Solidarnosc (solidarité en polonais), célébrant, dans ce que B.
Geremek appellera plus tard un « moment de grâce »
l’alliance entre les intellectuels et les travailleurs manuels.
C’est le seul pays d’Europe de l’Est où existe un mouvement
de masse, très vite fort de dix millions de membres, qui forme un
contrepouvoir au communisme au nom de la liberté individuelle et
collective.
Après le coup d’état militaire du général
Jaruzelski, le 13 décembre 1981, Bronislaw Geremek subit un an
d’emprisonnement dans le nord de la Pologne. Loin de se laisser
abattre, et toujours fidèle à sa mission de pédagogue, il crée
avec quelques amis intellectuels ce qu’il appelle le « Pen
Club en prison » (ils étaient une quinzaine de prisonniers à
faire partie du Pen Club international !) qui organise une fois
par semaine une soirée littéraire avec exposés, débats, lectures
ouverts à tous. C’est durant cette année, qu’il considère
comme particulièrement enrichissante, qu’il lira, en italien
(qu’il est en train d’apprendre) et avec une lenteur gourmande,
Le Nom de la rose, d’Umberto Eco. Il relit également Michel
Foucault (qui avait terminé la rédaction de son Histoire de la
folie à Varsovie en 1958) et découvre en prison son analyse de
l’univers carcéral[1] :
« une expérience extraordinaire ».
En 1989, Solidarnosc prend le pouvoir et
Geremek joue un rôle majeur dans le passage de la Pologne à la démocratie,
notamment, après l’élection de Lech Walesa à la présidence de
la République. C’est avec lui qu’il soumet au Parlement la révision
de la Constitution de 1952, révision qui implique l’abrogation du
monopole de l’Etat sur l’économie et le commerce et la
suppression dans la Constitution de toute référence au socialisme
et au rôle dirigeant du Parti communiste (« ce qui n’est
pas rien ! » commente-t-il dans ses Entretiens en maniant
plaisamment l’euphémisme).
Comme Vaclav Havel en Tchécoslovaquie,
Geremek a permis à la Pologne de changer de régime sans effusion
de sang. Bien plus, au delà des préoccupations internes à son
pays, il démontre avec
précision comment cette révolution en douceur (la Table ronde de
1989) a fait boule de neige (il parle même d’avalanche) dans les
pays limitrophes qui subissaient encore le joug du communisme :
influence directe sur la Tchécoslovaquie dont le « Forum
civique » de Vaclav Havel ressemblait comme deux gouttes
d’eau aux comités civiques organisés par l’opposition
polonaise auparavant. Puis ce
furent les délégations de Bulgarie, de Lituanie, etc… Il n’est
pas jusqu’à l’Ukraine qui, annonçant d’une certaine manière
les récents événements liés à l’élection de Viktor
Iouchtchenko, en décembre 2004, n’ait été prise un instant dans
le tourbillon[2].
Geremek raconte avec une satisfaction malicieuse
l’entretien qu’il a eu avec un envoyé de Gorbatchev :
Vous
autres polonais, dit l’émissaire, après
avoir
fini par accepter un verre de vodka, pouvez étendre votre influence
sur la Lituanie (…] et même sur les Républiques baltes, mais ne
touchez jamais à l’Ukraine, car toucher à l’Ukraine, c’est
toucher à la Russie. La Russie ne peut se passer de l’Ukraine,
qui n’a d’ailleurs jamais, de toute son histoire, été indépendante. »
(p.131)
Et l’envoyé de Gorbatchev de préciser, de
manière tout à fait inattendue, que ce n’est pas seulement parce
que l’industrie de la Russie dépend de l’Ukraine (pour la sidérurgie
entre autres) mais :
« parce
que Kiev est la capitale de la culture russe et de l’orthodoxie » .
Bien sûr, en bon historien, Geremek
n’omet pas de préciser qu’il sait parfaitement que ce sont des
facteurs appartenant à une dimension beaucoup plus vaste qui ont été
la cause de la défaite de l’URSS mais :
« le
cas polonais a prouvé l’efficacité de la désobéissance civile
et celle de l’auto-organisation […]Il suffit parfois d’un
grain de sable pour bloquer un engrenage. Dans le cas de
l’engrenage totalitaire, ce grain de sable a été la Pologne.
(p.132)
Bronislaw Geremek devient président de la Commission des Affaires étrangères
du Parlement polonais, ce qui lui permet d’
avoir
ses entrées auprès des élus politiques de toute l’Europe. Et en
1997, il devient ministre des Affaires étrangères, s’occupe de
faire entrer la Pologne dans l’OTAN et est le principal
intercesseur pour son adhésion à l’Union Européenne.
Il
dit à cette occasion :
« Si
l’Union européenne doit être une communauté à la mesure du
monde contemporain, elle ne peut se contenter d’être un club des
riches. »
Elu député européen après l’intégration
de la Pologne dans l’UE, B. Geremek bénéficie d’assez de
considération pour s’être présenté en juillet 2004 à la
candidature de président du Parlement européen.
Il rappelait quelques mois plus tôt ce mot prêté aux
artisans de l’unité italienne au XIXe siècle : « Nous
avons crée l’Italie, maintenant nous devons créer des Italiens. »
La formule, disait-il, pourrait s’appliquer à l’Union européenne :
Nous avons construit l’Europe, il nous reste à créer des européens.
(Propos rapportés par Thomas Ferenczi dans le Monde du 18 février
2004, p.16 dans un article intitulé : L’Europe, sa mémoire,
ses valeurs[3]).
Mais c’est le socialiste espagnol Josep Borrell, bénéficiant des
voix de droite, qui est élu le 20 juillet 2004.
Dans un entretien
accordé au journal Le Parisien le 25 octobre 2002, Roger
Badinter voyait déjà B. Geremek, parmi d’autres personnalités
(Jacques Delors, Mario Soares) comme candidat possible à une
« présidence de l’Union européenne », affirmant que
« l’Europe a besoin d’une grande personnalité emblématique
qui n’exercerait pas de pouvoir politique mais un magistère moral
et témoignerait de son unité ». Badinter évoquait également
une sorte « d’incarnation morale », ce qui est un beau
compliment pour le représentant d’un pays qui venait tout juste
d’adhérer.
III
– Le député européen B. Geremek favorable à une Europe
largement ouverte
à l’Est et au Sud
L’ouverture simultanée
de l’Union en direction de la Méditerranée et de l’Europe
centrale mettrait en évidence la nécessité de la diversité,
l’acceptation des différences, de la recherche de modèles de développement
qui soient fonction du niveau atteint par chaque pays, tout en
veillant, naturellement, à ce qu’il n’y ait pas de fossé entre
le niveau de développement des uns et celui des autres. (op.cit.
p.148)
Dans un « chat » organisé par le
journal Le Monde le 23 octobre dernier, B. Geremek apporte quelques
éléments nouveaux à la réflexion sur l’intégration de la
Turquie dans l’Union européenne.
Il
n’existerait pas d’objection d’ordre économique, selon lui,
puisque la Turquie n’est pas plus pauvre que la Roumanie, futur
entrant, et qu’elle représente un marché de consommateurs bien
plus important.
Pas
davantage d’objection d’ordre culturel ou religieux : Il y
a déjà 12 à 15 millions de musulmans sur le territoire de l’U.E
et la Turquie est un pays laïque. Enfin, la Turquie « européenne »
pourrait jouer un rôle majeur dans les conflits du Proche-Orient.
On
voit vite dans ce type de raisonnement que le Polonais Geremek
n’adopte pas le même angle de vue que l’Européen de l’Ouest.
Il envisage déjà comme des évidences la candidature de
l’Ukraine et celle de la Biélorussie et voit, dans une évolution
à long terme, le centre de gravité de l’Europe se déplacer de
plus en plus vers l’Est. Déjà, en 1991, il reprochait à
l’Europe occidentale, après la chute du mur de Berlin et la
dissolution du bloc communiste, de ne pas
avoir
tendu la main plus vite aux pays
d’Europe Centrale et Orientale pour leur offrir une coopération
au sein de la Communauté. On aurait pu éviter, selon lui, la
scission de la Tchécoslovaquie et épargné bien des tribulations
aux pays des Balkans.
Si
Bronislaw Geremek envisage une intégration simultanée des pays de
l’Est et de ceux qu’il appelle encore « pudiquement »
dans ses Entretiens, en 1997, les pays de la Méditerranée, c’est
parce qu’une fois de plus il raisonne en historien et en
humaniste. L’histoire a déjà prouvé que des communautés très
différentes pouvaient cohabiter dans l’harmonie et la créativité.
Pour asseoir son propos, il prend évidemment un exemple dans
l’histoire médiévale, celui de l’Espagne qui, pendant plus de
mille ans, s’est épanouie autour de trois religions monothéistes
et qui a su trouver sa voie moderne dans l’organisation
d’autonomies régionales.
Il
est sans doute également inspiré par ses souvenirs de jeunesse en
Pologne :
Ce
qui a surtout façonné notre paysage, notre paysage politique et
culturel, ce sont bien avant les partages de la fin du XVIIIe siècle,
l’expansion territoriale du pays et la formidable coexistence
ethnique et culturelle [ …] qui en a résulté. Si l’on considère,
par exemple, le développement de Lvov, on s’aperçoit que cette
ville a vu cohabiter des gens très différents, des Polonais, des
Juifs, des Allemands, des Arméniens, et ce depuis le Moyen Age
jusqu’à l’époque contemporaine. (op.cit p.9)
Ou
encore :
Varsovie
est tout cela à la fois. Une ville qui porte l’empreinte de
l’Orient et qui aspire à appartenir à l’Europe. Un de mes amis
universitaires m’a dit un jour qu’il avait la sensation,
lorsqu’il revenait de ses cours à Bialystok, de passer d’Asie
en Europe au moment précis où le train passait le pont sur la
Vistule. (Op.cit. p.11)
Ce
serait donc, selon lui, l’une des plus belles missions de
l’Europe moderne que de se constituer dans le monde comme une
entité forte et généreuse qui soit tissée d’autant d’identités
différentes qui en feraient en même temps la richesse.
Il
devra y
avoir
place, dans l’Europe de demain, pour l’expression de nos différences.
[…] Je crois profondément que l’héritage culturel de notre
continent est la clé de son avenir. (op.cit. p.149)[4]
Sur ce
sujet, la voie est ouverte à la discussion…
Edith
HERDHUIN, décembre 2004
Sites
Internet :
·
Collège d’Europe, Natolin : Chaire de civilisation
européenne.
Créée
au sein du Collège d’Europe (campus de Natolin, Varsovie) suite
à un accord avec le Collège d’Europe de Bruges, elle fut inaugurée
en février 2002. Son principal objectif est de fournir aux étudiants
des conférences débats, les informations nécessaires pour appréhender
les enjeux actuels de l’intégration européenne, dans leur
dimension culturelle et historique
http://www.coleurop.be
·
La chaîne de télévision
Histoire a consacré en mai 2002 quatre émissions à B. Geremek
dans sa collection Mémoire vivante :
-
Le juste de Varsovie
-
L’écrivain engagé
-
Le médiéviste
-
L’homme politique
http://www.histoire.fr
Bibliographie
universitaire : ouvrages de B. Geremek
-
Les Marginaux parisiens au XIVe et XVe siècles –
Flammarion, 1976 et 2001
-
La potence ou la pitié. L’Europe et les pauvres du Moyen
Age à nos jours - Gallimard, 1987
-
Les fils de Caïn. L’image des pauvres et des
vagabonds dans la littérature du XVe au XVIIe siècles ,
Flammarion, 1991 et 1998
-
Passions communes (en collaboration avec Georges DUBY,
Le Seuil, 1992
Bibliographie
« politique » :
- L’historien et le politique –Entretiens de B. Geremek avec Juan
Carlos Vidal, Les éditions Noir sur Blanc, 1999
Articles :
-
Le Monde du 20 juillet
2004 : Parlement européen, les points de vue de B. Geremek et
de F. Bayrou.
-
Le Monde du 18 février
2004 : L’Europe, sa mémoire, ses valeurs, de Thomas Ferenczi
(p.16)
[1]
Michel FOUCAULT, Surveiller et punir, Gallimard, 1975
[2]
Notons, non sans jouer sur cette marge délicate où la
politique rejoint l’histoire, que la Pologne a été
le premier pays à féliciter Viktor Iouchtchenko de sa
victoire, avant même la publication officielle des résultats
(cf. Le Monde du mardi 28 décembre 2004)
[3]
Romano Prodi déclare que, selon son sentiment, pour
parvenir à « fabriquer des européens, il est nécessaire
que les européens se sentent porteurs de valeurs
communes, qu’ils prennent conscience de leur identité.
Pour ce faire, il a chargé un groupe de travail, placé
sous la responsabilité du philosophe polonais Krzysztof
Michalski, de réfléchir à la dimension spirituelle et
culturelle de l’Europe. B. Geremek fait partie de ce
groupe qui devrait
avoir
produit son rapport depuis cette date. L’autre
initiative, privée, est la création d’un musée de
l’Europe qui ouvrirait ses portes en 2007.
L’historien et ami de B. Geremek, Krzysztof Pomian, préside
son comité scientifique dont la Maison de Jean Monnet
fait partie au titre du réseau des Musées de
l’Europe (voir Le
Monde du 18 février 2004)
Voir enfin les
Actes du colloque de l’IRIS (Institut de relations
internationales et stratégiques, qui s’est tenu le 12
février 2004 à Lille sur le thème « Quelles
valeurs pour l’Union européenne ? »
[4]
Il rejoint en cela son ami Krzystof Pomian, cité
par Thomas Ferenczi (Monde du 18 février) :
« L’histoire de l’Europe n’est pas une
addition d’histoires nationales. Elle est une histoire
des aspirations à unifier le continent tout entier. »
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