|
A
la suite des « non » français et néerlandais à
la ratification du Traité constitutionnel européen au
printemps 2005, il n’y a eu ni « grand soir »
européen, ni mise en œuvre d’un « plan B ». Un
certain « europessimisme » s’est installé dans
plusieurs pays, et l’Europe, faute de Constitution et faute
de « grand projet », comme avaient pu l’être la
mise en place du Marché Unique en 1985-1993, puis celle de
l’euro, en 1993-2002, semble en panne. On a déjà connu,
dans le passé récent, de telles périodes de crises ou de
panne. Au cours des siècles précédents, les crises
engendraient régulièrement des guerres sanglantes entre
nations européennes ; depuis la création de la
Communauté Européenne, dans les années 1950, à
l’initiative de quelques hommes courageux et visionnaires,
les crises donnent désormais lieu à des discussions, des
propositions, des contre-propositions, des débats, et des
votes, ce qui est infiniment préférable…
Pour éclairer le présent et les perspectives
d’avenir, il n’est jamais inutile de rappeler le passé.
Ainsi, on rappellera que les périodes de panne et de crise
ont été cycliques depuis l’appel du 9 mai 1950 à
l’initiative de deux grands hommes français (Monnet et
Schuman) : au milieu des années 1950, avec l’échec de la
Communauté Européenne de Défense proposée puis rejetée
par la France, au milieu des années 1960, avec la crise de la
« chaise vide » initiée par le général de
Gaulle en raison d’un désaccord notamment sur le
financement de la politique agricole commune, au milieu des
années 1970, suite à la crise monétaire et au choc pétrolier
de 1973, au milieu des années 1980, suite au 2ème
choc pétrolier et à la prolifération des entraves
protectionnistes aux échanges intra-communautaires… On
rappellera également qu’elles ont généralement suivi des
périodes de construction dynamique et qu’elles ont jusqu’à
présent été suivies par des périodes de relances
ambitieuses…
Comme je l’écrivais dans mon précédent éditorial, nous
pensons qu’il est plus que jamais indispensable de parler
simplement de cette construction européenne de la manière la
plus compréhensible et la plus transparente possible, de la
manière la plus humaine possible également, parce que, comme
Monnet, nous pensons que le plus bel accomplissement de
l’Union Européenne, ne sera pas de coaliser des Etats mais
d’unir des hommes. Nous poursuivons donc, à notre échelle,
notre travail sur l’histoire et l’actualité européennes,
en faisant part des avancées et des blocages, en donnant des
informations sur certains programmes mis en œuvre et certains
projets en cours, tant ceux des institutions européennes, que
ceux des institutions nationales, d’organismes publics ou
privés…
Dans ce numéro 9 des Cahiers Européens d’Houjarray, nous
avons souhaité donner un coup de projecteur sur la présidence
autrichienne de l’UE, dont le mandat a débuté le 1er
janvier et s’achèvera le 30 juin 2006. En ce qui concerne
également l’actualité, nous tentons d’analyser les évolutions
récentes du fameux projet de Directive dite « Bolkestein »,
sur la libre-circulation des services. Vous pourrez lire également
deux interviews de personnalités d’Europe orientale, une à
vocation politique, celle de S.E. l’Ambassadeur de Roumanie
en France, et une à vocation culturelle, celle de la
directrice d’un festival de théâtre en Slovaquie ; un
petit dossier sur les 2 pays qui rejoindront l’Union européenne
en 2007 ou 2008 : la Bulgarie et la Roumanie ; le
portrait d’un « bâtisseur d’Europe » qui vécut
il y a plus de 1000 ans, Gerbert d’Aurillac qui deviendra le
pape Sylvestre II ; des brèves et des lectures ; et
la poursuite de notre Voyage à travers les origines des mots
européens…
N’hésitez pas à nous contacter à info@jean-monnet.net si vous avez des
commentaires, des remarques ou même des suggestions
d’articles ou de brèves…
Bonne lecture !
Arnaud
PINON
Rédacteur en chef
Directeur de l’Association Jean Monnet
|