À l’origine, la
recherche d’un nouveau souffle communautaire se lie à une idée
de Melina Mercouri, alors ministre grecque de la culture, déclarant
qu’“il est temps de faire entendre les voix de la culture, de l’art et de
la créativité”, et de “créer
un dialogue vivant entre les cultures d’Europe tout en
respectant ce facteur déterminant de l’identité européenne
qu’est le respect des diversités”.
Ainsi naît en 1985
le projet symbole des Villes
européennes de la culture initié par le Conseil des
ministres de l’Union européenne. Un pari ambitieux autour
de ces villes prises en compte dans la construction européenne
après les états et les régions, et qui au delà de leur
localité, disent depuis longtemps le sens multiple de
l’Europe.
Quelque
20 ans d’enthousiasmes et de scepticismes,
de jeux d’équilibres multiformes,
coûteux, réussis mais déviés aussi, ont
mené à un affinement nécessaire des
objectifs initiaux et à des modifications
dans les critères et les procédures de
sélection.
Bon an mal an, on a
là un programme bien implanté. Et à un tournant
de sa maturation dans les textes comme dans son histoire, avec
le jumelage Luxembourg-Sibiu, on peut s’interroger sur sa
place dans cette avancée sans références, sans modèle
possible, qui est celle de l’Europe en quête de ce
qu’elle aspire, encore confusément, à devenir.
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©
Photo : Pierre-Olivier Deschamps / Agence Vu
Inauguré
en juillet 2006, le Musée d'Art Moderne
Grand-Duc Jean -Mudam-
(Architecte : I.M. Pei) fait
partie
d'un important programme d'infrastructures
destiné
à placer Luxembourg parmi les capitales culturelles.
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Avec
Sibiu 2007, théâtre et concerts dans
la salle Thalia, réouverte en 2004 et
nouveau lieu de résidence de l'Orchestre
Philharmonique d'Etat de Sibiu.
Et bien plus d'événements dans le centre
historique, sous les arcades gothiques, sur
les fortifications... |
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Glasgow
l’inattendue
Athènes, Amsterdam,
Berlin, Paris, et l’incontournable Florence… Le démarrage
du programme est timide, dans une ambiance de doute, autour de
critères flous et de capitales n’ayant rien à prouver, axées
sur des buts esthétiques souvent patrimoniaux, et le
tourisme.
L’objectif était
alors d’ouvrir au
public européen les aspects culturels particuliers de la
ville, de la région ou du pays concernés, et de concentrer
sur la ville désignée un certain nombre de contributions
culturelles des États-membres.
Arrive Glasgow en
1990. Ville post-industrielle violente, candidate insolite,
avec précisément la
volonté de transformer son image et d’engranger un
processus de régénération par la culture, elle
l’emporte sur 8 villes dont Liverpool, Cambridge, et sa
rivale de toujours Edimbourg.
Et tout change, avec
pour la première fois une année entière d’événements,
une structure non municipale et très professionnelle,
l’implication transversale de la communauté -développement
économique et urbain, tourisme, culture, éducation et
financiers privés,- et des spectacles
tous azimuts : près de 4 000 pour le théâtre,
presque autant pour la musique, un millier d’expositions,
sans oublier le sport.
Avec cet exemple réussi
d’appui multisectoriel, de médiatisation solide et de
repositionnement national et international, Glasgow
1990 contribue à lancer les Villes
européennes de la culture.
Mais cela n’exclut
pas, déjà, les remises en cause sur la durabilité des
actions culturelles et des emplois, créés surtout dans le
domaine précaire du tourisme, sur la pertinence
d’expositions simplificatrices coûteuses, sur la dimension européenne…
Autant d’options,
de succès et d’écueils qui préfigurent ceux des
Capitales ultérieures.
Un
formidable défi
Lieux de mémoire
comme d’innovations, créatrices de réseaux devançant
l’Europe politique, aires de proximité, de métissages et
de mutations, voilà les villes liées à la culture, ce
concept glissant qui inclut entre autres patrimoine,
forme vivante de l’expression culturelle et mode de vie
distinctif d’un groupe d’individus, - et qui, au delà
de ce qu’il englobe, est système de lecture et de relecture
fondamental de nos sociétés, de nos histoires, de nous-mêmes,
comme il est porteur de dialogues et d’échanges repensés.
Il
y avait là source de richesses autant que de dilemmes et de
constructions hybrides, tiraillées entre les voix multiples
des artistes, les pressions politiques, économiques,
touristiques, - et la nécessité de mettre en valeur la
personnalité unique des villes tout en la projetant dans une
vision identitaire européenne.
Quel
challenge pour le programme culturel, tendu entre ces forces,
que de ménager superproductions et initiatives locales,
institutions établies et artistes indépendants, festivités
ponctuelles et travail culturel obscur, de fond, qui
n’existe que dans la durée… Il ne s’agit pas seulement
de grand répertoire et de contemporain, ni même du plus
grand festival jamais imaginé. Aucune équipe n’ayant été
formée pour ça, il y eut de nombreux départs dès la phase
préparatoire, - et il y en a encore.
L’année
des Capitales Européennes de la Culture
Sur
des thématiques ouvertes, - Saisons,
Voyage, Villes, concepts comme Pensée,
Spiritualité et Créativité…-
avec une moyenne de 500 événements, on oscille entre 108
projets à Graz (pour
6
000 événements) et 2 000 à Lille. Une pléthore de
manifestations donc, -trop-, où chacun trouve son
compte, avec des célébrations d’ouverture fort efficaces
pour la mobilisation du public.
Élargissement de la
notion de culture, recours à l’idée de développement
durable, et perspectives sociales avec la volonté d’attirer
et d’éduquer de nouveaux publics, notamment les enfants,
les jeunes et des groupes défavorisés, - au delà du côté
festif des origines, de nouvelles priorités ont émergé
autour de réflexions sur les cultures urbaines.
Profitant de leur
localisation, comme Luxembourg
et Grande Région 2007 ou Lille
2004, certaines villes jouent à fond, avec succès,
l’atout du transfrontalier et de l’inter-régional initié
par Copenhague en 1996.
Quelquefois
prioritaires comme à Porto, Thessalonique et Gênes, des
travaux majeurs d’infrastructures ont presque partout été
entrepris: transports, aires publiques, rénovations de bâtiments
historiques et créations de nouveaux lieux dévolus aux arts
- une trentaine de musées dont 10 pour le contemporain, des
salles de concerts, plus de 30 centres culturels…. Après
nomination d’une Capitale, les travaux en cours s’accélèrent, les financements se
débloquent.
Son label CEC
1995 et des festivités à organiser sous chapiteaux déclenchent
pour Luxembourg une prise de conscience: douze ans et 800
millions d’euros plus tard, cette ville aujourd’hui Capitale 2007 s’est muée en centre de création et de diffusion.
Il y a eu parfois
bien des tollés sur les dépenses, d’autant plus qu’il
n’est pas toujours facile de faire vivre, et bien, dans leur
fonctionnement et leur contenu, tous les nouveaux espaces
culturels. Mais souvent, ces nouvelles infrastructures ont été
reçues comme un héritage symbolique précieux.
Pour sa part et bien
qu’avec de grandes variations, le tourisme connaît dans
l’ensemble un vrai boom – une croissance de 12% en moyenne
pendant l’événement, qui se maintient souvent l’année
d’après.
Ainsi, pour ce qui
est de la dynamisation des villes, les CEC sont vues comme une
action culturelle très positive, répondant à des préoccupations
le plus fréquemment tournées vers le tourisme d’abord,
puis vers l’emploi, l’image de la ville, et son développement
culturel.
Cela malgré souvent
des attaques de presse virulentes, des problèmes financiers
et des questionnements sur le long terme comme sur une adéquation
aux critères.
Culture
et perspectives européennes
C’est
bien d’elle dont il devrait s’agir. Mais trop fréquemment,
la culture n’a pas été l’objectif central des Capitales.
Lorsqu’elle
a eu sa place, elle s’est révélée être un concept
unificateur et un processus de régénération puissant des
villes et des régions. En parallèle, les programmes
culturels ont accru leur impact et leur durabilité
lorsqu’ils étaient intégrés à d’autres facettes du développement
urbain et à une vision globale de la ville.
Autre
raison d’être majeure des CEC, la dimension
européenne signifie pour celles-ci la
mise en valeur de leur propre patrimoine tout en insistant sur
leur place dans le patrimoine européen, avec une intensification
des échanges culturels entre pays européens.
Affichée dans
presque tous les programmes –
mais hautement
prioritaire pour seulement 4 capitales sur les 21 de la période
1995-2004 -, cette notion a connu bien des difficultés de
mises en oeuvre: pressions lui ôtant sa priorité, manque
d’expérience, ou non viabilité des projets au-delà de
l’année culturelle pour défauts de conception ou
insuffisance de budgets. Les événements, dans les faits, ont
été plus locaux ou inclus dans la rubrique International.
On
note bien entendu des projets -peu-, qui ont perduré, tel Trans Danse Europe créé en l’an 2000, de nouvelles entrées
dans des réseaux européens comme pour Stockholm avec les Informal European Theatre Meetings et pour Graz avec la Conférence
mondiale sur la paix et sur la religion, l’influence de
Berlin 1988 et de Salamanque 2002 respectivement sur la chorégraphie
et la dramaturgie européennes, des colloques comme What
about Europe dernièrement à Patras
2006.
D’autres
villes ont exploré leur passé européen - importance de Gênes
au XVIIe siècle, nombreuses idéologies et personnages
culturels associés à Weimar -, ou développé des thèmes
tels que
multiculturalisme et multilinguisme comme à Luxembourg en
1995.
Des
réalisations, donc, sans conteste, mais le plus souvent non
inscrites dans un ensemble cohérent leur assurant visibilité
et prolongement. Et au total, des capacités en matière
d’intégration européenne et de coopération peu concrétisées.
Quant
aux contacts avec les autres cultures du monde, toutes les
villes ont dit vouloir les développer, au travers de
manifestations le plus fréquemment réalisées avec les États-Unis
et le Japon, mais généralement restées ponctuelles.
Un
engagement qui se dessine
Renforcement
des critères en matière de dimension
européenne, augmentation de l’aide financière de la
Commission, mesures d’accompagnement et site internet spécifique:
ces nouvelles dispositions applicables en janvier 2007 tendent à valoriser
le rôle de partenaire et la visibilité de l’engagement de
l’UE dans ce programme, dont elle s’est surtout limitée
jusqu’ici à diriger le processus de sélection et de
financement.
Une position en écho à celle de la culture dans le
projet européen, telle que reflétée par l’article 151 du
Traité instituant l’Union, qui réduit les interventions de
l’UE à des actions d’appui, de coordination, et
de complément à
celles des États, - lesquels conservent l’essentiel des
compétences culturelles.
Le tout avec un budget minimum.
Il faut aussi rappeler qu’avant d’être déclarée communautaire
en 1999, l’action CEC a été intergouvernementale
jusqu’au choix de Lille
et Gênes 2004,
et que la désignation par les Etats membres de l’UE se
faisait selon des règles plutôt opaques pour la Commission,
dont la mission principale est, rappelons-le, de défendre
« l’intérêt général européen ».
Au total, pour un programme certes à améliorer mais
d’une importance et d’un potentiel indéniables, un
positionnement trop longtemps ambigu dont on a pu dire qu’il
se reflétait dans un engagement financier symbolique. Un
positionnement dont les institutions européennes commencent
à sortir…
(voir ci-après
Budgets et Procédures de désignation )
Un
tournant à ne pas rater
Convergences
de réflexions et d’ajustements, ouverture jusqu’en 2019
de tandems entre anciens et nouveaux États membres, - on est
à ce jour dans une phase propice à la régénération de ce
programme riche, malgré tout, de vrais accomplissements.
Et
ce d’autant plus qu’à l’inverse d’un Paris
1989 centré sur le bicentenaire de la Révolution française,
les candidatures des nouveaux membres peuvent être l’occasion de réinventer ce qu’est une Capitale de la culture, en
termes d’affirmation d’identité et d’appartenance à
l’histoire de l’Europe, comme le dit le jury de sélection
de Vilnius 2009.
L’ année
2007 marque donc, avec le jumelage Luxembourg - Sibiu, le
seuil d’une expérience cruciale où les principales
difficultés antérieures ne devraient pas se perpétuer.
Jusqu’à
présent, les partages de titre ont été surtout artificiels
et sources de compétitions. Mais Sibiu est là cette fois sur
proposition de Luxembourg, en raison de réalisations communes
récentes et d’ancrages de Luxembourgeois en Transylvanie au
XIIe siècle. D’où une forte volonté de coopération, mixée
à l’expérience de Luxembourg, première CEC à revenir sur
scène après s’être voulue Ville
des cultures européennes en 1995.
Volonté
de collaborer aussi entre Stavanger
et Liverpool 2008,
et entre Linz et Vilnius 2009. Souhaitons que ces intentions se traduisent concrètement
et perdurent dans les futurs tandems.
S’amorce
également une forme de dynamique
culturelle par une multiplication des candidatures au
titre de CEC - 8 villes en Hongrie, 10 en Allemagne pour 2010
-, car même les perdantes
disent y trouver un souffle nouveau. Dynamique encore par
l’implication, déjà lancée, de réseaux élargis bien
au-delà d’une seule ville, comme avec les projets
saisonniers de Vilnius sillonnant les 4 capitales historiques
de la Lituanie, ou avec des mouvements en amont ou postérieurs
à l’année CEC: Lille
2004 a engendré Lille
3000, Liverpool 2008
s’annonce dès 2006 avec L’année
de la mer, et en 2007 avec le 800e anniversaire de la
naissance de la ville.
Fortes
des expériences passées, avec une phase préparatoire allongée
et une amorce de soutien plus pertinent, les nouvelles
candidates ont de meilleures cartes pour développer cette
conscience culturelle de soi-même fondement d’un échange
fructueux avec l’autre.
Ainsi
Rovaniemi - non retenue pour 2011-, s’est interrogée très
tôt avec sa population sur la façon de changer par la
culture la province de Laponie, et sur ce qu’est l’identité
européenne de cette partie de la Finlande, entre ses 8000 ans
d’histoire, sa situation stratégique proche de la Norvège,
de la Suède et de la Russie, sa minorité et son espace
naturel et urbain dominé par la glace. De même Essen, qui,
en appui sur 150 “Jumelles 2010”, prévoit de régénérer
l’identité de la zone noire
post-industrielle de la Ruhr sur les thèmes urbanisme-identité-intégration,
et souligne que de nombreuses questions fondamentales pour
cette région née du charbon et de l’acier sont de celles
posées à l’ensemble de l’Europe aujourd’hui.
Il
y ainsi émulation, évolution. Pour un parcours encore très
exigeant.
Quel devenir pour les CEC
?
L’optimisation
du rôle des CEC ne se réduit bien sûr pas à une mise en
oeuvre efficace de procédures
ni ne passe par un attentisme en matière de soutiens
financiers, mais implique entre autres:
- la définition de
lignes conductrices fortes liées à une politique culturelle
de long terme, à une concertation avec l’environnement et
avec d’autres villes d’Europe, ainsi qu’à un recentrage
drastique des événements ;
- la
responsabilisation conjointe des intervenants locaux,
nationaux, des jurys et de la Commission pour enrichir la réponse
aux objectifs et les retombées du programme ;
- une campagne de
communication intense car cette action reste significativement
méconnue.
Cohésion, continuité,
visibilité, impact : dans ce but, pourquoi ne pas créer -
comme le conseille Robert Palmer à la fin de son rapport sur
la période 1995-2004 -, une petite structure ad hoc, “indépendante,
experte, soutenue par les instances européennes et centrée
sur les questions d’intégration européenne, de diversité
et de coopération culturelle, de transmission des expériences
et de conseil”. Dans la lignée des récentes décisions
sur les CEC, cet organisme pourrait, en complétant
l’engagement nouveau de la Commission, et entre autres les
informations sur internet et l’action des jurys de suivi et
de conseil, contribuer à promouvoir les CEC en tant qu’événement
culturel majeur et éminemment signifiant au niveau européen.
Pour
cependant trouver toute leur valorisation comme processus d’intégration, les CEC devront être incluses dans un
projet européen où la culture, moteur crucial d’identité,
de création de liens, et d’ouvertures, ne serait plus
marginale.
Un projet flexible,
permettant de se réinventer soi-même, de se réinventer
ensemble, - et un creuset aussi, nourri de visions et de
concepts comme d’expériences concrètes, qui puiserait dans
le savoir d’individus, de réseaux et d’organismes divers,
et dans des actions existantes ou à venir, pour une
projection loin devant soi.
C’est de cette
dialectique que pourraient participer les Capitales
européennes de la culture, telles des laboratoires,
avec ce qui devrait devenir leurs pleines aptitudes à parler
de cette Europe plurielle et à lancer des ponts, en termes de
rencontre d’autrui, d’intégration et de participation des
communautés, de mixage du culturel, du politique, de l’économique
et du social, et de prospectives en Europe et au-delà.
Les CEC
trouveront-elles enfin leur entière reconnaissance en 2008,
année du Dialogue interculturel?
Le
Conseil des Ministres de l’Union a récemment désigné les
Capitales 2010 qui, du Bosphore à la Ruhr, en passant par le
bord des Balkans en Hongrie, nous mèneront à Istanbul,
Essen, et Pécs.
En d’autres
contextes, afin de commencer à « démarginaliser »
la culture dans le processus de rapprochement de leurs états,
35 pays d’Amérique ont intégré le concept européen de Capitale
culturelle. C’est Merida au Mexique qui le 1er janvier
2000, a inauguré le titre de Capitale américaine de la
culture.
Dans
le prochain numéro, un article se centrera sur les modes de
collaboration entre Luxembourg et Sibiu.
|
Budgets et modes de financement
- sur la période 1995-2004, pour 21 capitales, selon R.Palmer*
Les
budgets marquent des différences très
significatives selon les villes :
- 8 millions d’euros à Reykjavik et
74 millions à Lille pour l’événementiel,
- 8 millions d’euros à Bologne et
230 millions à Thessalonique pour la
revitalisation urbaine, la rénovation
ou la création d’infrastructures.
Si
on prend l’intégralité des frais
en compte, c’est-à-dire avec des
frais non directement attribués à la
manifestation par les municipalités,
régions et divers organismes, le
montant total de dépenses imputable
aux Capitales serait de 3 à 3,75
milliards d’euros.
La
participation de la Commission par
capitale est généralement de 500.000
euros, chiffre éventuellement augmenté
d’autres fonds de l’UE au travers
de projets ou d’infrastructures, -
ce qui, sur le revenu total, met la
part de celle-ci à environ 1,5%.
Selon
les nouvelles dispositions, la
dotation communautaire par programme
pourrait être augmentée. Elle
s’assortira d’un prix si
la ville satisfait pleinement aux critères
fixés. Le tout versé désormais avant
l’événement, - et non plus après
-, afin de faciliter la conception des
projets et d’alléger les finances
des collectivités territoriales.
Au
total donc, un investissement considérable,
supporté surtout par le secteur
public. Ce qui soulève, au minimum,
la question du rapport coût/efficacité+qualité+durabilité.
Quant
au secteur privé, il s’est beaucoup
ouvert au culturel avec les CEC, et le
développement de son parrainage
s’est la plupart du temps montré
essentiel. Il y a encore là un grand
potentiel d’évolution, mais avec en
préalable l’amélioration des compétences
mises en oeuvre, la création d’une
image claire et de programmes de haute
qualité inscrits dans le long terme.
Le
financement de la Commission a pu être
qualifié d’anecdotique,
mais sur le fond, l’amélioration
des programmes des CEC ne passe pas,
en tout cas le plus souvent pas
essentiellement, par un accroissement
des ressources financières, mais bien
plus par une volonté concertée de
donner ses vraies priorités à ce
programme. |
|
Évolution des processus de désignation
Une
évolution liée à une volonté de
transparence, de codification et de
plus grande implication de l’Union
européenne.
De 1985 à 2004, le programme
est à base intergouvernementale,
avec désignation par le Conseil des
Ministres de l’Union Européenne,
selon des règles souples, peu
lisibles pour la Commission, -
laquelle intervient pour la
subvention.
Une
décision de 1999 couvrant les années
2005-2019 déclare communautaire l’action Capitales
européennes de la culture (et non
plus Villes)
et l’inscrit dans le programme Culture
2000. Les nominations sont faites
par le Conseil, sur recommandation de
la Commission, après avis d’un jury
d’experts européens.
De
nouvelles dispositions applicables à
partir de janvier 2007 ont remplacé
celles de 1999, pour la période 2013-2019
(avec phase transitoire 2011-2012).
Objectifs: renforcer la transparence de la procédure de sélection,
la définition de la
valeur ajoutée européenne,
l’implication des citoyens et la pérennité
de l’impact obtenu par la
manifestation.
Principales
mesures:
-
incitation à la compétition entre
villes au niveau des États membres
pour éviter les « monocandidatures »,
- jury de sélection mixte –
national (7 experts) et européen (6
experts)
- allongement de la phase-clé de la
planification à
6 ans, soit 2 ans pour l’élaboration
des candidatures, et 4 ans avec suivi et conseils par un jury d’experts européens
entre la nomination et l’événement,
- actions favorisant la lisibilité
des critères et le transfert d’expériences:
site internet, guide des candidats,
forum de discussion,
- augmentation du soutien financier
(voir Budgets)
Accueil
de la manifestation
Une
liste instaurant un tandem entre
anciens et nouveaux membres fixe
l’ordre de rotation des états de
2009 à 2019. La ville roumaine de Sibiu
est jumelée à Luxembourg en 2007, et
la Bulgarie à l’Italie en 2019.
Il
n’y aura donc pas plus de 2 CEC par
an, et une initiative du type mois
culturel comme celle menée de
1992 à 2003 pour permettre la
participation des pays tiers pourrait
être envisagée.
Sibiu,
comme Istanbul, (l’une des CEC 2010)
ont été nommées sur la base de la décision
de 1999 à ce jour abrogée. |
Sites
internet
Commission européenne avec liste des capitales,
rapports des jurys, dispositions applicables au 01/01/07…:
www.europa.eu.int/comm/culture/eac/other_actions/cap_europ/cap_eu_fr.html
Rapport Palmer Rae
Associates
sur les CEC de 1995 à 2004:
www.palmer-rae.com/culturalcapitalsfr.htm
Luxembourg
2007: www.luxembourg2007.org/
Sibiu
2007: www.sibiu2007.ro/
Les Rencontres- Association des villes et régions de la grande europe
pour la culture (cf Avignon 11/07/05): www.lesrencontres.org/fr/index.php?param=c-r&num=1
The
Network of European Cultural Capitals and Months: http://www.eccm-cultural-capitals.org/
Capitales américaines de la culture: www.cac-acc.org