n Accueil  nSommaire
n
Retour     nSuivant
le webzine sur l'Europe de l'Association Jean Monnet - N° 9 / Avril 2006

Parlez-vous européen ?

   
Voyage aux Origines des Mots Européens
 

 

Des racines communes pour des langues sœurs… (Suite)

 

 

-          bandwa (germanique) : signe, étendard

*  Langues modernes :

    Français : abandon (de la locution « laisser à bandon » - « bandon » signifie « volonté », « force » en Ancien français), abandonner, bannière, banderille (via l’ espagno l), bandoulière (via l’ espagno l), bannir, bandit (via l’italien), bande (via l’italien), forban.

>    Anglais : abandon (abandonner), abandonment (abandon), banner (bannière), banish (bannir), band (orchestre).

>    Allemand : Banner (bannière), Bande (troupe)

>    Espagnol : banda (écharpe), desbandar (débander), abandono (abandon), abandonar (abandonner), bandera (bannière), banderilla (banderille), banderola (banderolle), bandolera (bandoulière), bandido (banni).

>    Italien : banda (écharpe, bande), disbandare (débander), abbandono (abandon), abbandonare (abandonner), bandiera (bannière), bandoliera (bandoulière), bandire (bannir), bandito (bandit).

 

-          bank (Germanique), banc

*  Langues modernes :

>    Français : banc, bancal, banquette ; banque, banquier, banqueroute (via l’italien) ; banquet (via l’italien).

>    Anglais : bank (banque), banker (banquier), bankrupt (failli); banquet (banquet); bank (talus), bench (banc).

>    Allemand : Bank (banc, banque), Bankier (banquier).

>    Espagnol : banco (banc), banquero (banquier), banquete (banquet).

>    Italien : banco (banc), banca (banque), banchiere (banquier), bancarotta (banqueroute), banchetto (banquet).

 

-          baris (grec), barque égyptienne

>    barica (Latin) : barque.

>    barge (Anc. Français) : barque

*  Langues modernes :

>     Français : barge, barque, débarquer, embarquer (via l’italien) ; embarcadère, embarcation (via l’ espagno l).

>        Anglais : barge (péniche, barge), bark (barque), embark (embarquer), disembark (débarquer).

>         Allemand : Barke (barque).

>       Espagnol : barca (barque), embarcar (embarquer), embarcacion (embarcation), embarcadero (embarcadère).

>       Italien : barca (barque), imbarcare (embarquer), imbarcazione (embarcation), imbarcadore (embarcadère).

 

-     barra (Latin populaire),  barre

*  Langues modernes :

>    Français : barre, barrer, barreau, barrage, barrière ; rembarrer ; embarrasser ; embargo (via l’ espagno l).

>    Anglais : bar (barre), barrage (barrage), barrier (barrière) ; embarrass (embarrasser), embarrassment (embarras).

>    Allemand : Barre (barre).

>    Espagnol : barra (barre), barrear (barrer), barrera (barrière), embargo (embarras), embargar (embarrasser), embarazar (embarrasser).

>  Italien : barra (barre), barrare (barrer), barriera (barrière), imbarrare (barrer), imbarazzare (embarrasser).

 

-     basium (latin),  (un) baiser

*  Langues modernes :

>    Français : baiser.

>    Espagnol : besar (baiser - verbe), beso (baiser – nom).

>   Italien : baciare (baiser – verbe), bacio (baiser – nom).

 

-                     bast- (Germanique),  écorce

>    bestan (ancien haut allemand) : lacer, coudre.

>    baste (ancien français) : couture

>    bastillier (ancien français) : fortifier

*  Langues modernes :

>        Français : bâtir, bâtiment, bâtisse, bastion, embastiller.

>        Anglais : baste (faufiler), bastion (bastion).

>        Allemand : Bast (écorce).

>       Espagnol : bastear (faufiler), bastidor (métier à broder), bastilla (ourlet).

>        Italien : bastione (bastion) ; imbastire (faufiler).

 

-                     battuere (Latin),  battre

>    bateïs, bateüre (ancien français) : action de battre

*  Langues modernes :

>        Français : battre ; batterie ; battoir ; battue ; courbatu ; débattre, débat ; ébattre, ébat ; combattre, combat ; bataille, batailler ; bataillon (via l’italien).

>        Anglais : battle (bataille) ; battlement (créneau) ; battery (batterie) ; combat ; débate (débattre, débats).  

>        Allemand : Batterie ; Bataillon.

>        Espagnol : batir (battre) ; combatir (combattre) ; batalla (bataille).

 

>        Italien : battere (battre) ; combattere (combattre) ; battaglia (bataille), battaglione (bataillon).

 

 

Arnaud Pinon
mars 2006, 
d’après le Dictionnaire des racines des langues européennes, 
R.Grandsaignes d’Hauterive, Larousse
.

 

 

 

Les noms des lettres

La naissance de l’alphabet, c’est-à-dire d’un système d’écriture notant les voyelles indépendamment des consonnes, s’est produite au 1er millénaire avant J.C. lorsque des populations de langue grecque se sont trouvées en contact avec des populations phéniciennes : le syllabaire sémitique de ces dernières a été alors aménagé en fonction des besoins spécifiques du grec pour permettre en particulier la notation des voyelles indispensables au grec.

Les signes du syllabaire phénicien correspondaient à l’origine à la première lettre d’un mot de la langue : ?alep, « bœuf », bêt, « maison », gimel, « chameau », dalet, « porte », etc.. C’est par ces noms qu’ils ont été ensuite désignés. Les appellations ont été conservées en grec, devenant alpha, bêta, gamma, delta, etc., mais les noms ne voulaient alors plus rien dire en dehors de la désignation des lettres.

Lorsque l’alphabet grec a été adapté à la langue latine, des formes abrégées ont été adoptées, en gardant le son des consonnes, suivi de « é » pour B, C, D, G, P, T, et précédé de cette même voyelle pour F, L, M, N, R, S. Les seules exceptions étaient la lettre K, prononcée [ka], et la lettre Q, prononcée [ku].

Par ailleurs, les Romains ont fait subir quelques distorsions à l’alphabet grec. Ils avaient en particulier transcrit le gamma grec par un C et non par un G – car les Etrusques, qui leur avaient transmis l’alphabet, avaient utilisé ce signe pour noter l’équivalent de [k]. Les Romains ont donc dû ajouter la lettre G, dont ils avaient besoin pour noter [g]. Ils l’ont placée dans la première partie de l’alphabet, arbitrairement à la place du Z grec, tandis qu’ils repoussaient en fin de liste les consonnes Y et Z qui ne sont que des additions tardives. Dans le premier alphabet latin, qui ne comptait que 23 lettres, on peut remarquer les absences de J, U et W. Dans la graphie du français, les distinctions entre I et J, d’une part, U et V, d’autre part, ne datent que du XVIème siècle, tandis que l’adjonction du W a eu lieu au XIXème siècle.

D’après l’Aventure des Langues en Occident, Henriette Walter, Livre de Poche, 1994.

* * * * *

<retour>

Copyright (c) 2006 - Association Jean Monnet - Contact Technique - Pour nous contacter