Voyage
aux Origines des Mots Européens
Des racines communes pour des langues sœurs…
(Suite)
-
bandwa
(germanique) : signe, étendard
*
Langues modernes :
Français : abandon (de la locution
« laisser à bandon » - « bandon » signifie
« volonté », « force » en Ancien français),
abandonner, bannière, banderille (via l’
espagno
l),
bandoulière (via l’
espagno
l),
bannir, bandit (via l’italien), bande (via l’italien), forban.
>
Anglais
: abandon (abandonner), abandonment (abandon), banner (bannière),
banish (bannir), band (orchestre).
>
Allemand :
Banner (bannière), Bande (troupe)
>
Espagnol :
banda (écharpe), desbandar (débander), abandono (abandon),
abandonar (abandonner), bandera (bannière), banderilla
(banderille), banderola (banderolle), bandolera (bandoulière),
bandido (banni).
>
Italien :
banda (écharpe, bande), disbandare (débander), abbandono
(abandon), abbandonare (abandonner), bandiera (bannière),
bandoliera (bandoulière), bandire (bannir), bandito (bandit).
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bank (Germanique), banc
*
Langues modernes :
>
Français :
banc, bancal, banquette ; banque, banquier, banqueroute (via
l’italien) ; banquet (via l’italien).
>
Anglais :
bank (banque), banker (banquier), bankrupt (failli); banquet
(banquet); bank (talus), bench (banc).
>
Allemand :
Bank (banc, banque), Bankier (banquier).
>
Espagnol :
banco (banc), banquero (banquier), banquete (banquet).
>
Italien :
banco (banc), banca (banque), banchiere (banquier), bancarotta
(banqueroute), banchetto (banquet).
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baris
(grec), barque égyptienne
>
barica
(Latin) : barque.
>
barge
(Anc. Français) : barque
*
Langues modernes :
> Français : barge, barque, débarquer, embarquer (via
l’italien) ; embarcadère, embarcation (via l’
espagno
l).
>
Anglais :
barge (péniche, barge), bark (barque), embark (embarquer),
disembark (débarquer).
>
Allemand :
Barke (barque).
>
Espagnol : barca (barque), embarcar (embarquer),
embarcacion (embarcation), embarcadero (embarcadère).
> Italien : barca (barque),
imbarcare (embarquer), imbarcazione (embarcation), imbarcadore
(embarcadère).
-
barra (Latin
populaire), barre
*
Langues modernes :
>
Français : barre, barrer, barreau,
barrage, barrière ; rembarrer ; embarrasser ;
embargo (via l’
espagno
l).
>
Anglais : bar (barre), barrage
(barrage), barrier (barrière) ; embarrass (embarrasser),
embarrassment (embarras).
>
Allemand : Barre (barre).
>
Espagnol :
barra (barre), barrear (barrer), barrera (barrière), embargo
(embarras), embargar (embarrasser), embarazar (embarrasser).
>
Italien : barra (barre), barrare (barrer), barriera
(barrière), imbarrare (barrer), imbarazzare (embarrasser).
-
basium
(latin), (un)
baiser
*
Langues modernes :
>
Français : baiser.
>
Espagnol :
besar (baiser - verbe), beso (baiser – nom).
>
Italien : baciare (baiser –
verbe), bacio (baiser – nom).
-
bast- (Germanique), écorce
>
bestan
(ancien haut allemand) : lacer, coudre.
>
baste
(ancien français) : couture
>
bastillier
(ancien français) : fortifier
*
Langues modernes :
>
Français : bâtir, bâtiment, bâtisse, bastion,
embastiller.
>
Anglais : baste (faufiler), bastion (bastion).
>
Allemand : Bast (écorce).
>
Espagnol : bastear (faufiler), bastidor (métier à
broder), bastilla (ourlet).
>
Italien : bastione (bastion) ; imbastire
(faufiler).
-
battuere (Latin), battre
>
bateïs,
bateüre (ancien français) : action de battre
*
Langues modernes :
> Français :
battre ; batterie ; battoir ; battue ; courbatu ;
débattre, débat ; ébattre, ébat ; combattre, combat ;
bataille, batailler ; bataillon (via l’italien).
>
Anglais : battle (bataille) ; battlement (créneau) ;
battery (batterie) ; combat ; débate (débattre, débats).
> Allemand :
Batterie ; Bataillon.
> Espagnol :
batir (battre) ; combatir (combattre) ; batalla
(bataille).
> Italien :
battere (battre) ; combattere (combattre) ; battaglia
(bataille), battaglione (bataillon).
Arnaud Pinon,
mars 2006,
d’après le Dictionnaire des
racines des langues européennes,
R.Grandsaignes d’Hauterive, Larousse.
Les noms
des lettres
La
naissance de l’alphabet, c’est-à-dire d’un système
d’écriture notant les voyelles indépendamment des
consonnes, s’est produite au 1er millénaire
avant J.C. lorsque des populations de langue grecque se sont
trouvées en contact avec des populations phéniciennes :
le syllabaire sémitique de ces dernières a été alors aménagé
en fonction des besoins spécifiques du grec pour permettre en
particulier la notation des voyelles indispensables au grec.
Les
signes du syllabaire phénicien correspondaient à l’origine
à la première lettre d’un mot de la langue : ?alep,
« bœuf », bêt,
« maison », gimel,
« chameau », dalet,
« porte », etc.. C’est par ces noms qu’ils ont
été ensuite désignés. Les appellations ont été conservées
en grec, devenant alpha, bêta, gamma,
delta, etc., mais les noms ne voulaient alors plus rien dire en
dehors de la désignation des lettres.
Lorsque
l’alphabet grec a été adapté à la langue latine, des
formes abrégées ont été adoptées, en gardant le son des
consonnes, suivi de « é » pour B, C, D, G, P, T,
et précédé de cette même voyelle pour F, L, M, N, R, S.
Les seules exceptions étaient la lettre K, prononcée [ka],
et la lettre Q, prononcée [ku].
Par
ailleurs, les Romains ont fait subir quelques distorsions à
l’alphabet grec. Ils avaient en particulier transcrit le
gamma grec par un C et non par un G – car les Etrusques, qui
leur avaient transmis l’alphabet, avaient utilisé ce signe
pour noter l’équivalent de [k]. Les Romains ont donc dû
ajouter la lettre G, dont ils avaient besoin pour noter [g].
Ils l’ont placée dans la première partie de l’alphabet,
arbitrairement à la place du Z grec, tandis qu’ils
repoussaient en fin de liste les consonnes Y et Z qui ne sont
que des additions tardives. Dans le premier alphabet latin,
qui ne comptait que 23 lettres, on peut remarquer les absences
de J, U et W. Dans la graphie du français, les distinctions
entre I et J, d’une part, U et V, d’autre part, ne datent
que du XVIème siècle, tandis que l’adjonction du W a eu
lieu au XIXème siècle.
D’après
l’Aventure des Langues
en Occident,
Henriette
Walter, Livre de Poche,
1994.
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